PLAT D’OFFRANDE À SAINT GEORGES
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PLAT D’OFFRANDE À SAINT GEORGES


TERRASSANT LE DRAGON

Nuremberg (Allemagne)


Début du XVIᵉ siècle (vers 1500-1530)


Laiton repoussé, ciselé et gravé


Diamètre : 41,8 cm


Profondeur : 3 cm


Poids : 1 420 g



Important plat d’offrande en laiton repoussé, ciselé et gravé réalisé dans les ateliers de Nuremberg au début du XVIᵉ siècle.


Le médaillon central développe une représentation particulièrement complète de la légende de Saint Georges terrassant le dragon, l’un des récits les plus populaires de l’Europe médiévale.


Selon la tradition rapportée par La Légende dorée, un dragon semait la terreur aux abords d’une cité et exigeait périodiquement des victimes humaines. Lorsque le sort désigna la fille du roi, celle-ci fut conduite hors des murailles afin d’être livrée au monstre. C’est alors que Saint Georges, chevalier chrétien, intervint et triompha de la créature.


La composition réunit l’ensemble des protagonistes du récit. Saint Georges apparaît à cheval, abaissant sa longue lance contre le dragon. À gauche prennent place le roi et la reine observant la scène depuis une loggia. À droite se tient la princesse sauvée du sacrifice. À ses pieds figure un petit chien de cour, détail iconographique particulièrement remarquable. Symbole traditionnel de fidélité, il accompagne fréquemment les dames de haute naissance dans les manuscrits enluminés de la fin du Moyen Âge. Au-dessus du combat apparaît un ange céleste soulignant le caractère providentiel de la victoire.


Par la présence simultanée du roi, de la reine, de la princesse, du chien, de l’ange, du dragon et du saint chevalier, l’œuvre dépasse la simple représentation héroïque pour devenir une véritable narration visuelle condensant l’intégralité de la légende.


Le traitement des figures conserve un caractère profondément gothique. Les formes allongées, la stylisation des corps et la primauté du récit sur le réalisme évoquent directement les enluminures du XVe siècle. Le cheval de Saint Georges, schématique et expressif, appartient encore pleinement à l’univers visuel de la fin du Moyen Âge. Cette survivance du langage médiéval contraste avec l’élégance du décor périphérique, déjà influencé par les premiers développements de la Renaissance germanique.


Le décor du cheval et du dragon renforce cette impression d’ancienneté. L’œil du cheval est figuré par une pastille circulaire fortement marquée, tandis que sa crinière et la crête dorsale du dragon sont rythmées par une succession de petits reliefs sphériques. Ces éléments ne relèvent pas d’une recherche anatomique mais d’un langage décoratif hérité de la tradition gothique, où le rythme ornemental prime encore sur le réalisme.


Ces détails confèrent à l’œuvre un caractère archaïsant particulièrement séduisant et témoignent de la permanence des modèles iconographiques médiévaux dans les ateliers nurembergeois du début du XVIᵉ siècle. Alors que l’objet appartient déjà chronologiquement à la Renaissance, son imaginaire demeure profondément enraciné dans l’univers chevaleresque de la fin du Moyen Âge.


L’ensemble est entouré d’une inscription en caractères gothiques et d’une riche frise végétale composée de rinceaux, de rosaces et de fleurs stylisées. Cette ornementation raffinée illustre le remarquable savoir-faire des ateliers de Nuremberg, dont les productions furent diffusées dans toute l’Europe.


Cette représentation trouve un écho particulièrement saisissant dans les anciens Pays-Bas méridionaux et plus spécialement à Mons, où se perpétue encore aujourd’hui le célèbre Lumeçon.


Chaque année, sur la Grand-Place de Mons, Saint Georges apparaît à cheval et affronte publiquement le dragon sous le regard de milliers de spectateurs. Les autorités, personnalités et invités d’honneur prennent place dans la grande loggia médiévale reconstituée à la façade de l’Hôtel de Ville, rappelant de manière étonnante celle figurée sur le présent plat, où le roi et la reine assistent à la délivrance de la princesse.


Le rapprochement est d’autant plus frappant que le Lumeçon tire son nom du mouvement circulaire exécuté par les protagonistes du combat. Depuis des siècles, Saint Georges et le Dragon tournent en sens opposés au centre de la Grand-Place, dessinant une vaste figure symbolisant l’affrontement du Bien et du Mal.


Cette même logique structure le présent plat. Toute la composition s’organise autour d’un centre narratif unique – le combat entre Saint Georges et le Dragon – puis se déploie en cercles concentriques successifs : médaillon central, moulurations, frises ornementales, inscription gothique et marli périphérique. Comme les acteurs du Lumeçon gravitent autour de l’arène, le regard du spectateur est naturellement invité à parcourir l’ensemble de la scène.


Ainsi, plus de cinq siècles après sa réalisation, ce plat apparaît non seulement comme un remarquable témoignage de l’art germanique du début du XVIᵉ siècle, mais également comme le reflet d’un imaginaire médiéval toujours vivant. Le chevalier, la lance, le dragon, la princesse, le petit chien, la loggia et la foule rassemblée autour du combat trouvent encore aujourd’hui leur prolongement dans le Lumeçon de Mons, l’une des plus extraordinaires survivances des traditions médiévales européennes.


Œuvre emblématique de la période charnière entre Moyen Âge et Renaissance, ce plat constitue un témoignage exceptionnel de la permanence de la légende de Saint Georges à travers les siècles.


État : très bel état de conservation général. Présence de petits manques anciens au niveau des zones latérales de préhension, discrets et peu perceptibles une fois l’objet présenté. Ces altérations mineures sont cohérentes avec son ancienneté exceptionnelle de plus de cinq siècles ainsi qu’avec sa vocation utilitaire originelle.

3 200 €

Epoque : Antérieure au 16ème siècle

Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII

Etat : Bon état

Matière : Laiton

Diamètre : 41,8 cm

Référence (ID) : 1783372

Disponibilité : En stock

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Mons 7000, Belgique

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