Igor Mitoraj (1944 - 2014), "Persée"
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Igor Mitoraj (1944 - 2014), "Persée"

Artiste : Mitoraj, Igor

Epreuve en bronze à patine vert antique nuancée, signée MITORAJ sur la hanche gauche,
numérotée au dos D206 / 1000 HC Haut : 38 cm.
Socle en travertin, haut : 10 cm.
Hauteur totale : 48 cm
(en très bel état d'origine)

(L'article qui suit est en partie inspiré du texte publié dans "Igor Mitoraj, sculpture", édit. ART-OBJET, Paris, 1988)

Igor Mitoraj vit "sous le choc des sensations…".
Il fait appel à notre mémoire, la grande mémoire de l'histoire de l'Occident, cette mémoire collective et omnidirectionnelle qui, au-delà des générations, des évènements… et des exhumations d'œuvres qui contribuent à la renforcer, fait notre histoire.
Amateur et médium de cette grande mémoire, l'artiste obéit à sa nostalgie.
Il s'en fait l'archéologue et le sourcier.
Dès le début, son travail est d'une grande maturité esthétique et de forme.
Il témoigne d'une mélancolie complexe des vestiges artistiques de l'Antiquité et du monde grec.
Il fait sienne l'invention d'un antique idéalisé, sans aucune intention d'imitation.
Le cœur apparait sur la poitrine de ses héros, visible dans de petites ouvertures carrées…
Il est le rappel de souvenirs, d'émotions et de sentiments, quelquefois lointains, mais tellement intenses et si présents en nous qu'il se fait chair de notre chair.
Dans le marbre ou dans le bronze, ce cœur bat. Il est bien vivant.
Il renferme ainsi nos rêves, le vécu de nos destins heureux ou contrariés, nos secrets non confessés.
Véritable mémoire, il influence la trajectoire de nos vies.
Il est l'âme de ces fragments de corps apparemment inertes.

(Ci-après, extraits de propos recueillis par Gilles Vincent-Heugas et publié dans "Igor Mitoraj, sculpture", p. 46, édit. ART-OBJET, Paris, 1988)


- "Pourquoi êtes-vous venu travailler à Paris et pourquoi y être resté ? 
- J'ai quitté la Pologne à cause de la censure, alors qu'à Paris c'est la liberté de créer. J'aime bien cette ville, les gens qui y habitent, malheureusement, à mon avis, ce feeling si particulier à Paris semble le quitter. C'est sans doute pourquoi je vis la moitié de l'année en Italie, en Toscane, précisément, à Pietrasanta, à cause du marbre de Carrare et des nombreuses fonderies qui s'y trouvent…

Vous sculptez, vous dessinez. Vous arrive-t-il aussi de peindre ? 
- J'ai reçu une formation de peintre, mais je n'ai pas touché un pinceau depuis huit ans environ.
Je suis en réalité un sculpteur spontané, qui a pu ainsi échapper à l'enseignement classique de la sculpture. A mon avis, quand on aime quelque chose, on arrive toujours à résoudre les problèmes techniques, et c'est probablement ce qu'il s'est passé pour moi. Et puis, la peinture me frustrait, je n'aimais pas ce côté mental, uniquement visuel qui manquait de présence physique, qu'on ne pouvait toucher…

Quels sont les thèmes que vous évoquez le plus souvent, et quelle est la signification de tous ces corps, de ces visages bandés, parfois brisés ? 
- Je peux certes deviner les envies de faire ces sculptures, sans savoir pourquoi exactement.
Dans la dimension tragique que l'on accorde généralement à mes sculptures, les gens ne savent pas eux-mêmes pourquoi ils sont attirés, sans doute à cause de l'effet miroir de la sculpture qui leur renvoie l'image d'eux-mêmes (sic). Pour leur côté "mythologique", d'accord, ce sont les gens vivants qui m'intéressent : la matière me permet de les fixer à jamais, de dialoguer avec le temps. Mon art, c'est évidemment l'expression artistique d'un certain malaise, d'une émotion, d'une protection, qui laisse la porte ouverte à l'imaginaire ; ce ne sont que des tremplins vers l'au-delà. L'architecture que j'évoque rappelle les bords de la Méditerranée, toutes les ruines millénaires qui se trouvent tout autour.
Dans ma perpétuelle recherche de l'homme, j'essaie moi-même de retrouver mes racines. J'ai aussi la nostalgie  de quelque chose de très beau, de très simple, une espèce de paradis perdu ; j'ai besoin d'une certaine beauté, cela me fait respirer.

-Quel intérêt représentent pour vous les multiples, et d'être ainsi édité à de très nombreux exemplaires ? 
- Au départ, je ne voulais pas faire de multiples, mais je dois reconnaitre que ces "multiples" aident à la démocratisation de l'art car ils sont vendus à un prix abordable. Ils permettent ainsi de briser le côté très exclusif du marché de l'art. Tous, d'ailleurs, sont fabriqués comme des pièces uniques…

Ma sculpture n'a rien à voir… avec la pseudo-mode "néoclassique", elle n'est à mes yeux que l'expression de ma seule et propre modernité."

4 800 €

Epoque : 20ème siècle

Style : Autre style

Etat : Très bon état

Matière : Bronze

Référence (ID) : 1795255

Disponibilité : En stock

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Cabinet de Sèvres & associé
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