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Bruxelles 1831-1868, couronne de baton de confrérie, argent massif, Saint-Nicolas

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Bruxelles 1831-1868, couronne de baton de confrérie, argent massif, Saint-Nicolas
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Sommet de bâton de confrérie en argent massif représentant Saint-Nicolas
Belgique, bureau de garantie de Bruxelles, 1831–1868

Ce couronnement de bâton en argent massif représente Saint-Nicolas debout, revêtu de ses ornements épiscopaux. Le saint tient de la main gauche une longue crosse à volute et étend la main droite dans un geste de bénédiction. À ses pieds, trois enfants réunis dans un baquet permettent de reconnaître son iconographie traditionnelle. Ils évoquent la légende médiévale selon laquelle Saint-Nicolas aurait rendu la vie à trois enfants tués et placés dans un saloir par un boucher.

Le visage barbu, encadré de cheveux ondulés, est coiffé d’une haute mitre ornée d’une croix rayonnante se détachant sur un fond amati. Les vêtements présentent un décor particulièrement soigné : longs plis verticaux, bordure imitant la dentelle, étole gravée de rinceaux et terminée par des croix. Une ample chape enveloppe la silhouette. Elle est enrichie d’un semis de fleurs à tiges feuillues, de galons à motifs triangulaires hachurés et d’une bordure frangée.

Le revers reçoit la même attention décorative. Sous les deux fanons de la mitre apparaît un œil inscrit dans un triangle rayonnant, symbole de la Providence divine. Le soin apporté à toutes les faces convient à un objet destiné à être vu dans un cortège. La figure repose sur une terrasse circulaire au relief irrégulier et au fond ponctué, évoquant un sol naturel. Sous cette terrasse, une douille évasée permettait de fixer l’ensemble au sommet d’une hampe.

La douille porte les poinçons belges de titre et de garantie employés entre 1831 et 1868 : le poinçon au double visage de Janus, correspondant au second titre d’argent de 800 millièmes, et la tête casquée de Minerve portant la lettre du bureau de Bruxelles. Un poinçon de fabricant, moins nettement imprimé, laisse distinguer une majuscule T accompagnée de deux grains de remède. Sa lisibilité ne permet pas une identification certaine. 

Cet objet constitue le sommet d’un bâton de confrérie. Ces bâtons étaient les emblèmes d’une communauté religieuse, d’une association de prière ou d’une confrérie de métier placée sous la protection d’un saint patron. Selon les usages locaux, ils étaient portés par le président, le doyen ou un membre investi d’une charge particulière, devant les représentants de l’association lors des cérémonies et des processions, dans l’église comme dans les rues de la paroisse. Ils manifestaient ainsi la dignité de leur détenteur et l’identité collective du groupe.

Saint-Nicolas fut évêque de Myre, en Lycie, dans l’actuelle Turquie, au IVe siècle. Les faits assurés concernant sa vie sont peu nombreux ; les traditions chrétiennes insistent surtout sur sa générosité envers les pauvres, son secours aux innocents injustement condamnés et sa protection des voyageurs. Déjà développé en Orient, son culte connaît un essor considérable en Occident après le transfert de ses reliques à Bari en 1087. À partir du XIIe siècle, il devient l’un des saints les plus populaires de l’Europe chrétienne. Sa dévotion s’enracine dans les anciens Pays-Bas, en France — particulièrement en Lorraine —, dans les régions germaniques, en Italie et en Espagne, où il est souvent appelé San Nicolás de Bari. Dans nos régions, sa fête du 6 décembre conserve une importance exceptionnelle, notamment auprès des enfants et des écoliers. (nominis.cef.fr⁠, res.friportail.ch⁠, culturadearagon.es⁠, cipar.be⁠)

À Bruxelles, l’ancienneté de cette dévotion est illustrée par l’église Saint-Nicolas, située rue au Beurre, la plus proche de la Grand-Place. Ses origines remontent aux environs de 1125, soit près de neuf siècles. Fondé au cœur du quartier marchand, à proximité des marchés et de l’ancien port sur la Senne, ce sanctuaire témoigne de l’importance du patronage de Saint-Nicolas sur les commerçants et les bateliers dans la tradition bruxelloise. (collections.heritage.brussels⁠, monument.heritage.brussels⁠)

Pour situer la destination possible de ce bâton belge du milieu du XIXe siècle, plusieurs patronages historiques régionaux méritent d’être retenus : ceux des bateliers et mariniers, des marchands et de certains groupes de merciers, mais également des avocats, particulièrement à Mons. Ce dernier rapprochement présente un intérêt particulier pour un bâton de dignitaire : la tradition du bâton de Saint-Nicolas porté par le représentant d’une confrérie d’avocats est à l’origine du titre de « bâtonnier ». Le patronage des bateliers est, quant à lui, illustré par des pièces d’orfèvrerie anciennes conservées à Namur. (rw.be⁠, barreaudemons.be⁠, collections-museedesartsanciens.be⁠, collections.heritage.brussels⁠)

Une confrérie de bouchers ou de tonneliers peut également être envisagée, ces métiers ayant compté Saint-Nicolas parmi leurs protecteurs selon les traditions locales. Ces rapprochements ne permettent toutefois pas d’identifier précisément l’association à laquelle appartenait ce couronnement. Une confrérie paroissiale vouée à Saint-Nicolas, sans appartenance professionnelle commune, demeure tout aussi possible. Les trois enfants dans leur baquet constituent l’attribut habituel du saint et ne désignent pas, à eux seuls, un métier particulier. (cipar.be⁠)


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