OBJET VENDU
Console d’applique Régence à décor rocaille et motifs architecturés à évocation orientale.
Rare et intéressante console d’applique d’époque Régence, dont le format mural, à la fois élégant et peu courant, témoigne de ces meubles destinés à structurer les élévations intérieures dans les décors raffinés du début du XVIIIe siècle.
Par sa conception même, cette console appartient à une typologie spécifique : celle des « pieds de table » adossés, ne reposant pas au sol, mais fixés au mur. Ce parti pris, loin d’être anecdotique, traduit une recherche d’allègement visuel et d’élan, très caractéristique de l’évolution du goût au sortir du règne de Louis XIV.
La composition générale demeure encore lisible et structurée, fidèle à l’héritage classique, mais le décor, lui, s’émancipe déjà. La ceinture ajourée, animée de coquilles, d’enroulements et de feuillages, développe un vocabulaire rocaille naissant, où la ligne se détend, se creuse et s’anime. Cette tension entre ordre et liberté situe la pièce dans un moment très précis : celui des années 1725–1735, à la charnière entre la Régence et les débuts du style Louis XV.
Mais au-delà de cette belle écriture rocaille, la console se distingue par un élément plus singulier encore. Au sein du décor apparaissent, intégrés avec une grande subtilité, de petits motifs architecturés, dont la composition — ouvertures, linteaux, organisation interne — évoque des constructions stylisées. Par leur esprit, ces éléments peuvent rappeler, de manière libre et interprétée, certains pavillons orientaux, témoignant de cette curiosité nouvelle pour des formes venues d’ailleurs qui nourrir alors l’imaginaire décoratif du XVIIIe siècle. Leur présence, discrète mais parfaitement lisible, enrichit considérablement la lecture de la pièce.
On notera également une variation dans le traitement de ces motifs, introduisant une légère dissymétrie dans le décor. Loin d’être une irrégularité, cette liberté participe pleinement à l’animation de l’ensemble et illustre cette phase d’invention où le sculpteur s’affranchit progressivement de la stricte symétrie héritée du siècle précédent.
Entièrement sculptée dans un bois de tilleul, la console révèle un travail d’une grande finesse. Les volumes sont nets, les creusements profonds, les contours fermes, traduisant une main sûre et expérimentée. Mais c’est surtout dans le traitement des surfaces que se révèle la qualité d’exécution. Les fonds ne sont jamais laissés neutres : ils sont systématiquement repris, animés de fines striures et de hachures, selon les pratiques des ateliers du XVIIIe siècle. Cette étape, appelée reparure, est essentielle dans le rendu final de la sculpture et de la dorure. Elle permet d’accrocher la lumière, de donner vie aux surfaces, et conditionne la richesse du résultat.
Dans l’organisation traditionnelle des métiers, le menuisier fournissait la structure, le sculpteur développait le décor, et le peintre-doreur en assurait la mise en valeur. Ici, cette chaîne de savoir-faire apparaît dans toute sa cohérence. La dorure d'origine, posée sur une surface parfaitement préparée, conserve aujourd’hui une belle profondeur et une vibration qui soulignent la qualité du travail initial.
Le plateau conserve son marbre d’époque, mouluré d’un bec de corbin, dont le profil accompagne harmonieusement les mouvements du bâti. Il est en très bel état de conservation. On signalera seulement une très légère restauration à un angle arrière, discrète et sans incidence sur l’ensemble.
Par sa typologie, par la qualité de sa sculpture et de sa reparure, mais surtout par la singularité de son vocabulaire décoratif, cette console d’applique constitue un témoignage particulièrement intéressant de cette période d’invention qu’est la Régence, moment où le décor français, tout en restant ancré dans une tradition classique, s’ouvre à une liberté nouvelle et à des influences élargies.
Dimensions : Hauteur : 63 cm Largeur : 61 cm Profondeur : 36 cm
Par sa conception même, cette console appartient à une typologie spécifique : celle des « pieds de table » adossés, ne reposant pas au sol, mais fixés au mur. Ce parti pris, loin d’être anecdotique, traduit une recherche d’allègement visuel et d’élan, très caractéristique de l’évolution du goût au sortir du règne de Louis XIV.
La composition générale demeure encore lisible et structurée, fidèle à l’héritage classique, mais le décor, lui, s’émancipe déjà. La ceinture ajourée, animée de coquilles, d’enroulements et de feuillages, développe un vocabulaire rocaille naissant, où la ligne se détend, se creuse et s’anime. Cette tension entre ordre et liberté situe la pièce dans un moment très précis : celui des années 1725–1735, à la charnière entre la Régence et les débuts du style Louis XV.
Mais au-delà de cette belle écriture rocaille, la console se distingue par un élément plus singulier encore. Au sein du décor apparaissent, intégrés avec une grande subtilité, de petits motifs architecturés, dont la composition — ouvertures, linteaux, organisation interne — évoque des constructions stylisées. Par leur esprit, ces éléments peuvent rappeler, de manière libre et interprétée, certains pavillons orientaux, témoignant de cette curiosité nouvelle pour des formes venues d’ailleurs qui nourrir alors l’imaginaire décoratif du XVIIIe siècle. Leur présence, discrète mais parfaitement lisible, enrichit considérablement la lecture de la pièce.
On notera également une variation dans le traitement de ces motifs, introduisant une légère dissymétrie dans le décor. Loin d’être une irrégularité, cette liberté participe pleinement à l’animation de l’ensemble et illustre cette phase d’invention où le sculpteur s’affranchit progressivement de la stricte symétrie héritée du siècle précédent.
Entièrement sculptée dans un bois de tilleul, la console révèle un travail d’une grande finesse. Les volumes sont nets, les creusements profonds, les contours fermes, traduisant une main sûre et expérimentée. Mais c’est surtout dans le traitement des surfaces que se révèle la qualité d’exécution. Les fonds ne sont jamais laissés neutres : ils sont systématiquement repris, animés de fines striures et de hachures, selon les pratiques des ateliers du XVIIIe siècle. Cette étape, appelée reparure, est essentielle dans le rendu final de la sculpture et de la dorure. Elle permet d’accrocher la lumière, de donner vie aux surfaces, et conditionne la richesse du résultat.
Dans l’organisation traditionnelle des métiers, le menuisier fournissait la structure, le sculpteur développait le décor, et le peintre-doreur en assurait la mise en valeur. Ici, cette chaîne de savoir-faire apparaît dans toute sa cohérence. La dorure d'origine, posée sur une surface parfaitement préparée, conserve aujourd’hui une belle profondeur et une vibration qui soulignent la qualité du travail initial.
Le plateau conserve son marbre d’époque, mouluré d’un bec de corbin, dont le profil accompagne harmonieusement les mouvements du bâti. Il est en très bel état de conservation. On signalera seulement une très légère restauration à un angle arrière, discrète et sans incidence sur l’ensemble.
Par sa typologie, par la qualité de sa sculpture et de sa reparure, mais surtout par la singularité de son vocabulaire décoratif, cette console d’applique constitue un témoignage particulièrement intéressant de cette période d’invention qu’est la Régence, moment où le décor français, tout en restant ancré dans une tradition classique, s’ouvre à une liberté nouvelle et à des influences élargies.
Dimensions : Hauteur : 63 cm Largeur : 61 cm Profondeur : 36 cm
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