Maximilien LUCE (1858-1941) « Le jury après l'exposition » Paris Pissarro Signac France
Maximilien LUCE (1858-1941)
« Le jury après l'exposition »
Huile sur carton (ancien tableau guide),
Non signée,
Provenance :
- Atelier de l'artiste Maximilien Luce,
- Collection de Frédéric Luce,
- Collection particulière,
- Vente du 4/06/2007 Artcurial à Paris,
- Collection privée,
Bibliographie : Denise Bazetoux, "Maximilien Luce, catalogue raisonné de l'œuvre peint", Tome III, Avril Graphiques Editions, Paris, 2005, n° 461 reproduit à la page 130.
Belle et rare œuvre du peintre français Maximilien Luce qui plonge le spectateur dans l'intimité et l'effervescence du monde de l'art du début du XXe siècle. Cette composition met en scène un groupe d'experts, d'artistes et de critiques réunis dans une atmosphère feutrée, capturés en pleine délibération. Le peintre n'a t-il pas représenté dans sa composition ses compagnons de lutte néo-impressionnistes tels que Camille Pissarro, Paul Signac et Henri Edmond Cross.
Fidèle à sa sensibilité post-impressionniste, Luce utilise une touche vibrante et une palette riche pour sculpter les contrastes de lumière, conférant à cette scène d'intérieur une intensité dramatique et humaine remarquable. Ce tableau témoigne d'un moment charnière de la vie artistique parisienne, documenté avec la justesse sociologique qui caractérise le regard de l'artiste.
En effet, Maximilien Luce était un ardent militant anarchiste et un membre pilier de la Société des Artistes Indépendants. Le principe fondamental de leur Salon, créé en 1884, était « sans jury ni récompense ». Ce tableau est avant tout une satire ou un regard distancié et ironique sur les jurys des Salons officiels de l'époque, dont les impressionnistes et les pointillistes rejettent l'académisme.
Entre 1905 et 1910, l'artiste consacre une série de trois œuvres répertoriées dans le catalogue raisonné à ce thème particulier du jury d'exposition.
Maximilien Luce (1858-1941) s'impose comme l’une des trajectoires les plus singulières et intègres de l'art moderne français. Issu du Paris populaire, il aborde la peinture par le prisme exigeant de la gravure, avant de s'associer à la révolution chromatique menée par Seurat et Signac, devenant un pilier incontournable du néo-impressionnisme. Mais là où ses pairs se concentrent parfois sur de pures spéculations optiques, Luce insuffle à sa toile une puissante charge humaine et sociale. Homme de combats, profondément lié aux cercles anarchistes de l'époque - ce qui lui vaudra un séjour en cellule lors de la répression politique de 1894 -, il fait du peuple et du labeur ses sujets de prédilection. Sa brosse, d'abord disciplinée par la rigueur du pointillisme, s'affranchit au fil des ans pour adopter une touche plus large, lyrique et passionnée. Des lueurs crépusculaires des fonderies belges aux chantiers de transformation de la capitale, Luce magnifie la rudesse du quotidien ouvrier par une maîtrise éblouissante de la lumière et du contraste. Fidèle à ses idéaux de liberté jusqu'au crépuscule de sa vie, il quitte la présidence de la Société des Artistes Indépendants au début de l'Occupation par refus des discriminations, laissant derrière lui l'œuvre d'un coloriste virtuose doublé d'un humaniste absolu.
Nb : Une ancienne restauration, sans incidence, est à signaler dans le coin en haut à gauche.
Dimensions : 37 x 42 cm sans cadre et 53 x 58 cm avec son cadre moderne en bois doré.
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Epoque : 20ème siècle
Style : Art moderne
Etat : Bon état
Matière : Huile sur carton
Référence (ID) : 1837117
Disponibilité : En stock

































