Enclume de Forgeron Epoque Révolutionnaire
Cette pièce est une enclume historique de forgeron ou de taillandier fabriquée sous la Révolution française ou l'Empire. Ses inscriptions et ses marques décoratives racontent précisément son origine géographique et son histoire.
1. L'inscription principale (Table supérieure)
Déchiffrage des petits cartouches sur les pieds Les deux renforcements quadrangulaires forgés à la base de l'enclume, appelés « pieds » ou « talons », comportent des marquages enfoncés à chaud très caractéristiques. On remarque qu'ils sont divisés horizontalement en deux lignes bien distinctes :
Dimensions 46 cm de haut x 33 x 24 cm, plus de 60 Kg
Bon état d'usage
1. L'inscription principale (Table supérieure)
- « PINGAT » : Il s'agit du patronyme du propriétaire d'origine (ou du maître de forge) pour qui l'enclume a été forgée. Le nom Pingat est une famille historiquement implantée et très représentée dans la commune d'Autricourt (Côte-d'Or). Un François Pingat a d'ailleurs été maire de la commune au début du XIXe siècle (de 1830 à 1834).
- « AUTRICOURT » : Indique le lieu d'activité de la forge, situé à Autricourt en Côte-d'Or (Bourgogne). Le village possédait une tradition métallurgique liée aux forêts et aux cours d'eau de la région (vallée de l'Ource).
- « L AN 10 » : Cette inscription fait directement référence au Calendrier républicain (ou révolutionnaire). L'An X de la République correspond à la période allant du 23 septembre 1801 au 22 septembre 1802, sous le Consulat de Napoléon Bonaparte. C'est l'année exacte de fabrication de l'enclume.
- La croix pattée (à droite d'Autricourt) : Ce type de croix gravée à l'extrémité est une marque de protection traditionnelle courante sur les enclumes de cette époque. Elle servait à "bénir" l'outil de travail ou pouvait faire écho à d'anciennes distinctions de métiers/compagnonnages locaux.
- Les arcatures géométriques (sous la table) : Le design de la base de la table (les deux demi-cercles inversés ornés de petites incisions décoratives) est typique du savoir-faire des taillandiers du XVIIIe et début du XIXe siècle, qui apportaient un soin hautement esthétique aux outils professionnels prestigieux.
- Les cartouches de la base (Pieds) : Les empreintes rectangulaires frappées à chaud sur les pieds de l'enclume (qui semblent indiquer des initiales ou des chiffres d'inventaire comme « L... / P... ») représentent soit le poinçon du fabricant de l'enclume (le taillandier), soit des marques de poids de l'époque en livres.
Déchiffrage des petits cartouches sur les pieds Les deux renforcements quadrangulaires forgés à la base de l'enclume, appelés « pieds » ou « talons », comportent des marquages enfoncés à chaud très caractéristiques. On remarque qu'ils sont divisés horizontalement en deux lignes bien distinctes :
- Le pied gauche :
- Ligne supérieure : « I . P I N G A T » ou « L . P I N G A T ». La première lettre est un I ou un L archaïque (souvent utilisé pour Jean ou Louis à l'époque). On retrouve ici l'initiale du prénom suivie du nom de famille de l'artisan/meunier propriétaire (Pingat).
- Ligne inférieure : « A . A U T R I C O U R T ». Cette ligne répète le lieu de la forge (A Autricourt), ce qui servait de signature d'ancrage et prouvait la propriété locale de l'outil pour éviter les vols ou les réquisitions fréquentes durant les troubles de la période révolutionnaire et napoléonienne.
- Le pied droit :
- Il comporte un poinçon similaire, structuré à l'identique (Nom en haut / Ville en bas), qui fait office de double marquage de sécurité.
- L'absence de bigornes pointues (Typologie « en bloc ») :
Contrairement aux enclumes de maréchal-ferrant classiques qui possèdent une bigorne ronde (conique) et une bigorne carrée (pyramidale) très saillantes sur les côtés, cette enclume se présente sous la forme d'un bloc massif très compact. Ses extrémités latérales s'évasent simplement en biseau. - Les rainures ou cannelures transversales (Sur la table) :
On observe deux lignes creuses parallèles (ou moulures en creux) qui traversent la largeur de la table de frappe. Ces rainures transversales ne sont pas des accidents d'usure, mais des outils intégrés. Elles servaient de gouttières de formage à chaud. L'artisan y plaçait ses tiges ou bandes de fer pour leur donner une courbure semi-circulaire ou calibrer des épaulements réguliers à coups de marteau. - Le trou cylindrique vertical (L'œil) :
Visible dans le coin supérieur droit de la table , il s'agit du trou d'étampe ou « trou de dégorgement ». Il permettait de perforer le fer à chaud (passer des poinçons) ou d'y insérer de petits outils d'enclume interchangeables (comme des tranchets ou des tas).
Dimensions 46 cm de haut x 33 x 24 cm, plus de 60 Kg
Bon état d'usage
1 200 €
Epoque : 19ème siècle
Style : Louis XVI - Directoire
Etat : Bon état
Matière : Fer forgé
Référence (ID) : 1831403
Disponibilité : En stock
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