Galerie de Florence et du Palais Pitti
Gravure originale à l’eau-forte et au burin
Paris, entre 1789 et 1807
Ce somptueux feuillet double présente l’un des chefs-d’œuvre de la statuaire antique : le groupe de Psyché et l’Amour, immortalisé ici dans une gravure d’interprétation d’une grande finesse. Cette œuvre illustre avec grâce le mythe grec de Psyché, jeune mortelle d’une grande beauté, et de Cupidon, dieu de l’amour.
L’épisode représenté est celui de leur réconciliation triomphale, après de nombreuses épreuves imposées par Vénus à Psyché. Dans cette scène empreinte de tendresse, les deux figures s’étreignent dans une pose d’un naturel saisissant, à la fois pudique et sensuelle. Psyché, debout, lève doucement le visage vers son amant. Cupidon, ailes déployées, entoure délicatement sa bien-aimée dans une posture protectrice. Leurs corps juvéniles sont modélisés avec un grand soin du détail : souplesse des lignes, rondeur des muscles, drapé fluide – tout participe à une esthétique de l’idéal néo-classique, où l’humanité rencontre le divin.
Une œuvre chargée de symboles :
Psyché incarne l’âme humaine, éprouvée par la souffrance mais promise à la beauté et à la lumière. L’union de Psyché et de l’Amour devient alors allégorie de l’élévation de l’âme par l’amour, thème cher aux philosophes néoplatoniciens et à l’esthétique du XVIIIe siècle. L’œuvre fascina les artistes et les penseurs de l’époque, et fut gravée à plusieurs reprises. On retrouve une copie antique de ce groupe au Musée du Capitole à Rome, ce qui témoigne de son prestige et de son influence dans l’histoire de l’art.
En complément :
Le bas de la planche est orné de deux médaillons gravés représentant des scènes issues de la mythologie antique :
• Jupiter enlevant Europe, d’après l’Idylle XIX attribuée à Théocrite : Europe, surprise par le dieu transformé en taureau, est enlevée par-delà les mers.
• Jupiter foudroyant un Titan, inspiré des récits homériques : un titan géant est frappé par la foudre divine, incarnant la toute-puissance des Olympiens sur le chaos primitif. Ces deux vignettes sont tirées de sardoine gravée (gemmes antiques), que les graveurs du XVIIIe siècle ont reproduites avec une grande exactitude.
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Détails techniques :
• Dimensions de la feuille : 54 x 38 cm environ
• Technique : Eau-forte et burin sur papier vélin d’Annonay
• Publication : Extrait de l’ouvrage « Tableaux, Statues, Bas-Reliefs et Camées de la Galerie de Florence et du Palais Pitti », publié à Paris de 1789 à 1807
• Artistes :
• Dessin : Jean-Baptiste Wicar
• Gravure : Claude-Louis Masquelier
• Direction artistique : P.-F.-L. Fontaine
• Texte explicatif : Mongez l’aîné
État de conservation :
Papier épais d’origine avec grandes marges, non rogné. Deux taches d’humidité visibles (une au sommet, une en bas à gauche) sans altération de l’image ni du texte. Très bel encrage, gravure parfaitement lisible, beau contraste.
Provenance :
Importante entreprise éditoriale commandée sous la Révolution pour diffuser en France les chefs-d’œuvre antiques conservés aux Offices de Florence et au Palais Pitti, alors propriété des Médicis.






























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