Portrait d’une dame, Élisabeth Percy, vers 1660–1665 (atelier Lely), période de la Restauration
Portrait d’une dame, Élisabeth Percy, vers 1660–1665 (atelier Lely), période de la Restauration-photo-2
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Portrait d’une dame, Élisabeth Percy, vers 1660–1665 (atelier Lely), période de la Restauration

Artiste : Atelier De Sir Peter Lely (1618–1680)

Ce portrait est un exemple particulièrement raffiné et évocateur de la peinture de la Restauration, exécuté dans l’atelier du grand peintre de cour Sir Peter Lely. Conservée dans un excellent état et présentant une surface lumineuse ainsi qu’un modelé subtil des carnations, l’œuvre représente une jeune femme aristocratique assise près d’un buste classique, sa silhouette enveloppée de draperies de satin chatoyantes. La composition, élégante et harmonieuse, s’inscrit immédiatement dans le langage visuel sophistiqué qui domina le portrait anglais dans les premières années suivant la Restauration de la monarchie en 1660. L’ensemble allie beauté, résonance historique et présence décorative : le regard serein de la modèle, sa posture gracieuse et les tissus richement peints illustrent les qualités qui firent des portraits de Lely l’expression privilégiée du statut parmi l’élite politique et sociale de l’Angleterre.

La dame est vêtue d’une somptueuse robe de satin gris argenté, accompagnée de manches de chemise blanches froncées sous le corsage. Le vêtement peut être daté avec assurance d’environ 1660–1665, une période où la mode de la Restauration privilégiait les étoffes souples et sensuelles drapées sur les épaules, plutôt que les corsages rigides des décennies précédentes. La robe tombe en lourds plis qui captent la lumière en reflets triangulaires, un procédé pictural caractéristique de l’atelier de Lely et souvent exécuté par son spécialiste des draperies, John Baptist Gaspars. Sous le satin apparaît une fine chemise blanche aux manches volumineuses, froncées au coude et retenues par des agrafes ornées de pierres. Autour du cou, la modèle porte un simple rang de perles, symbole de pureté, de raffinement et de retenue aristocratique, tout en offrant au peintre l’occasion de démontrer sa maîtrise de la lumière. Sa coiffure, composée de boucles spiralées tombant en tire-bouchon le long des tempes et des épaules, correspond à la mode du début de la Restauration et se retrouve dans de nombreux portraits de Lely et de son cercle.

Le portrait fut probablement commandé pour commémorer un mariage, une lignée ou une ascension sociale, à un moment où l’Angleterre sortait des bouleversements de la guerre civile et de l’Interrègne. Le retour de Charles II en 1660 inaugura une nouvelle culture de faste, de mode et de mécénat artistique. Lely, déjà établi comme portraitiste majeur sous le Commonwealth, devint la figure dominante de la cour restaurée. Ses portraits façonnèrent l’image publique de l’aristocratie, alliant élégance classique et raffinement nouveau. Le buste sculpté à l’arrière-plan reflète ce climat intellectuel : la sculpture antique symbolisait l’érudition, la vertu et le goût cultivé, associant la modèle aux idéaux de l’Antiquité admirés par les élites lettrées.

La composition suit de près le célèbre Portrait de Catherine Stone (née Carleton) de 1660, aujourd’hui dans la Government Art Collection, ce qui suggère que l’œuvre pourrait représenter une femme issue d’un cercle familial proche, actif dans la vie politique et sociale de l’Angleterre de la Restauration. Bien que l’identité de la modèle ne soit pas encore établie avec certitude, et que certains portraits d’atelier présentent des traits idéalisés, elle montre une ressemblance frappante avec les portraits d’Élisabeth Percy, comtesse d’Essex, l’une des femmes les plus en vue de la cour restaurée. Le visage ovale allongé, les yeux en amande largement espacés, le nez droit et la bouche délicate rappellent étroitement les effigies connues de la comtesse.

Élisabeth Percy était la cinquième fille d’Algernon Percy, 10ᵉ comte de Northumberland, puissant aristocrate issu d’une des plus anciennes dynasties d’Angleterre. En 1653, elle épousa Arthur Capel, 1er comte d’Essex, fils d’un important homme d’État royaliste exécuté pendant la guerre civile. Après la Restauration, Capel gravit rapidement les échelons politiques, devenant notamment Lord Lieutenant d’Irlande et jouant un rôle majeur dans la vie publique sous Charles II. Le couple résidait principalement à Cassiobury House, dans le Hertfordshire, l’un des plus grands domaines du pays, tout en conservant des liens étroits avec la cour à Londres. Leur mariage donna naissance à plusieurs enfants, dont Algernon Capel, 2ᵉ comte d’Essex.

Sur le plan stylistique, l’œuvre correspond parfaitement à la production de l’atelier de Lely au début des années 1660. Le modelé délicat du visage, les transitions subtiles des carnations et le rendu assuré des draperies de satin sont des marques distinctives de l’atelier, qui produisit certains des plus beaux portraits de la Restauration. Lely dirigeait un atelier très organisé à Londres, capable de produire de nombreux portraits simultanément : le maître peignait généralement la tête et les passages essentiels, tandis que ses assistants réalisaient les draperies et les fonds. Le présent tableau illustre précisément cette répartition du travail.

Le tableau est présenté dans un beau cadre sculpté et doré, dont les rinceaux et la dorure adoucie complètent l’élégance de la composition.

Aujourd’hui, cette œuvre offre aux collectionneurs une rare occasion d’acquérir un exemple élégant et historiquement significatif de la peinture de la Restauration. Son exécution raffinée, son excellent état et son lien étroit avec le cercle artistique de Sir Peter Lely en font une pièce de grand intérêt décoratif et scientifique. Le portrait capture la grâce et la dignité qui définissaient la féminité aristocratique dans les premières années du règne de Charles II et constitue un témoignage vivant du renouveau culturel qui suivit la Restauration.

Sir Peter Lely (1618–1680), né à Soest en Westphalie et formé dans la tradition hollandaise, s’installa à Londres au début des années 1640 et acquit rapidement une grande réputation. Après la mort d’Anthony van Dyck, il devint le portraitiste le plus recherché de l’aristocratie anglaise. À la Restauration, Charles II le nomma Premier Peintre du Roi, et il réalisa les portraits de nombreuses figures majeures de l’époque, dont la famille royale et les célèbres « Windsor Beauties ». Son style élégant, caractérisé par des carnations lumineuses, des étoffes somptueuses et des poses gracieuses, façonna durablement l’identité visuelle de la société de la Restauration.

Provenance : Londres, Sotheby’s, 8 novembre 1995, lot 35 (attribué à Sir Peter Lely)

Dimensions : Hauteur 140,5 cm, Largeur 118,5 cm encadré (55,25 × 46,75 pouces)

19 850 €

Epoque : 17ème siècle

Style : Louis XIV - Régence

Etat : Très bon état

Matière : Huile sur toile

Largeur : 118.5

Hauteur : 140.5

Profondeur : 8

Référence (ID) : 1719275

Disponibilité : En stock

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Londres SE26 4NT, Angleterre

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