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Le Christ Au Roseau, Charles Bazin 1849
Le Christ au roseau,
Huile sur toile, signée et datée en bas à gauche : Charles Bazin / 1849
Né en 1802, Charles Bazin fut un peintre et graveur formé dans la grande tradition académique française. Élève de Jean-Baptiste Regnault, il s’inscrit dans la descendance des grands maîtres néo-classiques, mais à l’instar d’autres artistes religieux de la monarchie de Juillet et du Second Empire, il intègre dans son œuvre une sensibilité romantique mesuree, très marquée par le goût du sacré, la douceur du trait et la limpidité des compositions.
Bazin est surtout connu pour ses portraits officiels, ses reproductions gravées de maîtres anciens, et un corpus plus restreint mais très soigné de peintures religieuses, dont ce Christ au roseau constitue un parfait exemple.
Il expose au Salon dès 1827, et plusieurs de ses œuvres sont remarquées par la critique de l'époque. .
À une époque où l’art religieux français oscille entre le rigorisme académique hérité de David et l’expressivité spirituelle inspirée du romantisme chrétien (Delacroix, Ary Scheffer, Flandrin), Bazin occupe une position médiane, profondément respectueuse des canons classiques, tout en laissant transparaître une tendresse dans le traitement des visages, ce qui est particulièrement vrai dans le visage du Christ au yeux délicatement mouillés de larmes .
Il décède en 1859, laissant une œuvre modeste en nombre mais significative dans la tradition picturale religieuse de son siècle.
Ce Christ au roseau de 1849 montre le Sauveur dans un moment douloureux et de résignation. Couronné d’épines, vêtu du manteau rouge de dérision, il tient un roseau dans une main, les poignets liés par une corde. Le regard est dirigé vers le spectateur, empreint d’une grande douceur, loin du tragique violent de certaines représentations baroques.
L’éclairage — un halo lumineux doré autour de la tête, fondu dans un fond sombre — évoque la transcendance, tandis que la chair, le drapé et les mains sont traités d’une manière naturaliste .
La palette est restreinte mais raffinée : rouges profonds, ocres dorés, carnations laiteuses, verts assourdis.
Le tableau est silencieux, méditatif, typique des commandes privées de la bourgeoisie ou du clergé à la veille du Second Empire.
En 1849, la France est en pleine recomposition politique (Seconde République), mais aussi spirituelle : on assiste à un renouveau catholique, porté notamment par le romantisme religieux et un retour aux grands sujets de la Passion. Des peintres comme Hippolyte Flandrin, Henri Lehmann, ou Louis Janmot proposent un art sacré dépouillé de l’emphase du XVIIIe siècle.
Charles Bazin s’inscrit pleinement dans ce courant, avec une manière académique mais non sensible, accessible aux sensibilités de l’époque.
Cette œuvre, datée de 1849, peut parfaitement avoir été destinée à une chapelle privée, un salon bourgeois catholique, ou une institution ecclésiastique.
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