Emil Orlik (1870-1932), Scène d'amour sous un arbre, 1912
- Au sein de Mère Nature -
Une jeune femme àla coupe au carré est adossée à un arbre, qui lui est ainsi attribué, ce quiest en outre souligné par la couleur de sa robe, qui correspond à l'écorce del'arbre. Mais l'arbre est aussi un cadre qui la met en valeur et faitparticulièrement ressortir sa peau nue rose. Elle a retiré la moitié de sonhaut transparent, dévoilant ses gros seins. Ceux-ci sont embrassés par l'hommeallongé entre ses jambes nues, tandis que la femme souriante enlace tendrementl'homme et que les branches, qui la représentent également, enveloppent toutson corps.Dans ce sujetérotique extrêmement rare dans l'œuvre d'Emil Orlik, l'artiste confère à lascène d'amour contemporaine une profondeur allégorique qui rend hommage à laféminité. La jeune femme devient Mère Nature, qui s'approche de l'homme quis'est rendu dans son bosquet sacré. Grâce à ses traits virtuoses, Emil Orlikparvient à donner à la scène un effet de vivacité intense.
Sur l’artiste
Élevé à Prague,Emil Orlik étudie de 1889 à 1891 à l’école de peinture de Heinrich Knirr àMunich, puis, de 1891 à 1893, à l’Académie des Beaux-Arts de Munich. De 1894 à1896, Orlik séjourne à Prague où il effectue un service militaire d’un an et selie d’amitié avec Rainer Maria Rilke, qui l’inspire dans la conception delivres. En 1896, Orlik retourne à Munich, où il noue une amitié artistique avecBernhard Pankok. L’année suivante, il ouvre un atelier à Prague, qu’il dirigejusqu’en 1904. En 1898, il entreprend un voyage d’étude d’environ un an enAngleterre, en Écosse, aux Pays-Bas, en Belgique et à Paris. En 1904,Orlik devient professeur au Musée des Arts et Métiers de Vienne. Il était déjà membre de la Sécession de Viennedepuis 1899 et publiait dans la revue Art Nouveau Ver Sacrum. En 1905, il estnommé professeur au Musée des Arts et Métiers de Berlin, où il succède à OttoEckmann et y dirigea la classe de graphisme jusqu’à sa mort en 1932. Parmi sesélèves se trouvaient George Grosz, Hanna Höch et Karl Hubbuch.En 1900, Orlikeffectue un voyage au Japon qui marquera profondément son art. Il y donne desconférences sur le Japon, publie en 1904 le portfolio Aus Japan et illustre de1905 à 1910 l’édition en six volumes des œuvres de l'écrivain britanniqueinstallé au Japon, Lafcadio Hearn. En 1912, il entreprend un second voyage auJapon, traversant l’Égypte, le Soudan, Ceylan, la Chine et la Corée. Sesimpressions artistiques se retrouvent dans les portfolios Voyage en Égypte(1921) et Voyage au Japon (1921). Les dernières années 1920 sont égalementmarquées par de nombreux voyages en Amérique, en France, en Espagne, en Italieet en Yougoslavie.Outre sa carrièreartistique en tant que créateur d’espaces, incluant des costumes et des décorspour le Théâtre Allemand de Max Reinhardt, Orlik était surtout un graphiste etun portraitiste recherché. Il a portraituré de nombreuses personnalités, dont GerhardHauptmann, Henrik Ibsen, Bernhard Pankok, Gustav Mahler, Max Klinger, RainerMaria Rilke, Ernst Barlach, Lovis Corinth, Otto Dix, Käthe Kollwitz, MaxSlevogt, Franz Werfel, Rudolf Steiner, Thomas Mann, Albert Einstein, Franz Marcet Alfred Döblin. Sa virtuosité en tant que portraitiste l’a amené à êtreengagé pour réaliser des portraits à la Conférence de paix de Brest-Litovsk, cequi a donné lieu à son portfolio Caricatures de Brest-Litovsk (1918).
Epoque : 20ème siècle
Style : Art moderne
Etat : Très bon état
Matière : Papier
Longueur : 14.5
Largeur : 25
Référence (ID) : 1677674
Disponibilité : En stock































