Estampe japonaise de Yoshitoshi : Lune d'aube du quartier des théâtres
Shibaimachi no Akatsuki
1886
Xylographie (Nishiki-e, 328 x 223 mm (feuille : 371 x 252 mm) Oban.
Epreuve n°43 de la suite : Tsuki No hyakushi (Les cent aspects de la lune).
Graveur Enkatsu, sceau Taiso.
Courte déchirure dans la marge du bas anciennement restaurée
« Cette estampe offre un instantané du petit matin dans le Shibaimachi, le « quartier des théâtres ».
Outre ses trois théâtres de kabuki, le secteur fourmillait de restaurants et d'ochaya, maisons de thé où les spectateurs venaient, après la pièce, chercher une distraction d'une autre nature.
En 1841, l'un des deux quartiers des théâtres d'Edo brûla, et un édile puritain en interdit la reconstruction - c'était aussi le temps des restrictions imposées à l'ukiyo-e en termes de sujets et de couleurs. Tous les théâtres de la ville - dont les théâtres de marionnettes - finirent par être transférés à Asakusa, un quartier excentré vers le nord.
Théâtres et maisons de thé s'alignaient désormais de part et d'autre d'une large alléc, longue de trois cents mètres environ. Sans être cerné de murs comme le Yoshiwara ou d'autres quartiers de plaisir, le secteur avait sa porte spéciale, et formait un monde bien à part.
Les deux silhouettes cubiques qui couronnent l'arrière-plan sont des yagura, tourelles en forme de cages construites au-dessus de l'entrée de chacun des trois théâtres de kabuki du quartier. Elles servaient à l'origine à faire la réclame des spectacles au son d'un tambour. Vers 1818, elles devinrent de purs ornements architecturaux, décorés de l'emblème des théâtres.
Eriger un yagura revenait à établir un nouveau théâtre.
La coiffure de cette beauté et ses dents teintes en noir suggèrent que la damne est mariée. Sa toilette à la mode, son geste et sa bouche entrouverte respirent la coquetterie. Sa lèvre inférieure est peinte de vert « sasairobeni » ou rouge couleur « d'herbe à échasses », ainsi nommé parce qu'il reproduit l'aspect bicolore de cette plante d'Asie : d'abord vert lorsqu'il est dans son pot, le pigment donne un rouge profond lorsqu'on l'applique en une ou deux couches et développe au fil des passages superposés une iridescence verte. L'effet était très recherché, comparé aux reflets d'un magnifique coléoptère appelé tamamushi, « insecte-gemme ». Sans doute prisait-on le contraste du vert foncé et du rouge vif, en lien avec la fascination du Japon pour l'ombre et la lumière.
Cette bijin se détache d'un fond mauve d'une aurore gagnant le ciel, où s'attardent la lune gibbeuse et quelques chauves-souris en vol vers leur repaire diurne.iạii
In : CENT ASPECTS DE LA LUNE, John STEVENSON, 2018, Editions Citadelles et MAZENOD
La suite des « Cent aspects de la lune », inspirée de récits historiques ou légendaires de la Chine et du Japon, est la plus célèbre série de Yoshitoshi commencée en 1885 et terminée juste avant sa mort en 1892. A l'époque déjà, chaque nouvelle estampe publiée était un événement, les tirages s’épuisant bien souvent dès le matin de leur parution.
Dimensions Millimètres (mm) Gravure (Sujet) 328 × 223 mm Hauteur 12.9 in • Largeur 8.8 in
Feuille (Papier) 371 × 252 mm Hauteur 14.6 in • Largeur 9.9 in
Epoque : 19ème siècle
Style : Art d'Asie
Etat : Bon état
Matière : Papier
Largeur : 252 mm
Hauteur : 371 mm
Référence (ID) : 1849658
Disponibilité : En stock



























