INTAILLE ROMAINE MAGIQUE SUR JASPE BRUN-VERT. PHÉNIX.
1.9 x 1.6 x 0.3 cm
Monture sur demande
Art romain, IIe-IIIe siècle
Provenance
Anciennement, collection privée J.A. Mariaud de Serre, Paris
Intaille ovale, face plane. Un oiseau se tient debout vers la droite sur une ligne de sol, la tête ceinte d’une couronne radiée, les rectrices déployées. Dans le champ, une étoile à huit rais et cinq lettres grecques en deux groupes de part et d’autre de l’oiseau : ΜΛ et ΓΗΟ.
La couronne radiée identifie un phénix solaire, héritier gréco-romain du Bennou égyptien d’Héliopolis, oiseau de la butte primordiale et du premier lever du soleil. Hérodote (II, 73), Pline (HN X, 2) et Tacite (Ann. VI, 28) transmettent la légende à Rome, où le phénix devient l’emblème impérial de l’Aeternitas.
Le jaspe vert est le matériau canoniquement associé aux amulettes solaires et régénératrices : il s’agit d’un talisman de renouvellement, non d’un motif décoratif.
L’intaille se distingue de la Phoenix class de Bonner — oiseau sur globe et colonne, entouré d’animaux solaires, sur hématite noire — par une composition plus simple, sur jaspe vert, et sensiblement plus rare. La légende bipartite suit un usage connu sur les gemmes de cette famille (cf. CBd-2, CBd-502, CBd-1046). La séquence ΜΛ ΓΗΟ n’est attestée dans aucun corpus publié ; elle est donnée telle que lue sur la pierre.
La postérité de l’image est exceptionnelle. L’apologétique chrétienne s’empare de l’oiseau comme preuve de la résurrection ; les alchimistes en font ensuite l’emblème du rubedo, l’œuvre au rouge, selon la logique que la matière doit être réduite en cendres avant de revivre — cineres nostri, nos cendres. Il traverse le corpus gravé des XVIe et XVIIe siècles, qu’il atteint par la lecture humaniste des gemmes antiques comme hiéroglyphes (Horapollon, imprimé en 1505 ; Valeriano, 1556). Les pierres de ce type sont à la source de cette filiation.
Littérature comparative
Á. M. Nagy, “Le phénix et l’oiseau-benu sur les gemmes magiques”, in Phénix : mythe(s) et signe(s), Bern, 2001, 57–84 — C. Bonner, Studies in Magical Amulets, Ann Arbor, 1950 — S. Michel, Die Magischen Gemmen, Berlin, 2004 — A. Mastrocinque, Sylloge Gemmarum Gnosticarum, Rome, 2003–2008, I, 72–73 ; Les intailles magiques… BnF, Paris, 2014 — R. van den Broek, The Myth of the Phoenix, Leiden, 1972.
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Art romain, IIe-IIIe siècle
Provenance
Anciennement, collection privée J.A. Mariaud de Serre, Paris
Intaille ovale, face plane. Un oiseau se tient debout vers la droite sur une ligne de sol, la tête ceinte d’une couronne radiée, les rectrices déployées. Dans le champ, une étoile à huit rais et cinq lettres grecques en deux groupes de part et d’autre de l’oiseau : ΜΛ et ΓΗΟ.
La couronne radiée identifie un phénix solaire, héritier gréco-romain du Bennou égyptien d’Héliopolis, oiseau de la butte primordiale et du premier lever du soleil. Hérodote (II, 73), Pline (HN X, 2) et Tacite (Ann. VI, 28) transmettent la légende à Rome, où le phénix devient l’emblème impérial de l’Aeternitas.
Le jaspe vert est le matériau canoniquement associé aux amulettes solaires et régénératrices : il s’agit d’un talisman de renouvellement, non d’un motif décoratif.
L’intaille se distingue de la Phoenix class de Bonner — oiseau sur globe et colonne, entouré d’animaux solaires, sur hématite noire — par une composition plus simple, sur jaspe vert, et sensiblement plus rare. La légende bipartite suit un usage connu sur les gemmes de cette famille (cf. CBd-2, CBd-502, CBd-1046). La séquence ΜΛ ΓΗΟ n’est attestée dans aucun corpus publié ; elle est donnée telle que lue sur la pierre.
La postérité de l’image est exceptionnelle. L’apologétique chrétienne s’empare de l’oiseau comme preuve de la résurrection ; les alchimistes en font ensuite l’emblème du rubedo, l’œuvre au rouge, selon la logique que la matière doit être réduite en cendres avant de revivre — cineres nostri, nos cendres. Il traverse le corpus gravé des XVIe et XVIIe siècles, qu’il atteint par la lecture humaniste des gemmes antiques comme hiéroglyphes (Horapollon, imprimé en 1505 ; Valeriano, 1556). Les pierres de ce type sont à la source de cette filiation.
Littérature comparative
Á. M. Nagy, “Le phénix et l’oiseau-benu sur les gemmes magiques”, in Phénix : mythe(s) et signe(s), Bern, 2001, 57–84 — C. Bonner, Studies in Magical Amulets, Ann Arbor, 1950 — S. Michel, Die Magischen Gemmen, Berlin, 2004 — A. Mastrocinque, Sylloge Gemmarum Gnosticarum, Rome, 2003–2008, I, 72–73 ; Les intailles magiques… BnF, Paris, 2014 — R. van den Broek, The Myth of the Phoenix, Leiden, 1972.
4 000 €
Epoque : Antérieure au 16ème siècle
Style : Rome et Grèce Antique
Etat : Très bon état
Référence (ID) : 1805180
Disponibilité : En stock
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