Philippe Wolfers , Bruxelles vers 1890-1900, argent massif , Art Nouveau
Chez Philippe Wolfers, l’Art nouveau évolue d’abord d’un naturalisme libre et asymétrique, inspiré directement des formes végétales et animales, vers un langage plus stylisé, symétrique et maîtrisé. À partir de la fin des années 1890, les motifs naturels ne sont plus seulement reproduits avec fidélité : ils sont organisés dans des compositions plus géométriques et décoratives. Cette évolution donne naissance à un Art nouveau plus accompli et sophistiqué, mais aussi plus artificiel, où la spontanéité de la nature cède progressivement la place au rythme, à l’équilibre et au jeu savant des lignes et des matériaux.
Notre vase est un exemple de ce premier style de Philippe Wolfers inspiré d'un naturalisme libre et d'une mode japonisante de l'époque.
Il pèse 200 grammes.
Pour ceux qui veulent en apprendre plus sur l'artiste , je vous ai écrit un petit texte biographique ci-dessous.
Philippe Wolfers est un orfèvre, joaillier, sculpteur, médailleur et créateur d’arts décoratifs belge, né à Bruxelles le 16 avril 1858 et mort dans cette même ville le 13 décembre 1929. Figure majeure de l’Art nouveau en Belgique, il est surtout célèbre pour ses bijoux inspirés de la nature, dans lesquels il associait métaux précieux, pierres fines, ivoire et émaux.
Issu d’une importante famille d’orfèvres bruxellois, Philippe Wolfers est le fils de Louis Wolfers, qui dirigeait la maison familiale Wolfers Frères. Il entre comme apprenti dans l’entreprise en 1875, tout en étudiant la sculpture à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles auprès du sculpteur Isidore De Rudder. Cette double formation, à la fois artistique et artisanale, explique la dimension sculpturale qui caractérisera plus tard ses bijoux et ses objets décoratifs.
Après la mort de son père en 1892, Philippe Wolfers reprend la direction artistique de la maison familiale avec ses frères Max et Robert. Durant les années 1890, son œuvre évolue sous l’influence du naturalisme, du symbolisme et de l’art japonais. Il puise ses motifs dans le monde végétal et animal : orchidées, glycines, cygnes, paons, libellules et créatures fantastiques se transforment sous ses mains en bijoux aux formes souples et mouvantes.
Entre la fin des années 1890 et 1907, Wolfers réalise une série exceptionnelle de bijoux portant la mention « Ex. unique », abréviation d’« exemplaire unique ». Ces œuvres n’étaient pas conçues comme de simples accessoires, mais comme de véritables sculptures miniatures destinées aux expositions et aux collectionneurs. Environ 130 pièces auraient été produites, mais beaucoup furent ensuite démontées afin d’en réutiliser les pierres et les métaux précieux, ce qui explique leur grande rareté actuelle.
Parmi ses créations les plus célèbres figure le pendentif Méduse, réalisé en 1898 en or, émail, ivoire, opale et diamants. Cette œuvre spectaculaire, à la fois précieuse et inquiétante, est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de la joaillerie symboliste et comme une icône de l’Art nouveau belge. Le pendentif Libellule, créé au début du XXᵉ siècle, est également devenu l’un des emblèmes de la maison Wolfers.
L’activité de Philippe Wolfers ne se limite cependant pas à la joaillerie. Il crée également des sculptures, des médailles, de l’argenterie, des vases, du mobilier, des objets en verre, en cristal, en céramique, en bronze ou en marbre. Cette diversité lui vaut parfois d’être surnommé le « René Lalique belge », même si son langage artistique possède une identité propre, étroitement liée au symbolisme et aux arts décoratifs bruxellois.
Le prestige de la maison Wolfers est aussi associé à l’architecte Victor Horta, qui conçoit son nouveau magasin de la rue d’Arenberg à Bruxelles. Inauguré en 1912, cet espace réunissait architecture, mobilier et présentation des objets dans un ensemble artistique cohérent. L’aménagement du magasin a depuis été reconstitué au Musée Art & Histoire de Bruxelles, où sont exposées de nombreuses créations de Philippe Wolfers et de la maison familiale.
À partir des années 1910, les créations de Wolfers adoptent progressivement des lignes plus géométriques et plus sobres, annonçant l’Art déco. Cette évolution atteint son aboutissement lors de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes organisée à Paris en 1925, pour laquelle il conçoit un ensemble décoratif complet.
Philippe Wolfers meurt en 1929, laissant une œuvre située au croisement de la sculpture, de la joaillerie et du design. Par sa maîtrise technique, son imagination symboliste et sa capacité à transformer les matériaux précieux en formes vivantes, il demeure l’un des plus grands représentants de l’Art nouveau belge. Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans plusieurs collections publiques et privées, notamment au Musée Art & Histoire de Bruxelles et au sein de la collection de la Fondation Roi Baudouin.
Epoque : 19ème siècle
Style : Art Nouveau
Etat : Très bon état
Matière : Argent massif
Diamètre : du fond 5 cm
Hauteur : 12,5 cm
Référence (ID) : 1786954
Disponibilité : En stock


































