Fernand Laval 1886–1966 - Le Lapin Agile Rue des Saules et les Fortifications -HST signée datée
Artiste : Fernand Laval
Fernand Laval (1886–1966)
Huile sur toile, dimensions 46 x 55 cm
Le Lapin Agile Rue des Saules et les Fortifications
Signée en bas à gauche
Datée 48 (pour 1948)
Cette vue de la rue des Saules représente l’un des sites majeurs de la mémoire montmartroise : la façade rouge aux volets verts du cabaret 'Le Lapin Agile' - à peu près centrée sur la toile- emblématique de la bohème parisienne du début du XXᵉ siècle.
Contrairement aux représentations folklorisées ultérieures, Laval restitue ici un Montmartre encore périphérique, marqué par la présence des anciennes fortifications et par une urbanité fragile, dans la période de l'immédiate après-guerre.
La chaussée pentue, irrégulière, presque ravinée, occupe le premier plan ; les façades, épaisses et mates, sont traitées en empâtements denses. Deux arbres dépouillés structurent la composition verticale et accentuent la tension hivernale de la scène. Une silhouette isolée longe le mur, discrète, presque absorbée par la matière picturale. Cette présence minimale humanise l’espace sans en rompre la gravité.
Contexte artistique
Arrivé à Paris en 1912, Fernand Laval fréquente le milieu montmartrois et partage avec Maurice Utrillo un attachement profond aux paysages urbains de la Butte. Cependant, là où Utrillo privilégie souvent les tonalités crayeuses et les façades blanchies, Laval développe une matière plus terrienne et plus épaisse, donnant à ses vues une densité presque tactile.
Son œuvre s’inscrit dans la constellation de l’École de Paris, tout en conservant une fidélité constante aux quartiers populaires, aux marges urbaines.
Cette toile ne célèbre pas Montmartre ; elle l’observe.
Le cabaret mythique LE LAPIN AGILE n’est pas isolé comme monument. Il est intégré à son environnement modeste, presque rude. Laval capte un moment de transition : celui d’un Montmartre encore villageois, avant sa transformation progressive en symbole touristique et patrimonial. Celui que les touristes espéraient alors qu ils se retrouvent entre eux venus du monde entier, et prennent le rôle de tirelires à quatre sous dans un Montmartre disneylandisé.
La palette — ocres, bruns, rouges assourdis — et le traitement hivernal du ciel traduisent une atmosphère de retrait, voire de méditation. L’artiste semble moins intéressé par l’anecdote que par la permanence silencieuse des lieux.
Cette œuvre présente un double intérêt : Iconographique, par la représentation identifiable du Lapin Agile dans son contexte d’origine. Historique, comme témoignage d’un Montmartre en mutation à la fin des années 40. Elle participe à une mémoire picturale de la Butte moins spectaculaire que celle popularisée par le marché, mais essentielle à la compréhension de son identité culturelle.
Si Laval devait entrer au musée, ce ne serait pas comme épigone d’Utrillo, mais comme témoin sincère d’un Montmartre vécu de l’intérieur.
Huile sur toile, dimensions 46 x 55 cm
Le Lapin Agile Rue des Saules et les Fortifications
Signée en bas à gauche
Datée 48 (pour 1948)
Cette vue de la rue des Saules représente l’un des sites majeurs de la mémoire montmartroise : la façade rouge aux volets verts du cabaret 'Le Lapin Agile' - à peu près centrée sur la toile- emblématique de la bohème parisienne du début du XXᵉ siècle.
Contrairement aux représentations folklorisées ultérieures, Laval restitue ici un Montmartre encore périphérique, marqué par la présence des anciennes fortifications et par une urbanité fragile, dans la période de l'immédiate après-guerre.
La chaussée pentue, irrégulière, presque ravinée, occupe le premier plan ; les façades, épaisses et mates, sont traitées en empâtements denses. Deux arbres dépouillés structurent la composition verticale et accentuent la tension hivernale de la scène. Une silhouette isolée longe le mur, discrète, presque absorbée par la matière picturale. Cette présence minimale humanise l’espace sans en rompre la gravité.
Contexte artistique
Arrivé à Paris en 1912, Fernand Laval fréquente le milieu montmartrois et partage avec Maurice Utrillo un attachement profond aux paysages urbains de la Butte. Cependant, là où Utrillo privilégie souvent les tonalités crayeuses et les façades blanchies, Laval développe une matière plus terrienne et plus épaisse, donnant à ses vues une densité presque tactile.
Son œuvre s’inscrit dans la constellation de l’École de Paris, tout en conservant une fidélité constante aux quartiers populaires, aux marges urbaines.
Cette toile ne célèbre pas Montmartre ; elle l’observe.
Le cabaret mythique LE LAPIN AGILE n’est pas isolé comme monument. Il est intégré à son environnement modeste, presque rude. Laval capte un moment de transition : celui d’un Montmartre encore villageois, avant sa transformation progressive en symbole touristique et patrimonial. Celui que les touristes espéraient alors qu ils se retrouvent entre eux venus du monde entier, et prennent le rôle de tirelires à quatre sous dans un Montmartre disneylandisé.
La palette — ocres, bruns, rouges assourdis — et le traitement hivernal du ciel traduisent une atmosphère de retrait, voire de méditation. L’artiste semble moins intéressé par l’anecdote que par la permanence silencieuse des lieux.
Cette œuvre présente un double intérêt : Iconographique, par la représentation identifiable du Lapin Agile dans son contexte d’origine. Historique, comme témoignage d’un Montmartre en mutation à la fin des années 40. Elle participe à une mémoire picturale de la Butte moins spectaculaire que celle popularisée par le marché, mais essentielle à la compréhension de son identité culturelle.
Si Laval devait entrer au musée, ce ne serait pas comme épigone d’Utrillo, mais comme témoin sincère d’un Montmartre vécu de l’intérieur.
1 100 €
Epoque : 20ème siècle
Style : Autre style
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Longueur : 73 cm
Hauteur : 64 cm
Référence (ID) : 1707772
Disponibilité : En stock
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