cheminée lyonnaise en noyer sculpté à riche décor rocaille – époque Louis XV, vers 1740-1760.
Importante cheminée en noyer mouluré et richement sculpté, de travail lyonnais, d'époque Louis XV, vers 1740-1760.
Cette cheminée présente une façade mouvementée, caractéristique du goût rocaille du milieu du XVIIIe siècle, dont l'ornementation se distingue par la vigueur de la sculpture, la profondeur des reliefs et la richesse des compositions asymétriques.
La traverse supérieure, largement chantournée, est ornée en son centre d'une imposante agrafe rocaille sculptée en fort relief, formée d'une succession de coquilles brisées et asymétriques, de volutes entrelacées et de rinceaux feuillagés. Les différents éléments s'enroulent et se superposent dans une composition particulièrement mouvementée, où les nervures profondément creusées, les feuillages découpés et les retournements des coquilles créent d'importants jeux d'ombre et de lumière.
De part et d'autre de cette composition centrale se développent deux réserves moulurées aux contours sinueux, soulignées dans leur partie inférieure par des moulurations sculptées et ponctuées de motifs rocaille. Les fonds entourant l'agrafe présentent un décor de stries croisées formant un quadrillage oblique, dont le traitement contraste avec les surfaces lisses et met en valeur les reliefs de la sculpture.
Les jambages droits, aux angles arrondis, présentent chacun un panneau vertical mouluré et sculpté. Leur partie supérieure est ornée d'une importante composition rocaille associant feuilles d'acanthe, volutes et chutes végétales, prolongée par de petites fleurs et des feuillages. Dans leur partie inférieure, une seconde composition sculptée, formée d'enroulements feuillagés, vient compléter le décor.
L'ensemble témoigne d'un travail de sculpture particulièrement expressif, associant la souplesse des lignes, la profondeur des creusements et la précision des détails.
Le travail lyonnais au XVIIIe siècle
Cette cheminée s'inscrit dans la tradition de la menuiserie lyonnaise du XVIIIe siècle, dont les productions se caractérisent notamment par l'emploi du noyer, la vigueur des sculptures et le développement d'une ornementation rocaille généreuse.
Le noyer, essence largement employée dans la région, permettait aux menuisiers et sculpteurs de travailler des reliefs profonds tout en conservant une grande précision dans les détails.
Les études consacrées au mobilier lyonnais, notamment celles de Bernard Deloche, mettent en évidence l'importance des coquilles asymétriques, des rinceaux feuillagés et des compositions mouvementées dans les productions du milieu du XVIIIe siècle.
Le traitement de la grande agrafe centrale de cette cheminée, avec ses coquilles superposées, ses volutes profondément creusées et ses fonds quadrillés, présente des rapprochements stylistiques avec l'ornementation du mobilier lyonnais d'époque Louis XV, notamment celle des commodes et des buffets de chasse.
Ce vocabulaire décoratif se retrouve également dans la menuiserie architecturale lyonnaise, comme en témoignent les ensembles de boiseries réalisés au milieu du XVIIIe siècle pour les établissements hospitaliers de la ville, notamment ceux de l'ancien hôpital de la Charité.
Le plateau
La cheminée est coiffée d'un plateau en bois mouluré, aux extrémités arrondies et présentant une avancée centrale qui accompagne le mouvement de la grande agrafe sculptée.
Ce plateau a reçu, lors de sa restauration récente, une peinture décorative à l'imitation d'une pierre marbrière noire coquillière, évoquant notamment les pierres de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, traditionnellement employées dans le mobilier lyonnais du XVIIIe siècle.
Cette finition, réalisée dans l'esprit des productions régionales, crée un contraste avec les nuances chaleureuses du noyer et souligne les lignes de la cheminée.
Provenance et transformations anciennes
Cette cheminée provient d'un château situé en Ardèche.
Selon une tradition orale accompagnant son histoire, elle proviendrait initialement de l'Hôtel-Dieu de Lyon. Cette provenance ancienne, qui demeure à documenter, constitue une piste intéressante au regard de l'importance des travaux de menuiserie et de décoration réalisés dans les établissements hospitaliers lyonnais au XVIIIe siècle.
L'examen de la cheminée lors de sa restauration a permis de mettre en évidence une modification ancienne de ses proportions.
Originellement plus large, son manteau a été raccourci de part et d'autre, tout en conservant dans l'axe la grande composition rocaille sculptée au centre de la traverse.
Cette transformation, dont la date demeure inconnue, a vraisemblablement permis d'adapter la cheminée à un nouvel emplacement. Sa hauteur semble, en revanche, avoir conservé ses dimensions d'origine.
Malgré cette réduction ancienne, la composition conserve de belles proportions et l'essentiel de son décor sculpté.
Restauration et état de conservation
Lors de son acquisition, la cheminée était entièrement recouverte d'une polychromie ancienne, mais postérieure à sa fabrication, à dominante ocre clair et vert amande.
Cette peinture masquait le noyer et atténuait la lecture des différents reliefs sculptés.
Une restauration a été entreprise afin de retirer cette polychromie postérieure et de retrouver le bois apparent. Le décapage a permis de redécouvrir la qualité du noyer ainsi que l'ensemble des détails de la sculpture, notamment la profondeur des coquilles, les nervures des feuillages et les fonds striés.
Le bois a ensuite été nourri et protégé par une finition cirée, mettant en valeur son veinage et ses nuances naturelles.
Le plateau a fait l'objet d'une nouvelle peinture décorative à l'imitation d'une pierre noire coquillière, dans l'esprit des pierres traditionnellement employées dans la région lyonnaise.
Cette intervention a permis de restituer toute la lisibilité de l'ornementation sculptée et de remettre en valeur les qualités décoratives de cette cheminée du XVIIIe siècle, tout en conservant les traces de ses transformations anciennes.
Dimensions
Hauteur au plateau : 115,5 cm
Largeur au plateau : 164 cm
Profondeur du plateau : 21,5 cm
Largeur intérieure du foyer, entre les jambages : 119,5 cm
Épaisseur des jambages : 11,5 cm
Cette cheminée présente une façade mouvementée, caractéristique du goût rocaille du milieu du XVIIIe siècle, dont l'ornementation se distingue par la vigueur de la sculpture, la profondeur des reliefs et la richesse des compositions asymétriques.
La traverse supérieure, largement chantournée, est ornée en son centre d'une imposante agrafe rocaille sculptée en fort relief, formée d'une succession de coquilles brisées et asymétriques, de volutes entrelacées et de rinceaux feuillagés. Les différents éléments s'enroulent et se superposent dans une composition particulièrement mouvementée, où les nervures profondément creusées, les feuillages découpés et les retournements des coquilles créent d'importants jeux d'ombre et de lumière.
De part et d'autre de cette composition centrale se développent deux réserves moulurées aux contours sinueux, soulignées dans leur partie inférieure par des moulurations sculptées et ponctuées de motifs rocaille. Les fonds entourant l'agrafe présentent un décor de stries croisées formant un quadrillage oblique, dont le traitement contraste avec les surfaces lisses et met en valeur les reliefs de la sculpture.
Les jambages droits, aux angles arrondis, présentent chacun un panneau vertical mouluré et sculpté. Leur partie supérieure est ornée d'une importante composition rocaille associant feuilles d'acanthe, volutes et chutes végétales, prolongée par de petites fleurs et des feuillages. Dans leur partie inférieure, une seconde composition sculptée, formée d'enroulements feuillagés, vient compléter le décor.
L'ensemble témoigne d'un travail de sculpture particulièrement expressif, associant la souplesse des lignes, la profondeur des creusements et la précision des détails.
Le travail lyonnais au XVIIIe siècle
Cette cheminée s'inscrit dans la tradition de la menuiserie lyonnaise du XVIIIe siècle, dont les productions se caractérisent notamment par l'emploi du noyer, la vigueur des sculptures et le développement d'une ornementation rocaille généreuse.
Le noyer, essence largement employée dans la région, permettait aux menuisiers et sculpteurs de travailler des reliefs profonds tout en conservant une grande précision dans les détails.
Les études consacrées au mobilier lyonnais, notamment celles de Bernard Deloche, mettent en évidence l'importance des coquilles asymétriques, des rinceaux feuillagés et des compositions mouvementées dans les productions du milieu du XVIIIe siècle.
Le traitement de la grande agrafe centrale de cette cheminée, avec ses coquilles superposées, ses volutes profondément creusées et ses fonds quadrillés, présente des rapprochements stylistiques avec l'ornementation du mobilier lyonnais d'époque Louis XV, notamment celle des commodes et des buffets de chasse.
Ce vocabulaire décoratif se retrouve également dans la menuiserie architecturale lyonnaise, comme en témoignent les ensembles de boiseries réalisés au milieu du XVIIIe siècle pour les établissements hospitaliers de la ville, notamment ceux de l'ancien hôpital de la Charité.
Le plateau
La cheminée est coiffée d'un plateau en bois mouluré, aux extrémités arrondies et présentant une avancée centrale qui accompagne le mouvement de la grande agrafe sculptée.
Ce plateau a reçu, lors de sa restauration récente, une peinture décorative à l'imitation d'une pierre marbrière noire coquillière, évoquant notamment les pierres de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, traditionnellement employées dans le mobilier lyonnais du XVIIIe siècle.
Cette finition, réalisée dans l'esprit des productions régionales, crée un contraste avec les nuances chaleureuses du noyer et souligne les lignes de la cheminée.
Provenance et transformations anciennes
Cette cheminée provient d'un château situé en Ardèche.
Selon une tradition orale accompagnant son histoire, elle proviendrait initialement de l'Hôtel-Dieu de Lyon. Cette provenance ancienne, qui demeure à documenter, constitue une piste intéressante au regard de l'importance des travaux de menuiserie et de décoration réalisés dans les établissements hospitaliers lyonnais au XVIIIe siècle.
L'examen de la cheminée lors de sa restauration a permis de mettre en évidence une modification ancienne de ses proportions.
Originellement plus large, son manteau a été raccourci de part et d'autre, tout en conservant dans l'axe la grande composition rocaille sculptée au centre de la traverse.
Cette transformation, dont la date demeure inconnue, a vraisemblablement permis d'adapter la cheminée à un nouvel emplacement. Sa hauteur semble, en revanche, avoir conservé ses dimensions d'origine.
Malgré cette réduction ancienne, la composition conserve de belles proportions et l'essentiel de son décor sculpté.
Restauration et état de conservation
Lors de son acquisition, la cheminée était entièrement recouverte d'une polychromie ancienne, mais postérieure à sa fabrication, à dominante ocre clair et vert amande.
Cette peinture masquait le noyer et atténuait la lecture des différents reliefs sculptés.
Une restauration a été entreprise afin de retirer cette polychromie postérieure et de retrouver le bois apparent. Le décapage a permis de redécouvrir la qualité du noyer ainsi que l'ensemble des détails de la sculpture, notamment la profondeur des coquilles, les nervures des feuillages et les fonds striés.
Le bois a ensuite été nourri et protégé par une finition cirée, mettant en valeur son veinage et ses nuances naturelles.
Le plateau a fait l'objet d'une nouvelle peinture décorative à l'imitation d'une pierre noire coquillière, dans l'esprit des pierres traditionnellement employées dans la région lyonnaise.
Cette intervention a permis de restituer toute la lisibilité de l'ornementation sculptée et de remettre en valeur les qualités décoratives de cette cheminée du XVIIIe siècle, tout en conservant les traces de ses transformations anciennes.
Dimensions
Hauteur au plateau : 115,5 cm
Largeur au plateau : 164 cm
Profondeur du plateau : 21,5 cm
Largeur intérieure du foyer, entre les jambages : 119,5 cm
Épaisseur des jambages : 11,5 cm
2 800 €
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XV - Transition
Etat : Bon état
Matière : Noyer
Référence (ID) : 1836492
Disponibilité : En stock
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