Frans Francken le Jeune (1581-1642) atelier de - Sainte Cécile se délecte de la Musique Céleste
Dans la production de l'école d'Anvers vers 1600, et notamment dans le catalogue lié à l'atelier de Frans Francken le Jeune, la représentation de sainte Cécile acquiert une sophistication qui transcende l'hagiographie pour devenir une exaltation de l'art total. La composition saisit l'instant mystique de ses fiançailles avec Valérien, où, face au tumulte des festivités terrestres, la sainte se retire dans un silence transcendant ; c'est l'incarnation visuelle du cantabat in corde suo Domino, le chant silencieux de l'âme qui s'élève vers le divin lorsque ses doigts effleurent le clavier. La scène est enveloppée d'un drapé exquis qui, avec ses plis métalliques et irisés vibrants, semble orchestrer visuellement l'harmonie céleste que les anges, dans un délicat jeu de raccourcis, accompagnent depuis le plan éthéré.
Au-delà de sa signification religieuse, ce panneau constitue un précieux témoignage de l'organologie aux Pays-Bas méridionaux, reflétant la fascination flamande pour la précision technique. L'orgue à vent – instrument qui connut alors son apogée dans la musique européenne – est représenté avec une exactitude quasi scientifique : de la disposition des tuyaux en alliage aux soufflets actionnés avec une patience rythmique, le spectateur perçoit presque le flux d'air transformé en son. Dans cette composition de Francken, la musique de la terre et la musique du ciel convergent dans une architecture de bois et de métal, nous rappelant que pour l'humanisme chrétien anversois, la perfection de la forme était le moyen le plus direct de représenter l'harmonie des sphères.
- Dimensions de l'image sans cadre : 18 x 24 cm / 34 x 40,5 cm avec un cadre unique en bois sculpté et doré, réalisé sur mesure au milieu du XVIIIe siècle.
Epoque : 17ème siècle
Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur bois
Référence (ID) : 1738439
Disponibilité : En stock






























