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Cabinet en ébène et bois précieux à décor de baguettes guillochées, XVIIe siècle.

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Cabinet en ébène et bois précieux à décor de baguettes guillochées, XVIIe siècle.-photo-2
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Élégant cabinet en armoire plaqué d'ébène et de bois précieux, réalisé au cours du XVIIe siècle. Ce type de meuble figure parmi les créations les plus emblématiques du mobilier européen de la Renaissance tardive et du XVIIe siècle. Apparus au XVIe siècle en Italie, en Espagne, en Allemagne et dans les anciens Pays-Bas, les cabinets connaissent un important développement au XVIIe siècle. Destinés à conserver documents, bijoux, objets précieux ou curiosités, ils se distinguent par la richesse de leur aménagement intérieur, composé de tiroirs, de compartiments secrets et de théâtres. 

La façade est organisée selon une composition d'une grande rigueur, où de larges panneaux d'ébène soigneusement polis sont encadrés par un réseau de fines baguettes moulurées à décor guilloché. Les surfaces polies, dont les reflets évoquent ceux d'une glace, sont rythmées par ces baguettes qui découpent les panneaux à la manière de parcloses, créant un jeu subtil de lumière, de relief et de géométrie. Les losanges inscrits dans les panneaux rectangulaires renforcent cette architecture sobre, entièrement fondée sur la qualité des proportions, le contraste des matières et la précision des moulurations.

Les baguettes guillochées constituent l'un des éléments les plus caractéristiques de ce cabinet. Leur profil ondé, d'une remarquable régularité, était obtenu à l'époque grâce aux anciens « outils à ondes », dispositifs décrits dès le XVIIe siècle puis par André-Jacob Roubo dans *L'Art du Menuisier* au XVIIIe siècle. Ces moulures, particulièrement appréciées entre le XVIe et le XVIIe siècle, étaient ensuite rapportées sur les panneaux afin d'en structurer la composition et d'en souligner l'architecture. Leur réalisation exigeait une grande précision, tant dans l'exécution des profils que dans leur ajustage sur les placages d'ébène soigneusement polis. Sur cet exemplaire, elles participent pleinement à l'identité du décor et animent la façade par un subtil jeu d'ombres et de lumière.

Le cabinet ouvre par deux grands vantaux découvrant un aménagement intérieur particulièrement élaboré. À gauche prend place une colonne de cinq tiroirs, tandis qu'à droite une colonne de quatre tiroirs est complétée, dans la partie basse, par un grand tiroir dont la façade simule deux tiroirs indépendants. Au centre, un petit tiroir surmonte la porte du théâtre. Enfin, un large tiroir courant occupe toute la partie supérieure du meuble, au-dessus des vantaux.

Le théâtre central, fermant à clé, constitue le point d'orgue de cet aménagement. Il s'ouvre sur douze petits tiroirs disposés en quatre rangées de trois, ainsi qu'un grand tiroir inférieur dont la façade simule trois petits tiroirs. Cette succession d'ouvertures et de compartiments, caractéristique des cabinets de cette époque, répond autant à une recherche fonctionnelle qu'à un véritable souci de mise en scène.
La porte du théâtre ainsi que ses parois intérieures reçoivent une marqueterie géométrique composée de plusieurs essences précieuses, parmi lesquelles l'ébène, le bois de violette, le genévrier, le bagasse et le ferréol, associés à d'autres bois de placage. Le parement intérieur de la porte est centré d'un octogone renfermant une étoile rayonnante réalisée par l'assemblage de placages contrastés, tandis que les parois sont animées de compositions en pyramides aplaties ou pointes de diamant. Les façades des douze petits tiroirs sont plaquées de genévrier et conservent leurs petits boutons de tirage tournés en ivoire d'origine.

Le bâti est constitué de planches de résineux et de peuplier assemblées à queues d'aronde. Le dos est composé de planches de résineux clouées dans des feuillures. Les tiroirs d'origine, réalisés en résineux finement débité, sont assemblés à multiples queues d'aronde et reçoivent des fonds encastrés en feuillure sur leurs quatre côtés, disposition caractéristique d'une exécution particulièrement soignée. 

Les parements extérieurs, les façades des tiroirs ainsi que la porte du théâtre sont plaqués d'ébène. Les moulures guillochées soulignant les panneaux participent pleinement à l'identité du meuble et mettent en valeur la profondeur des surfaces polies.

Le cabinet conserve ses deux serrures d'origine, celle des vantaux ainsi que celle du théâtre, accompagnées de leurs entrées de serrure identiques en laiton découpé et gravé. Les deux serrures fonctionnent avec des clés anciennes, postérieures. Les charnières des vantaux ont été remplacées lors d'une restauration ancienne. Le grand tiroir supérieur est d'origine ; il possédait initialement une serrure, aujourd'hui supprimée, dont l'emplacement a été rebouché sur le parement intérieur. Les boutons de tirage extérieurs en bronze sont d'époque ; deux d'entre eux ont fait l'objet d'une reprise ancienne de leur filetage.

Le cabinet repose sur un piétement en poirier noirci réalisé à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle. Bien que postérieur au meuble, il reprend avec justesse son vocabulaire décoratif grâce à ses colonnes tournées, ses moulurations et ses baguettes guillochées. Ses proportions s'accordent harmonieusement avec celles du cabinet et témoignent d'une adaptation ancienne réalisée dans le respect de son architecture.

L'ensemble est présenté dans un bel état de conservation. Les restaurations anciennes, réalisées avec soin, s'intègrent harmonieusement à l'ensemble et n'altèrent ni la lecture du meuble ni la qualité de sa construction.

Dimensions :
Hauteur : 138,5 cm
Largeur : 95 cm
Profondeur : 40,5 cm

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