Bronze japonais d’Ogawa EIHO : Faucon
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Bronze japonais d’Ogawa EIHO : Faucon

Artiste : Ogawa Eiho 小川英鳳, (1896-1990)
D'une autorité sereine et réduite à l'essentiel, cet élégant faucon en bronze d'Ogawa Eihō 小川英鳳 (1896-1990) incarne une remarquable synthèse du raffinement sculptural japonais, de la sophistication décorative et d'une subtile modernité Art déco. À la fois naturaliste et stylisée, l'œuvre est conçue avec une retenue profondément japonaise, tandis que sa silhouette épurée et sa géométrie rythmique l'inscrivent indéniablement dans le langage esthétique du début du XXe siècle. C'est une sculpture où tradition et modernité s'harmonisent parfaitement.

Le faucon est représenté au repos, mais indéniablement alerte. Son corps est compact et harmonieux, ses ailes repliées dans un rythme régulier de plumes superposées, tandis que son cou légèrement tendu et son regard perçant traduisent vigilance, intelligence et puissance latente. La longue queue effilée renforce l'élégante horizontalité de la composition, conférant à l'œuvre un mouvement linéaire et équilibré, même à l'arrêt. Les serres, plus délicatement articulées contrastant avec le modelé lisse et maîtrisé du corps, ancrent la sculpture dans un réalisme discret. Il en résulte une œuvre d'un équilibre remarquable : non pas une simple image d'oiseau, mais une évocation distillée de son caractère et de sa présence.

Ce qui rend cette sculpture particulièrement fascinante, c'est la manière dont Ogawa Eihō unit le langage poétique de l'orfèvrerie japonaise à l'élégance formelle du design Art déco. Le traitement du plumage est à cet égard très révélateur. Plutôt que de rechercher des détails naturalistes et subtils, Eihō organise les plumes en segments répétés, presque architecturaux, créant un rythme décoratif rigoureux sur toute la surface. Le contour du corps est simplifié et aérodynamique, le profil net et précis, et la composition possède ce type d'équilibre stylisé et d'économie sculpturale si admirés dans les plus beaux bronzes Art déco des années 1920 et 1930. Contrairement à nombre de bronzes animaliers Art déco occidentaux, souvent empreints de dynamisme théâtral ou de glamour ostentatoire, l'interprétation d'Eihō demeure plus sobre, plus méditative et plus raffinée – une réponse typiquement japonaise au design moderne.

Cette fusion est en parfaite harmonie avec le parcours de l'artiste. Ogawa Eihō n'était pas un simple artisan, mais un artiste du métal accompli et reconnu par les institutions, œuvrant au sein du prestigieux milieu des expositions du Japon moderne. Né dans la préfecture de Niigata en 1896, il étudia auprès d'Itō Katsuhide et s'imposa très tôt dans les principaux salons officiels du pays. Il exposa pour la première fois au 9e Teiten en 1928, puis au Teiten, au Shin Bunten et, plus tard, au Nitten, principaux forums où étaient jugés et consacrés les beaux-arts et les arts décoratifs japonais modernes. Sa réputation fut définitivement confirmée en 1942, lorsqu'il reçut le Tokusen (Prix spécial) au 5e Shin Bunten, l'une des plus hautes distinctions du système officiel des expositions. Il devint par la suite exposant invité à Nitten, puis membre à part entière, et enfin président de l'Association japonaise de Chōkin. Ces honneurs ne sont pas anodins : ils placent Eihō parmi les figures majeures de la métallurgie japonaise du XXe siècle, des artistes qui ont transcendé le simple artisanat pour atteindre le statut de créateur sculptural et artistique.

Dans ce contexte, ce faucon en bronze peut être apprécié non seulement comme un bel objet décoratif, mais aussi comme une œuvre à la croisée de la sculpture, du design et du travail du métal. Eihō était particulièrement admiré pour sa maîtrise du travail des surfaces et son talent à transformer le métal en un champ visuel poétique. Surtout connu pour ses élégants vases, boîtes, plateaux et objets ornementaux décorés d'oiseaux, de fleurs, de plantes de saison et de motifs lyriques inspirés de la nature, il appartenait à une tradition où le métal était considéré non comme un simple matériau, mais comme un vecteur d'atmosphère, de symbolisme et de composition raffinée.

Cette sensibilité est pleinement présente ici. Le faucon n'est pas rendu avec une description anatomique excessive, mais avec une clarté sélective qui intensifie sa force expressive. Les plans lisses du bronze ne sont interrompus que là où c'est nécessaire par des divisions de plumes finement incisées, créant un jeu subtil entre simplicité polie et articulation décorative. Cette interaction entre ligne, volume et surface est l'un des plus grands atouts de la sculpture. Elle révèle la main d'un artiste formé non seulement à modeler la forme, mais aussi à penser en termes de rythme ornemental – un principe partagé à la fois par les arts décoratifs japonais et par les plus belles sculptures Art déco.

Le choix du sujet est tout aussi significatif. Dans la culture artistique japonaise, le faucon est depuis longtemps associé à la noblesse, à la discipline martiale, à la vigilance et à une force propice. On le retrouve dans la peinture, la laque, les garnitures de sabres et les arts décoratifs japonais comme symbole de puissance maîtrisée et de goût aristocratique. Dans l'interprétation d'Eihō, ces associations sont préservées, mais transposées dans un langage visuel plus moderne. Il ne s'agit pas du drame sauvage d'un prédateur en mouvement, mais plutôt d'une vision de force contenue – disciplinée, élégante et sereine. C'est précisément cette retenue qui confère à la sculpture son autorité.

L'œuvre reflète également un moment plus large et particulièrement souhaitable de l'histoire de l'art japonais : la période où l'artisanat traditionnel a commencé à dialoguer avec le modernisme international sans perdre son identité culturelle. Au début de l'ère Shōwa, nombre des artistes métallurgistes, laqueurs, céramistes et designers les plus raffinés du Japon ont assimilé des aspects du goût européen moderne – notamment la pureté des lignes et le raffinement stylisé associés à l'Art déco – tout en les filtrant à travers l'esthétique japonaise de l'asymétrie, de l'immobilité et de la subtilité des surfaces.

Ce faucon illustre éloquemment ce point de rencontre. Il allie la grâce épurée et l'ordre décoratif de l'Art Déco à une profonde sensibilité japonaise. Sa patine de bronze aux tons chauds renforce cette impression. La surface, d'une douce richesse, permet à la sculpture de se fondre subtilement entre objet et silhouette au gré de la lumière, soulignant ainsi la finesse de ses contours. Cette sensibilité au profil est essentielle dans une œuvre de cette envergure : la sculpture tient autant à la pureté de sa silhouette qu'à son modelé, une qualité qui la rapproche des plus beaux bronzes animaliers de l'époque Art Déco.

À cet égard, cette œuvre occupe une place de choix pour les collectionneurs. Elle s'inscrit non seulement dans l'univers de la métallurgie japonaise, mais s'adresse aussi directement aux collectionneurs de sculptures Art Déco, de bronzes animaliers et d'arts décoratifs raffinés du XXe siècle. Cet attrait interculturel est de plus en plus apprécié aujourd'hui. L'œuvre d'Eihō offre un charme exceptionnel : la maîtrise technique et la profondeur poétique de la métallurgie d'exposition japonaise, alliées à un langage formel à portée internationale.

Dans ce faucon en bronze, on retrouve toutes les qualités qui font l'admiration d'Ogawa Eihō : clarté des formes, composition rigoureuse, maîtrise exceptionnelle du travail du métal, intelligence décorative et profonde compréhension poétique de la nature. Parallèlement, la sculpture possède une élégance Art déco indéniable, exprimée non par l'extravagance, mais par la ligne, le rythme, la stylisation et la sobriété.

Ce bronze est livré avec sa boîte d’origine (Tomobako).
2 300 €

Epoque : 20ème siècle

Style : Art Déco

Etat : Très bon état

Matière : Bronze

Longueur : 33 cm

Hauteur : 19 cm

Référence (ID) : 1738571

Disponibilité : En stock

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Bruxelles 1000, Belgique

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