La base circulaire, réalisée en marbre d’une épaisseur importante, présente un cadran gravé au tracé radial d’une extrême précision, subdivisé en secteurs horaires concentriques et lignes de déclinaison. La surface conserve une patine ancienne naturelle, avec de légères marques du temps parfaitement cohérentes avec l’âge de l’objet.
Sur le cadran est fixé un gnomon triangulaire en bronze doré, destiné à la lecture solaire directe, ancré au moyen de pattes d’origine. À proximité est disposé le canon méridien, également en bronze doré, monté sur un support articulé réglable composé de montants profilés, de bras articulés et de visserie d’origine. Le canon est muni d’une lentille convexe orientable, insérée dans une monture circulaire en bronze, conçue pour concentrer les rayons solaires sur la lumière : au passage du soleil au midi solaire vrai, l’énergie concentrée provoquait l’inflammation de la charge et le tir à blanc subséquent, permettant une signalisation acoustique d’une très grande précision de l’heure.
Sur le montant gauche du support du canon est gravée en toutes lettres la signature de l’auteur : Cittelli fece in Milano 1832. Inscription d’une importance exceptionnelle, permettant une attribution certaine et une datation précise, éléments peu fréquents pour ce type d’instruments.
L’œuvre est complète dans toutes ses parties, avec patine d’origine et légères oxydations superficielles du bronze, non invasives, témoignant de la vie de l’instrument et de son usage historique. Les chiffres gravés sur les bords du marbre sont partiellement lisibles en raison de l’usure dans le temps.
Le cadran solaire à canon constitue l’une des applications les plus fascinantes de la gnomonique entre le XVIIIᵉ et le XIXᵉ siècle.
Ces instruments étaient destinés aux jardins aristocratiques, parcs publics, cours de palais institutionnels, académies scientifiques et observatoires, où ils remplissaient une fonction à la fois pratique et représentative. Le tir à blanc au midi solaire permettait la synchronisation des horloges mécaniques, à une époque antérieure à l’adoption du temps moyen civil, rendant ces instruments indispensables à la régulation de l’heure officielle.
Pasquale Cittelli, actif à Milan entre la fin du XVIIIᵉ siècle et les premières décennies du XIXᵉ siècle, fut l’un des plus estimés constructeurs d’instruments scientifiques de l’Italie septentrionale. Œuvrant dans un contexte culturel fortement influencé par la période napoléonienne et post-napoléonienne, Cittelli se spécialisa dans la réalisation d’instruments astronomiques, gnomoniques, optiques et mathématiques, destinés à des institutions civiles, militaires et académiques.
Ses œuvres se distinguent par une grande précision technique, une qualité d’exécution irréprochable et un équilibre harmonieux entre fonction scientifique et valeur décorative. Il réalisa des cadrans solaires horizontaux et verticaux, des instruments de mesure ainsi que des canons méridiens de jardin, fréquemment signés et datés — pratique rare et aujourd’hui particulièrement appréciée des collectionneurs et des chercheurs.

































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