Cette toile singulière du début du XIXe siècle se présente comme une énigme visuelle, une œuvre où la dévotion mariale flirte avec l'hermétisme. La figure de la Vierge, dont l'anatomie et la délicatesse chromatique trahissent une profonde influence du pinceau du Corrège, se manifeste avec ce sfumato éthéré et cette grâce langoureuse qui caractérisaient le maître de Parme, mais imprégnée ici d'une gravité inhabituelle. Elle n'apparaît pas sur un trône céleste de nuages et d'anges, mais assise sur un lutrin d'une austérité quasi géométrique, une structure de bois sombre aux lignes rigides qui semble davantage appartenir au mobilier d'une loggia ou à l'atelier d'un alchimiste qu'à un autel chrétien.
L'élément le plus troublant de la composition est le cercle parfait dans lequel est inscrit le lutrin, un cercle qui encadre la figure sacrée non pas comme une auréole traditionnelle, mais comme un diagramme cosmique. Cette géométrie sacrée suggère un ésotérisme subtil, où la Vierge n'est plus seulement la Mère de Dieu, mais l'incarnation de Sophia ou Prima Materia, protégée par une circonférence circulaire symbolisant l'unité de l'univers et la perfection du savoir caché. La lumière, qui baigne le visage de l'Enfant d'une douceur mystique, contraste avec les ombres profondes qui enveloppent les recoins de la pièce, instaurant un dialogue entre le révélé et l'ésotérique.
- Dimensions de l'image sans cadre : 64 x 64 cm / 81 x 80,5 cm avec cadre exclusif sur mesure.





























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