Titre : La Déploration du Christ
Technique : Huile sur cuivre
Dimensions : 17 × 22 cm
Provenance : Anvers, Pays-Bas méridionaux
Datation : vers 1585–1605
Attribution : Atelier ou cercle direct de Frans Francken I (1542–1616), avec des affinités stylistiques avec les débuts de Frans Francken II (1581–1642).
Description technique :
Le tableau est exécuté sur une plaque de cuivre martelée à la main, d’environ 1 mm d’épaisseur, présentant au revers les marques caractéristiques d’outils. La présence d’une couche preparatoire brun-rouge à base de minium, située entre le support métallique et la couche picturale, confirme une production antérieure à 1605 typique des ateliers anversois. L’application des pigments est extrêmement fine, composée de glacis translucides sur un support métallique lisse, créant une surface précieuse et quasi émaillée. L’état de conservation général est très bon, avec un vernis uniformément vieilli et aucune surpeinture visible.
Iconographie et composition :
L’œuvre représente la Déploration du Christ, un sujet dévotionnel emblématique de la Renaissance tardive et du début du Baroque. Le Christ mort est soutenu par Nicodème et saint Jean, tandis que la Vierge, flanquée de Marie-Madeleine et de Joseph d’Arimathie, exprime une douleur contenue dans la prière. La composition conserve le calme symétrique des prototypes renaissants, tandis que la sensibilité émotionnelle et la richesse chromatique annoncent le Baroque. Une attention particulière est portée au rendu raffiné des textiles, des broderies métalliques et des bijoux — marques distinctives du savoir-faire maniériste anversois.
Analyse stylistique :
La technique d’exécution et la physionomie des figures se rapprochent étroitement des œuvres connues du cercle de Frans Francken I, notamment ses petits panneaux sur cuivre conservés dans des collections privées et publiques (par ex. Déploration du Christ, vers 1590, collection privée ; Adoration des Mages, Anvers). Le modelé délicat des carnations, les glacis doux et la retenue émotionnelle distinguent cette œuvre de l’approche plus dynamique et colorée de Frans Francken II après 1605. La surface lisse du cuivre et le goût du détail indiquent un maître familier des pratiques précoces de l’atelier Francken, peut-être assisté de jeunes collaborateurs, dont le fils de l’artiste.
Contexte historique et artistique :
À la fin du XVIᵉ siècle, les peintres anversois adoptent de plus en plus le support en cuivre pour les petits panneaux dévotionnels destinés à l’exportation. Ces œuvres combinaient l’éclat technique de surfaces proches de l’émail avec la préciosité de la peinture miniature. Cet exemple est typique de cette tradition, unissant la clarté compositionnelle héritée de la Renaissance à la piété tendre des images de la Contre-Réforme.
État de conservation :
Le tableau est remarquablement bien conservé pour son âge. De fines craquelures de surface et une patine uniforme, conformes au vieillissement naturel, sont visibles. La plaque de cuivre est plane, sans déformation ni corrosion notable. Le revers présente une oxydation stable typique des panneaux de cuivre anciens.
Conclusion :
Cette œuvre constitue un exemple de grande qualité de la peinture anversoise sur cuivre vers 1590–1600, réalisée dans la sphère directe de Frans Francken I. Elle illustre la transition entre le raffinement Renaissance de Maarten de Vos et la sensibilité baroque naissante incarnée par la famille Francken. Sa qualité technique, son iconographie et son état de conservation en font un représentant significatif des premières peintures flamandes fines sur cuivre.





























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