Clorinda sauve Olindo et Sofronia
Huile sur toile, cm 44,5 x 31,5
Ce tableau intitulé Clorinda salva Olindo e Sofronia constitue un remarquable exemple de la culture figurative napolitaine du XVIIIe siècle et, bien qu’il ne soit pas signé, manifeste une affinité évidente avec la production de Giacinto Diana, au point qu’il peut être attesté à lui ou à un peintre proche de lui. La douceur des visages et la structure de composition, qui alterne les tons lyriques et les accents dramatiques, rappellent en effet certains aspects récurrents dans les œuvres autographes de Giacinto Diano, comme le Martyre de San Sebastiano à Gragnano ou le Saint-Michel Archange du diocèse de Naples. Les similitudes ne s’arrêtent pas à la physionomie des personnages, mais émergent également dans la vivacité chromatique et l’élégance des drapés, traits distinctifs de la peinture mature de Giacinto Diano. La scène évoque l’un des moments les plus intenses de la Jérusalem libérée de Torquato Tasso : accusés du vol d’une image sacrée, les jeunes Olindo et Sofronia sont condamnés au bûcher par le roi Aladin, dépeint comme un homme barbu vêtu d’une tunique céleste et un tunique blanc. L’auteur construit l’épisode avec une mise en scène attentive et articulée. En haut à droite Sofronia, figure qui reflète le courage et la dévotion, domine le groupe, tandis qu’à côté d’elle Olindo partage dans l’ombre le sort tragique. Dans le brouillard des bourreaux qui préparent le bûcher, l’arrivée soudaine de Clorinda interrompt leurs tâches et les amène à tourner leur regard vers le haut, attirés par la figure de l’héroïne à cheval qui fait irruption sur la scène. Le contraste avec le fond, résolu dans une gamme plus froide et voilée qui suggère les murs de Jérusalem, accentue la profondeur spatiale et donne à la scène un ton presque théâtral. Le moment culminant est en effet l’arrivée de Clorinda, l’héroïne sarrasine qui, arrivant à cheval, intervient pour arrêter l’exécution. Sa silhouette, élancée et déterminée, rompt la verticalité du bûcher et introduit dans la composition une diagonale de mouvement qui accentue le caractère dramatique de l’action. Cette solution renvoie aux modèles de la peinture napolitaine baroque tardive, en particulier aux célèbres interprétations du sujet fournies par Luca Giordano (Gênes, Palais Royal; Collection privée), plusieurs fois reproduites et retravaillées par ses disciples comme Paolo De Matteis (Collection privée). Les caractéristiques stylistiques suggèrent donc un artiste formé dans le milieu napolitain, mis à jour sur les solutions décoratives alors en vogue et sensible aux modèles proposés par Giacinto Diana, dont il retravaille la palette claire et une tension vers des formes plus ordonnées qui préludent au néoclassicisme. Dans ce contexte, Clorinda salva Olindo e Sofronia se présente comme une réinterprétation raffinée de l’épisode tassien, capable de conjuguer le pathos et l’équilibre de la composition.












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