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Canthare Aux « Masques Bachiques » Du Trésor De Bernay

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Canthare aux « masques bachiques » du Trésor de Bernay.
Métal argenté.
France.
1850.
h. 15 cm ; d. 19,5 cm.


Le 21 mars 1830, un cultivateur du Villeret, Prosper Taurin, labourait pour la première fois un champ qu’il venait d’acheter, à 300 mètres au sud de son habitation, et qui porte au cadastre de Berthouville le n° 17, section F. Il remarquait, non sans dépit, que le sol arable était parsemé de menus débris de tuiles, de stuc, de tessons et même de pierres travaillées, lorsque soudain sa charrue heurta violemment un obstacle sous-jacent. […] C’étaient des vases intacts ou mutilés, des anses et des pieds dessoudés, des débris informes et souillés de glaise, en un métal noirâtre, luisant et fragile, qui, après examen, paraissait bien décidément être de l’argent.

Ce canthare dit « masques bachiques » est un fac-similé galvanoplastique édité par la maison Christofle & Cie vers 1850, d’après l’un des précieux objets de ce Trésor de Bernay, découvert en 1830 près de Berthouville. Les canthares étaient des vases à boire, et l’on évoque parfois ces mots d’Eratosthène, disant que les cotyles (qui sont un type de canthare) sont les plus beaux de tous les vases et les plus commodes à boire

Au-dessus d’un bas-relief de feuillages, ce canthare est orné de feuillages, de masques de satyres, de bacchantes, jeunes et vieux, priapes hermaïques disposés symétriquement, parmi des vases, un thyrse, pedum, cymbalum, des corbeilles, pampres, et autres objets bacchiques, le tout sous les rameaux d’un if et d’un chêne desséchés.

Une partie des objets constituant le trésor semble avoir été fait localement, probablement à destination du sanctuaire dédié à Mercure où ils ont été enterrés au IIIe siècle. D’autres étaient d’origine romaine, parfois transmis en héritage, et offert par les élites romaines affectées en Gaule, dont un certain Quintus Domitius Tutus, à qui appartenait l’original de ce canthare, ce que l’on sait grâce à une inscription publiée en 1916.
L’édition du trésor de Berthouville étant largement antérieure à la publication par Ernest Babelon de la dédicace à Quintus Domitius Tutus, tracée au pointillée au-dessous de la lèvre du vase, cette dernière n’est pas ici visible. Les parties mutilées sur l’original, conservé au Cabinet des Médailles de la Banque National de France, sont corrigées sur l’édition par Christofle.

Sources

Edmond Pottier, dans Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, Paris, 1887.

Henry Havard, Histoire de l’orfèvrerie française, Paris, 1896.

Ernest Babelon, Le Trésor d’argenterie de Berthouville, près Bernay, Paris, 1916.

Kenneth Lapatin (ed.), The Berthouville Silver Treasure and Roman Luxury, Los Angeles, 2014.

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