Jules CHEVRIER – Portrait d’une Bressane – Huile sur panneau – Signé
« Portrait d'une Bressane »
Huile sur panneau
Signature en bas à droite, très peu lisible et en partie masquée par le cadre
23 x 17 cm — 30 x 23 cm avec le cadre
Bon état ; panneau anciennement recoupé (voir État)
Cadre en bois et stuc doré, début du XXe siècle
Elle est debout près d'une table, dans une pièce dont on ne voit presque rien : un mur clair, une corniche à denticules tout en haut, l'ombre d'un montant de porte à droite. Et surtout, coiffant sa tête, la haute coiffe noire des femmes de Bresse, terminée par une aigrette de plumes qui monte franchement vers le bord supérieur du panneau. C'est elle qui commande toute la composition.
Le costume est traité avec un plaisir évident : manche bouffante d'un rouge vif, col de dentelle blanche, manchettes à volants, et sur le bras une broderie de petites fleurs jaunes et orangées posées en quelques coups de pinceau. La jupe descend en larges plis pourpres et grenat. La main gauche repose sur la table, la droite tient un petit livre à tranche dorée, serré contre la jupe.
Le fond, lui, reste à l'état d'ébauche. Le mur est brossé à touches verticales appuyées, la matière est visible partout, et la grande forme sombre derrière la jeune femme n'est pas vraiment définie. Ce contraste entre un costume détaillé et un décor à peine posé est ce qui fait tout le charme du panneau : on y voit la main du peintre au travail, et Chevrier, élève de Thomas Couture, avait exactement cette manière libre et rapide.
Les femmes de la Bresse portaient des coiffes tout à fait caractéristiques, que Chevrier a représentées à plusieurs reprises, en peinture comme à l'eau-forte — son Marché de volailles (en Bresse), gravé en 1868, est aujourd'hui conservé au British Museum.
État et présentation
Le panneau est en bon état, avec un réseau de craquelures fines bien visible dans la partie claire du mur. La signature, en bas à droite, est aujourd'hui très effacée et partiellement recouverte par la feuillure du cadre ; nous joignons une photographie prise hors cadre, qui en montre ce qui subsiste.
Le panneau a selon toute vraisemblance été recoupé à une date ancienne pour entrer dans un cadre plus petit que celui d'origine. Nous l'avons reçu dans cet état et l'avons conservé tel quel.
Le cadre, en bois et stuc doré du début du XXe siècle, associe une frise de losanges entrelacés sur le plat et une rangée de godrons le long de la vue. Il est en bon état, avec de petits manques aux angles.
L’artiste
Jules Jean Chevrier naît à Chalon-sur-Saône le 4 février 1816, fils d'un négociant en tissus. Il travaille d'abord dans l'affaire familiale, mais l'art et l'archéologie l'occupent déjà : en 1844, il fonde avec Léopold Niepce la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône. À la mort de son père en 1849, il monte à Paris et entre dans l'atelier de Thomas Couture. Ses camarades le surnomment « le peintre des rats », tant il glisse de ces petits animaux dans ses tableaux.
De retour à Chalon, il est élu conseiller municipal en 1852, puis deuxième adjoint, et fonde la Société des amis des arts. En 1866, il obtient de la ville la création d'un musée consacré au patrimoine local et en devient le premier conservateur ; l'établissement prendra en 1895 le nom de musée Vivant Denon.
Son rôle dans l'histoire de la photographie reste mal connu. Ami proche d'Isidore Niépce, le fils de Nicéphore, il pratique lui-même le daguerréotype dès le début des années 1840, et c'est lui qui sauve et rassemble les instruments et les premières épreuves de Nicéphore — le fonds à l'origine de l'actuel musée Nicéphore Niépce.
Graveur reconnu, il participe dans les années 1860 à la Société des Aquafortistes créée par l'éditeur Alfred Cadart, aux côtés des meilleurs noms de l'estampe originale. Il publie l'année de sa mort Chalon-sur-Saône pittoresque et démoli, préfacé par Léopold Niepce et illustré de ses propres eaux-fortes — un livre de sauvetage, écrit contre les percements qui défiguraient alors sa ville. Il meurt à Farges-lès-Chalon le 15 octobre 1883.
Œuvre visible à la galerie (07240)
Expédition : nous consulter pour connaître les frais d’expédition en France et à l’étranger.
Epoque : 19ème siècle
Style : Louis Philippe-Restauration-Charles X
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur bois
Largeur : 17 cm / 23 cm encadré
Hauteur : 23 cm / 30 cm encadré
Référence (ID) : 1824138
Disponibilité : En stock





































