petite commode de salon dite chiffonnière, en placage de citronnier et d’amarante, fin XVIIIe
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petite commode de salon dite chiffonnière, en placage de citronnier et d’amarante, fin XVIIIe

Travail parisien, fin de l'époque Louis XVI, début du Directoire.

Petite commode de salon dite chiffonnière, de belles proportions ramassées, ouvrant en façade par trois tiroirs superposés et reposant sur quatre pieds fuselés.

Elle présente un élégant contraste de placages de citronnier, vraisemblablement de Saint-Domingue, et d'amarante. Les panneaux de citronnier, aux tonalités dorées et aux veinages ondés et moirés, sont encadrés d'amarante et soulignés de fines baguettes de cuivre. Cette composition géométrique se poursuit sur les côtés ainsi que sur la face arrière, également entièrement plaquée de bois précieux, permettant d'envisager une disposition du meuble indépendante d'un mur.

L'association du citronnier et de l'amarante est caractéristique des recherches décoratives de l'ébénisterie parisienne de la seconde moitié du XVIIIe siècle, particulièrement développées durant les dernières décennies du règne de Louis XVI. Elle se retrouve dans les productions de plusieurs ébénistes reconnus, notamment Claude-Charles Saunier, Adam Weisweiler, Étienne Levasseur et Pierre Garnier.

Plusieurs meubles conservés dans les collections nationales témoignent de cet emploi, notamment une table à écrire estampillée Adam Weisweiler, vers 1785-1790, conservée au musée du Louvre, ainsi qu'un bonheur-du-jour d'époque Louis XVI appartenant aux collections du Mobilier national. Cette association se prolonge au tournant du XIXe siècle, comme en témoigne le mobilier du salon de Madame Récamier, vers 1800, attribué aux frères Jacob et conservé au Louvre, associant l'espénille de Saint-Domingue, également appelée citronnier de Saint-Domingue, à l'amarante.

La qualité de fabrication constitue l'un des principaux intérêts de cette commode. Les quatre montants ont été entièrement plaqués sur leurs différentes faces, y compris celles devenues invisibles après assemblage. Préparés indépendamment avant leur intégration à la caisse, ils présentent des arêtes garnies de baguettes continues en amarante massif incrusté, se prolongeant jusque dans les pieds. Cette méthode de fabrication particulièrement soignée témoigne de l'attention portée à la préparation des éléments et à la solidité des arêtes.

Les placages anciens conservent une épaisseur remarquable, estimée entre 2 et 2,5 mm, témoignant de la qualité des matériaux employés et de leur mise en œuvre.

Le bâti est en chêne, avec des panneaux de côtés et de fond en résineux. Les trois tiroirs sont entièrement construits en chêne, façades comprises, assemblés à queues d'aronde, avec des fonds coulissant dans des rainures. Le cadre supérieur, dissimulé sous le marbre, présente également des assemblages à queues d'aronde apparentes aux quatre angles.

La commode conserve ses poignées mobiles à dessin géométrique, sur attaches polygonales, ainsi que ses serrures d'origine. Les entrées de serrure ovales sont postérieures et remplacent les anciennes entrées encastrées en laiton. Elle est coiffée d'un marbre noir coquillé.

Par la sobriété de ses lignes, le contraste de ses essences et la qualité de son ébénisterie, cette petite commode s'inscrit dans les productions parisiennes de la fin du XVIIIe siècle, avec des rapprochements possibles avec les réalisations de Claude-Charles Saunier, sans qu'une attribution puisse être établie en l'absence d'estampille.

Dimensions prises au marbre :
Hauteur : 75,5 cm
Largeur : 56,5 cm
Profondeur : 39,5 cm
2 200 €

Epoque : 18ème siècle

Style : Louis XVI - Directoire

Etat : Bon état

Référence (ID) : 1837481

Disponibilité : En stock

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3 grande rue
La Chapelle-sur-Oreuse 89260, France

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