Statue anthropomorphe féminine en bois polychrome - Pérou, côte nord, Chimú - v 1100-1470
Statue anthropomorphe féminine en bois polychrome – Pérou, côte nord, style Chimú, Période intermédiaire récente (vers 1100-1470)
Grande figure féminine debout, taillée dans un seul bloc de bois dur, dans une forme de planche épaisse : large de face, étroite de profil.
La tête plate, en spatule, occupe près d’un tiers de la hauteur. Son sommet horizontal évoque une coiffe ou un bandeau frontal, fermé par une ligne noire à hauteur des sourcils. Le visage porte un masque peint en rouge terreux mat, découpé en trapèze, d’où se détache un nez rectangulaire en saillie qui forme un T avec l’arcade. Les yeux sont peints en blanc, cernés de noir, avec une pupille en amande. Deux bandes noires obliques descendent de chaque œil vers la mâchoire : peinture faciale rituelle ou « larmes ». La bouche est un ovale creusé où les dents, taillées en relief, sont rehaussées de blanc. Les tempes sont percées à l’emplacement des oreilles, sans doute pour fixer des ornements aujourd’hui disparus. Le front porte aussi une perforation.
La tête repose directement sur des épaules carrées. Les bras sont réduits à des moignons collés au torse. Les avant-bras se projettent vers l’avant et se terminent par une mortaise : ils recevaient des mains ou un attribut rapportés. Le bas-ventre forme un triangle en relief, marqué d’une incision verticale qui figure la vulve et désigne clairement une figure féminine. Les jambes sont longues, séparées par un évidement net, et reposent sur des pieds massifs à disques. Le dos est plat, comme il convient à une figure destinée à être vue de face, dans une niche ou une sépulture. Il porte plusieurs chevilles de bois affleurantes.
Patine d’ancienneté homogène. Sous les genoux, le bois est plus gris et plus érodé, ce qui suggère un enfouissement partiel prolongé. Pourriture ancienne en cubes sur un côté de la tête, fentes de retrait et manques visibles. Présentée sur un socle moderne.
Sa typologie rapproche cette figure des statues de gardiens et de préposés funéraires de la culture Chimú. La plus célèbre est la statuette du Musée Art & Histoire de Bruxelles (inv. AAM 5713), d’une hauteur presque identique (55 cm). Le conservateur Henri Lavachery l’avait achetée à Lima en 1934 et exposée l’année suivante. Hergé en fit le célèbre fétiche arumbaya de L’Oreille cassée, l’objet volé au musée qui lance la cinquième aventure de Tintin. On peut aussi la rapprocher de la figure du Museum of Fine Arts de Houston (inv. 2001.1149, 55,9 cm) et de celles du Metropolitan Museum de New York (inv. 1979.206.346).
Hauteur : 57 cm
Provenance (voir la dernière photo)
Collection Armand Avril (1926-2025), peintre et sculpteur lyonnais.
Né à Lyon en 1926, Armand Avril découvre sa vocation artistique après la Seconde Guerre mondiale. Initié à l’art, à la peinture et à l’art africain par son père qui était membre de l’avantgarde artistique Lyonnaise des années 1930, il est néanmoins autodidacte.
Après une jeunesse de rugbyman, il développe une œuvre singulière, saluée dès ses débuts par le galeriste Paul Gauzit, qui y voyait déjà une création « marquée par les arts primitifs, intemporelle ». Le critique Jean-Jacques Lerrant écrivait qu’Avril rendait « au bois, au liège, plus que leur noblesse, leur bizarrerie ». Aujourd’hui, les œuvres d’Armand Avril figurent dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Lyon, où elles sont présentées dans le parcours consacré aux Modernes et dans les meilleures collections privées, comme chez le regretté Jacques Gairard ou encore chez Antoine de Galbert.
Epoque : Antérieure au 16ème siècle
Style : Art Premier
Etat : Bon état
Matière : Bois peint
Hauteur : 57
Référence (ID) : 1842020
Disponibilité : En stock






































