Console demi-lune d'époque Louis XVI en noyer sculpté et peint. Travail méridional, XVIIIe
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Console demi-lune d'époque Louis XVI en noyer sculpté et peint. Travail méridional, XVIIIe

Cette console demi-lune en noyer sculpté et peint s'inscrit dans la production méridionale de la fin du XVIIIᵉ siècle. Par la qualité de sa construction, la richesse de sa sculpture directement exécutée dans le bois et la conservation de son plateau peint d'origine, elle constitue un bel exemple de l'interprétation méridionale du style Louis XVI.

Elle repose sur deux pieds fuselés à cannelures. Celles-ci prennent naissance dans de longues feuilles d'eau sculptées et sont enrichies, dans leur partie inférieure, d'épis de blé venant se loger au fond des cannelures, motif caractéristique du vocabulaire décoratif Louis XVI. Les pieds reposent sur des dés de raccordement ornés de rosaces en applique et se terminent par de petits pieds tournés. Ils sont réunis par une élégante entretoise en hémicycle sculptée de canaux, dont la courbe accompagne celle de la façade.

Au centre de cette entretoise prend place un important vase à l'antique reposant sur un piédouche. Sa panse est ceinte d'une guirlande de fleurs sculptée en fort relief et encadrée de deux anses quadrangulaires d'inspiration antique. Il est couronné d'un bouquet composé de fleurs épanouies, de boutons et de feuillages, traité avec une sculpture profonde qui lui confère une présence toute particulière.

La ceinture est sculptée d'une frise continue d'entrelacs, dont chaque compartiment est centré d'une petite rosace florale. Sa partie inférieure est soulignée d'un rang de perles. En son centre, un large nœud de ruban vient s'appliquer sur cette frise et retient les guirlandes de fleurs qui se développent symétriquement de part et d'autre. Le sculpteur a traité ces guirlandes avec beaucoup de naturel. Elles semblent suspendues sous la ceinture par une succession de petits boutons sculptés évoquant les attaches destinées à maintenir des guirlandes végétales, avant de retomber en festons, d'habiller les montants antérieurs puis de se prolonger sous toute la longueur de la ceinture. Les dés de raccordement supérieurs sont ornés de larges rosaces rayonnantes qui participent à la continuité du décor.

L'ensemble de cette ornementation est directement sculpté dans le noyer massif, sans recours au stuc, à la composition ou à un décor rapporté. Guirlandes, rosaces, entrelacs, vase, bouquets et épis de blé sont taillés dans la masse avant d'être recouverts de leur polychromie ancienne, aujourd'hui patinée par le temps. Cette technique met pleinement en valeur la qualité de la sculpture et le savoir-faire de l'atelier qui l'a réalisée.

La console conserve son plateau en noyer d'origine. Amovible, il vient s'emboîter sur la traverse arrière au moyen de tenons, selon un principe de construction ancien. Son chant est mouluré d'un double congé et présente de légers ressauts à l'aplomb des montants antérieurs. Il est recouvert de sa peinture ancienne exécutée à l'imitation d'une pierre marbrière, dans une palette de tons ivoire, beige, ocre clair et brun nuancé. Les veinages et les marbrures sont volontairement traités avec douceur, offrant une évocation élégante des pierres décoratives employées dans les intérieurs de la fin du XVIIIᵉ siècle.

Contrairement à une idée largement répandue, les consoles du XVIIIᵉ siècle ne recevaient pas systématiquement un plateau de marbre. Certaines étaient conçues dès leur origine avec un plateau de bois peint en trompe-l'œil imitant la pierre ou le marbre. Cette pratique est aujourd'hui parfaitement documentée dans les collections publiques françaises, notamment par un plateau de console en bois peint conservé au musée du Louvre sous le numéro d'inventaire OA 5107 bis, provenant d'une console française du XVIIIᵉ siècle. Le plateau de notre console s'inscrit pleinement dans cette tradition décorative. Son ancien système de fixation, son profil mouluré, son ajustement parfait à la structure ainsi que la conception même du meuble démontrent qu'il a été réalisé dès l'origine pour recevoir ce plateau de bois peint et non une dalle de marbre.

L'observation de sa construction révèle également un procédé d'assemblage particulièrement intéressant. Les traverses de ceinture ne sont pas assemblées selon le système traditionnel des tenons et mortaises chevillés. Elles sont façonnées avec des queues d'aronde venant coulisser dans leurs contre-profils ménagés dans les montants antérieurs, assurant leur maintien sans recours à des chevilles traversantes. Ce procédé est attesté dans certains ateliers du Dauphiné au XVIIIᵉ siècle et constitue ici un indice supplémentaire venant conforter une attribution à une production méridionale. La réalisation entièrement en noyer, les sections généreuses de la structure, la richesse de la sculpture et cette technique d'assemblage convergent vers un travail exécuté entre la vallée du Rhône et le sud de la France à la fin du XVIIIᵉ siècle.

La console présente un bel état général de conservation. Sa structure est saine et stable. Le plateau est celui d'origine et conserve sa peinture ancienne. La polychromie, dans des tonalités gris bleuté très clair, présente les usures naturelles liées à son ancienneté et a développé une patine harmonieuse qui souligne les reliefs de la sculpture.

Dimensions:
Hauteur: 86 cmLargeur: 104,5 cmProfondeur : 52 cm

2 300 €

Epoque : 18ème siècle

Style : Louis XVI - Directoire

Etat : Bon état

Matière : Bois peint

Référence (ID) : 1803381

Disponibilité : En stock

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3 grande rue
La Chapelle-sur-Oreuse 89260, France

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