Quand j'avais dix ans, dans le dernier tiers du XXe siècle, le quartier des antiquaires n'existait pas encore à Versailles. Il y avait tous les week-ends, autour du passage de la Geôle, un marché aux puces où j'allais souvent traîner mes guêtres. J'aimais bien un certain marchand, un peu margoulin et très gouailleur, qui sifflait tout le temps. Un jour, j'ai eu assez de sous pour lui acheter un vieux casque Adrian. Tout fier de ma trouvaille, je suis rentré à la maison. Mon grand-père, qui était un ancien poilu de 14, était là ce dimanche. Il était allé couper deux roses au jardin, et il buvait tranquillement son café dans un vieux mazagran. J'ai posé mon trésor sur ses genoux, et j'ai vu avec stupeur une larme couler sur sa joue. J'ai compris, ce jour-là, la force prodigieuse des objets.
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Thuriot Antiquaire Passeur de patrimoine depuis 2005