Bureau à plateau de verre reposant sur éléments romans du XIIᵉ siècle
Atypique et
polyvalent Bureau-Console de Salon composé d'un épais plateau en verre taillé
de Sain-Gobain d'une envergure exceptionnelle aux profils angulaires tempérés
par des lignes curvilignes et incurvés reposant sur un piètement double. Ce
dernier, constitué de deux élements architecturaux en marbre de Saint-Béat
présentant, sur une plinthe parallépipédique, dressées sur une base circulaire
sobrement moulurée, des colonnettes gémellées sommées de chapiteaux sculptés
sur leur corbeille de forme tronconique évasée de motifs feuillagés
d'acanthe au traitement différencié. Provenant de l'ancienne Collection de
Jacqueline Boccador, ces vestiges, témoin de l'Art monumental Roman des XI-XIIe
siècles, faisaient vraisemblablement partie intégrante du Cloître d'une Eglise
Abbatiale érigée dans la région Toulousaine (Haute-Garonne). Beau Travail
contemporain d'esprit Post-Moderne dans le sillage conceptuel et
esthétique des pièces mobilières de prestige créées dans les années 1930-1960
par E.-J Ruhlmann, J.Adnet ou encore E.Printz.
-FOCUS
Réalisés en
marbre blanc de Saint-Béat, les deux séculaires éléments architecturaux *qui
composent le piétement de ce Bureau-console au parti esthétique
délibérément épuré, s'avèrent sur l 'ensemble de leur modénature
caractéristiques de l'art monumental Roman français du XIIe siècle.
D'une belle
robustesse formelle, chacun d'entre-eux présentent, dressées sur une base à
doucine aux profils moulurés soulignés de sobres listels reposant sur une
plinthe parallépipédique aux angles antérieurs surmontés de rustres bourgeons
d'acanthe, des colonnettes géminées. Celles-ci sont couronnées de chapiteaux
engagés lesquels se distinguent par leur astragale (petite moulure
qui sépare le chapiteau du fût de la colonne) à anneau, leur tailloir (partie
sommant le chapiteau) géométrique simplement travaillés en aplats dont l'archaïque
traitement tranche avec leur corbeille au décor ornemental sculpté régi
par une composition végétale alliant sur leurs trois faces à une rigoureuse
symétrie, souplesse et amplitude d'exécution.
Placé sous
la tutelle de la feuille d'acanthe-réminiscence de l'ordre corinthien
adopté par l'architecture de l'Antiquité romaine-, les chapiteaux arborés
sur ces éléments architecturaux se différencient dans la mise en œuvre de ce motif ornemental qui, dans la
pensée médiévale des XI-XIIe siècle, renvoie "à la fois à la renommée
du passé antique, à la vitalité de l'Eglise présente et à la Flore du Paradis
futur".
Sur un
épannelage tronconique évasé similaire de leur corbeau, on observe de fait ceci
:
- la
première variante se singularise par un élément rubané central aux
ligatures transversales marquées d'incisions longitudinales ; celui-ci unit,
trois à trois, de souples tiges végétales desquelles s'épanouissent
légèrement infléchies pour donner l'illusion d'une palmette d'acanthe,
des feuilles aux lobes arrondis et
doucement incurvés . Dans leur entre-deux, est lovée une généreuse feuille
d'acanthe quadrilobée au graphisme linéaire remarquable.
- de
composition plus robuste et plus rigide, la seconde variante, alterne selon un
rythme ternaire, en un jeu de
volumes réfléchis, des motifs stylisés
de feuilles d'acanthe .D'un dessin "gras", celles-ci sans
détails surajoutés consistent en palmettes d'acanthe nervurée
épousant le profil évasé du corbeau réunies par une grande feuille centrale évidée
ouvragée de languettes creusées en cuillères entre lesquelles se
glissent des lobes d'acanthe travaillés en méplat.
De par la noble rigueur de leur structure , le
caractère simplement ornemental de leurs chapiteaux déclinant avec sobriété un
des motifs privilégié -la feuille d'acanthe-de l'Antiquité romaine, ces
éléments architecturaux sont à rapprocher du point de vu formel comme stylistique des prestigieuses réalisations monumentales érigées dans le
dernier quart du XIe siècle- premier quart du XIIe siècle sur le site de Toulouse
(Saint-Sernin) et, plus globalement, plus modestement, sis dans
sa région ( édifices de Saint-Rustice, de Roquesièrès ou de Gémil, en Haute-Garonne) ou
encore celle de Moissac ( Tarn-et-Garonne) . Leur mise en œuvre, sans
être inédite, bénéficie néanmoins du rayonnement artistique de ces deux Cités:
il en résulte un art authentique, d'une belle qualité de facture. Nous sommes
là autour des années 1100/ 1130.
Du point de
vue lithique, si l'on sait qu'au Moyen-Age le marbre était alors
utilisé, associé à des matériaux moins nobles
pour le bâti mais aussi pour les décors
tant intérieurs qu'extérieurs des édifices religieux, il s'avère vraisemblable que ces éléments architecturaux proviennent du
cloître d'une église abbatiale-, hypothèse corroborée par la forme de leur
plinthe, l'emploi de colonnes gémellées et leurs chapiteaux engagés sculptés
trois faces.
Une pièce mobilière
de grand caractère faisant dialoguer Design aux lignes tout à la fois
épurées et élégantes avec d'ancestraux et ascétiques vestiges d'un passé
architectural dotés d'une belle présence.
*Acquis dans les années 1990 auprès de Jacqueline
BOCCADOR, Antiquaire reconnue pour les œuvres d'art monumentales, mobilier
,sculptures et objets d'Art du Moyen-Age, de la Renaissance et du XVIIe siècle,
auteure notamment de plusieurs ouvrages couvrant ces périodes historiques, ces
éléments architecturaux dont les
chapiteaux furent au cours du XIXe siècle évidés à dessein de former Jardinière
ont été par la suite découpés horizontalement afin de constituer le piètement
du Bureau présenté ici.
Orientation
Bibliographique: -Durliat, Marcel, Haut-Languedoc Roman,
Collection du Zodiaque,1991 pp.37-38;-
Mesplé, Paul, Toulouse, Musée des Augustins, Les sculptures romanes,
Paris: Ed. des Musées nationaux, 1961.
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Matériaux: Marbre blanc dit "Blanc de Letz" de
Saint-Béat; verre de Saint-Gobain.
Dimensions: H.: 77cm;-Longueur.: 2, 30 cm;-Largeur: 110 cm.
Travail contemporain Post-Moderne.
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Galerie Anticomania
Bureau à plateau de verre reposant sur éléments romans du XIIᵉ siècle