Manufacture de Dresde, XIXe siècle, Couple de scènes domestiques avec miroir et baldaquin
Manufacture de Dresde, XIXe siècle
Couple de scènes domestiques avec miroir et baldaquin
(2) Porcelaine peinte et dorée, 33 x 23 cm
Cette paire de porcelaines représente l’un des témoignages les plus fascinants et techniquement ambitieux du haut artisanat européen de la seconde moitié du XIXe siècle. Bien que les pièces portent la marque de la double « L » croisée avec la lettre date « A » - un hommage cultivé à la manufacture royale de Sèvres de 1753 - leur véritable essence réside dans l’extraordinaire savoir-faire des ateliers saxons de la région de Dresde, spécialisée dans l’utilisation de la porcelaine dite « dure » (découverte en Saxe à Meissen), qui contrairement à celle « tendre », permettait de créer des détails nets et résistants comme, par exemple, les bordures des vêtements et des baldaquin. En cette époque de grand effervescence artistique, la porcelaine n’était plus seulement un support, mais un moyen pour célébrer la splendeur du goût rococo, le réinterprétant avec une précision matérielle et une vivacité chromatique que les techniques du siècle précédent n’auraient pas pu atteindre. La composition scénographique frappe immédiatement par son audace structurelle : les deux groupes, conçus pour être admirés en couple comme pendants, se développent autour d’imposantes baldaquin textiles. Les drapés des rideaux, réalisés avec un réalisme virtuose qui en simule le poids et la douceur, sont teintés d’un profond rouge crétois, une teinte saturée qui crée un contraste royal avec la pureté candide de la porcelaine dure. L’insertion des miroirs originaux au mercure, enchâssés dans le cœur des sculptures, n’est pas seulement un geste décoratif, mais une astuce théâtrale qui multiplie la profondeur de la scène, invitant l’observateur à participer à l’intimité des personnages représentés. Les scènes galantes immortalisées dans les deux groupes évoquent le monde de Watteau et de Fragonard, où le courtisement et le soin de la personne deviennent des formes d’art. D’un côté, nous assistons à une conversation courtoise entre un gentleman en robe de gala et une dame élégamment vêtue ; de l’autre, une scène plus privée dépeint une noble femme dans le miroir, prise dans la délicatesse de son négligé. La présence des petits chiens de compagnie, façonnés avec une vitalité naturelle qui semble presque animer la porcelaine, ajoute une note de grâce et de domesticité à la rigueur de la composition. La richesse de ce couple sculpteur réside en grande partie dans l’incroyable soin apporté au détail de la couture, qui transforme la porcelaine en un véritable échantillon de mode historique. La décoration des vêtements ne se limite pas à une application de couleur, mais cherche à reproduire la texture des tissus précieux à travers une peinture miniaturiste de très haut niveau. Sur les vêtements des protagonistes fleurissent des mailles de fleurs délicates, peintes avec une précision telle qu’elles rappellent les broderies en soie des manufactures lyonnaises, tandis que les rayures dorées et les motifs géométriques des calzones et des gilets rappellent la complexité des brocains du XVIIIe siècle. L’utilisation de l’or pur sur les bords des vestes et sur les poignets n’est pas seulement décorative, mais sert à simuler les lourds galons métalliques qui à l’époque définissaient le rang social de celui qui les portait. Chaque détail, depuis les doigts très fins des personnages jusqu’aux volants dorés des bases brunies à agata, témoigne d’une excellence exécutive qui élève ces pièces bien au-delà de la simple fonction d’ameublement, en les rendant de véritables réalisations du plastique céramique du XIXe siècle. L’œuvre reflète la tendance historiciste de la production céramique européenne de la seconde moitié du XIXe siècle, caractérisée par la reprise des styles formels de l’Ancien Régime. La valeur de l’ensemble est déterminée principalement par l’intégrité de la paire et la complexité structurelle des baldaquins avec miroirs encastrés. Ces éléments techniques et exécutifs distinguent ces exemplaires de la statuaire ordinaire de série, les classant comme des objets d’art décoratif de haut niveau manufacturier.
Couple de scènes domestiques avec miroir et baldaquin
(2) Porcelaine peinte et dorée, 33 x 23 cm
Cette paire de porcelaines représente l’un des témoignages les plus fascinants et techniquement ambitieux du haut artisanat européen de la seconde moitié du XIXe siècle. Bien que les pièces portent la marque de la double « L » croisée avec la lettre date « A » - un hommage cultivé à la manufacture royale de Sèvres de 1753 - leur véritable essence réside dans l’extraordinaire savoir-faire des ateliers saxons de la région de Dresde, spécialisée dans l’utilisation de la porcelaine dite « dure » (découverte en Saxe à Meissen), qui contrairement à celle « tendre », permettait de créer des détails nets et résistants comme, par exemple, les bordures des vêtements et des baldaquin. En cette époque de grand effervescence artistique, la porcelaine n’était plus seulement un support, mais un moyen pour célébrer la splendeur du goût rococo, le réinterprétant avec une précision matérielle et une vivacité chromatique que les techniques du siècle précédent n’auraient pas pu atteindre. La composition scénographique frappe immédiatement par son audace structurelle : les deux groupes, conçus pour être admirés en couple comme pendants, se développent autour d’imposantes baldaquin textiles. Les drapés des rideaux, réalisés avec un réalisme virtuose qui en simule le poids et la douceur, sont teintés d’un profond rouge crétois, une teinte saturée qui crée un contraste royal avec la pureté candide de la porcelaine dure. L’insertion des miroirs originaux au mercure, enchâssés dans le cœur des sculptures, n’est pas seulement un geste décoratif, mais une astuce théâtrale qui multiplie la profondeur de la scène, invitant l’observateur à participer à l’intimité des personnages représentés. Les scènes galantes immortalisées dans les deux groupes évoquent le monde de Watteau et de Fragonard, où le courtisement et le soin de la personne deviennent des formes d’art. D’un côté, nous assistons à une conversation courtoise entre un gentleman en robe de gala et une dame élégamment vêtue ; de l’autre, une scène plus privée dépeint une noble femme dans le miroir, prise dans la délicatesse de son négligé. La présence des petits chiens de compagnie, façonnés avec une vitalité naturelle qui semble presque animer la porcelaine, ajoute une note de grâce et de domesticité à la rigueur de la composition. La richesse de ce couple sculpteur réside en grande partie dans l’incroyable soin apporté au détail de la couture, qui transforme la porcelaine en un véritable échantillon de mode historique. La décoration des vêtements ne se limite pas à une application de couleur, mais cherche à reproduire la texture des tissus précieux à travers une peinture miniaturiste de très haut niveau. Sur les vêtements des protagonistes fleurissent des mailles de fleurs délicates, peintes avec une précision telle qu’elles rappellent les broderies en soie des manufactures lyonnaises, tandis que les rayures dorées et les motifs géométriques des calzones et des gilets rappellent la complexité des brocains du XVIIIe siècle. L’utilisation de l’or pur sur les bords des vestes et sur les poignets n’est pas seulement décorative, mais sert à simuler les lourds galons métalliques qui à l’époque définissaient le rang social de celui qui les portait. Chaque détail, depuis les doigts très fins des personnages jusqu’aux volants dorés des bases brunies à agata, témoigne d’une excellence exécutive qui élève ces pièces bien au-delà de la simple fonction d’ameublement, en les rendant de véritables réalisations du plastique céramique du XIXe siècle. L’œuvre reflète la tendance historiciste de la production céramique européenne de la seconde moitié du XIXe siècle, caractérisée par la reprise des styles formels de l’Ancien Régime. La valeur de l’ensemble est déterminée principalement par l’intégrité de la paire et la complexité structurelle des baldaquins avec miroirs encastrés. Ces éléments techniques et exécutifs distinguent ces exemplaires de la statuaire ordinaire de série, les classant comme des objets d’art décoratif de haut niveau manufacturier.
2 600 €
Epoque : 19ème siècle
Style : Autre style
Etat : Bon état
Matière : Porcelaine
Largeur : 23
Hauteur : 33
Référence (ID) : 1759931
Disponibilité : En stock
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