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Vierge à l'Enfant École italo-byzantine, Entourage des ateliers créto-vénitiens, vers 1450–1480
Belle icône ancienne représentant la Vierge à l’Enfant selon le type Hodigitria, exécutée en tempera sur panneau à fond d’or.
Cette magnifique Vierge à l'Enfant est une œuvre emblématique de l’école Venitienne ou Vénéto-Crétoise, datant du XVe siècle. Peinte sur un panneau de bois, à tempéra sur une base de craie broyée et à fond d'Or, cette icône religieuse témoigne de la richesse artistique et spirituelle de cette période charnière, où les influences byzantines et de la Renaissance vénitienne se rencontrent. L’œuvre, dans un état de conservation remarquable pour son âge, présente des signes d’usure naturelle (craquelures et légères abrasions sur les bords), qui ajoutent à son authenticité et à son charme historique.
La composition est typique des icônes de la Vierge à l'Enfant, ou Theotokos, dans la tradition byzantine. La Vierge, représentée de face, tient l’Enfant Jésus dans ses bras, dans une pose empreinte de tendresse et de solennité. Elle est vêtue d’un manteau brun foncé aux reflets dorés, orné de motifs étoilés symbolisant sa pureté et sa divinité. L’Enfant, assis sur son bras gauche, porte une tunique verte et un drapé rouge orangé, couleurs vibrantes qui contrastent avec la sobriété de la robe de la Vierge. Deux anges, placés dans les coins supérieurs de la composition, entourent la scène et ajoutent une dimension céleste, leurs ailes déployées et leurs gestes d’adoration renforçant le caractère sacré de l’ensemble. Le fond doré, typique des icônes byzantines, crée une aura lumineuse autour des figures, les isolant dans un espace divin et intemporel.
Les couleurs utilisées dans cette œuvre sont à la fois riches et symboliques, conformément aux conventions de l’art religieux de l’époque. Voici une analyse des teintes principales, avec leurs codes hexadécimaux approximatifs pour une meilleure visualisation :
- Or (#D4AF37) : Utilisé pour le fond et les auréoles, il symbolise la lumière divine et l’éternité.
- Brun foncé (#3F2A1D) : Présent dans le manteau de la Vierge, il évoque l’humilité et la terre, tout en contrastant avec le fond doré.
- Vert profond (#355E3B) : Couleur de la tunique de l’Enfant, il représente l’espérance et la vie.
- Rouge orangé (#E74C3C) : Utilisé pour le drapé de l’Enfant, il symbolise l’amour divin et le sacrifice.
Ce type de Vierge à l’Enfant était destiné à la dévotion privée ou à orner de petites chapelles, et sa taille compacte (29,4 x 29,6 cm) en fait un objet intime, conçu pour une contemplation rapprochée. La présence des anges et des motifs étoilés sur le manteau de la Vierge est un motif récurrent dans l’iconographie mariale, symbolisant sa position de Reine des Cieux.
L’œuvre est d’une grande finesse pour une production de cette époque et de cette école. La peinture sur panneau, bien que présentant des craquelures et des traces d’usure sur les bords, reste dans un état de conservation très satisfaisant. Les pigments ont conservé leur éclat, notamment les ors et les rouges, et les détails des visages, empreints de sérénité, témoignent du talent de l’artiste. Le panneau de bois, légèrement irrégulier, ajoute une authenticité matérielle à l’ensemble.
Le panneau mesure 29,4 cm de hauteur par 22,6 cm de largeur, des dimensions qui confèrent à l’œuvre une harmonie équilibrée. La forme rectangulaire, légèrement irrégulière en raison de l’âge, est typique des icônes portatives de l’époque
Datation comparative : vers 1450–1480.
Comparaison avec l’école créto-vénitienne (milieu du XVe siècle)
Cette icône présente de fortes analogies avec les productions issues des ateliers crétois actifs sous domination vénitienne :
Andreas Ritzos (actif vers 1450–1490)
même type de Vierge Hodigitria au port incliné,
visages allongés, regard intériorisé,
plis anguleux mais déjà souples,
fond d’or sobre, non décoratif.
Cette œuvre se situe dans l’entourage stylistique de ces ateliers, sans atteindre le raffinement d’un maître identifié, ce qui est cohérent avec une production d’atelier du troisième quart du XVe siècle.
2. Comparaison avec les Vierges italo-byzantines de Venise (vers 1450–1475)Proximité marquée avec :
les Madonne byzantinisantes vénitiennes conservées au Museo Correr,
les panneaux de dévotion privée produits pour les marchands et confréries.
Points communs :
absence de perspective Renaissance,
hiératisme tempéré,
chromatisme restreint et symbolique.
➡ Ces œuvres sont datées entre 1440 et 1480, période de transition encore très fidèle au canon byzantin.
3. Comparaison avec les icônes paléologues tardives (fin XIVe – début XVe)Différences notables avec les œuvres plus anciennes :
moins de rigidité frontale,
moins de graphisme linéaire excessif,
relation Mère-Enfant plus humaine.
➡ Ces éléments excluent une datation avant 1420.
4. Comparaison avec la peinture italienne du début XVIe siècleContrairement aux œuvres postérieures à 1500 :
pas de clair-obscur,
pas de modelé volumétrique Renaissance,
absence de profondeur spatiale.
➡ Ce constat exclut une datation après 1500.
Par comparaison stylistique avec les productions des ateliers créto-vénitiens et italo-byzantins actifs entre 1450 et 1480, cette tempera sur panneau à fond d’or s’inscrit pleinement dans le troisième quart du XVe siècle, période de transition entre tradition byzantine et influences occidentales.
La composition, d’un grand équilibre, associe hiératisme byzantin et douceur expressive, caractéristiques des ateliers italo-byzantins du milieu du XVe siècle. Les visages allongés, le regard intériorisé, les plis graphiques et la palette chaude confèrent à cette œuvre une présence spirituelle remarquable.
Le fond d’or bruni, les usures anciennes cohérentes et la qualité picturale attestent d’une ancienneté authentique et d’une œuvre de dévotion privée, destinée à la prière.
➡ École italo-byzantine, vers 1450–1480.
➡ Œuvre rare et recherchée, idéale pour collection d’art sacré ou oratoire.
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