Fourchette de cannibale - Bulutoko - Fidji, île de Viti Levu - Fin du XIXe siècle
Fidji, île de Viti Levu – Fourchette cérémonielle « bulutoko » à quatre dents en bois gravé
Fourchette cérémonielle à quatre longues dents effilées, sculptée dans un bois dur à patine sombre, profonde et brillante. La tête, renflée en bulbe, porte une frise incisée en dents de scie et se sépare du manche par une bague annulaire saillante. Le manche, en forme de fuseau, est entièrement gravé : des registres verticaux de chevrons et de dents de loup, encadrés de filets, sont interrompus à mi-longueur par une bande horizontale à motif d’épi ou de fougère. L’extrémité se termine par un talon discoïdal.
Objet réservé aux prêtres et aux chefs, investis d’un mana trop puissant pour toucher la nourriture à main nue.
Belle patine d’usage, petites traces de manipulation et légères égrenures au fond des incisions. Bon état général.
36 cm de long
Fin XIXe – début XXe siècle
Fidji, île de Viti Levu - Collection privée de la Nièvre
La fourchette des hommes sacrés
Les fourchettes fidjiennes portent le nom générique d’i cula ni bokola. Les Européens les ont longtemps appelées « fourchettes de cannibale ». La forme à quatre dents est la plus caractéristique de ces instruments. Le terme bulutoko est un mot dialectal : selon une information de Fergus Clunie consignée par le musée d’archéologie et d’anthropologie de Cambridge, il appartient au parler du Nadroga, au sud-ouest de Viti Levu, et s’employait probablement aussi dans le Navosa et l’intérieur de l’île.
Leur usage relève du tabu (tapu). Le corps d’un chef ou d’un prêtre était chargé de mana, et ses mains sacrées ne devaient pas entrer en contact avec la nourriture. On le nourrissait, ou bien il se servait de ce type d’instrument. La tradition associe ces fourchettes à la consommation rituelle de chair humaine, liée à la guerre et aux sacrifices. Le musée de Cambridge conserve d’ailleurs un exemplaire saisi vers 1876 dans des grottes du Wainibuka, à Viti Levu, avec les restes d’un homme dévoré par ses ravisseurs. Elles étaient toutefois d’abord un signe du statut sacré de leur détenteur. Avec la christianisation de l’archipel au XIXe siècle, elles ont perdu leur fonction rituelle et sont devenues des objets recherchés par les voyageurs et les collectionneurs.
Epoque : 19ème siècle
Style : Art Premier
Etat : Très bon état
Matière : Bois massif
Longueur : 36
Référence (ID) : 1840765
Disponibilité : En stock




































