Rare paire de grands reliquaires des catacombes romaines – reliques extraites en 1661
Rare paire de grands reliquaires des catacombes romaines – reliques extraites en 1661
Exceptionnelle et très rare paire de grands reliquaires conservant un important ensemble de matières reliquaires anciennes provenant, selon leurs inscriptions manuscrites, des cimetières paléochrétiens de Rome et « extraites en 1661 ».
Au-delà de leur caractère spectaculaire, ces deux objets constituent un remarquable témoignage matériel de l’histoire du culte des martyrs et de la redécouverte des catacombes romaines à l’époque moderne.
Description
Des reliques provenant de la Rome souterraine
Sur la paroi extérieure de chacun des vases est appliquée une grande croix rayonnante en papier peint, formant étiquette reliquaire et documentant les matières conservées à l’intérieur. Les inscriptions manuscrites portées sur ses différentes branches précisent la nature du contenu ; on y lit notamment « Cendres », « des corps » et « de Saintes Martyres ».
Dans la partie inférieure de chaque vase est également apposée, à l’extérieur du verre, une importante notice manuscrite ancienne.
De contenu concordant sur les deux exemplaires, ces étiquettes documentent la provenance des matières reliquaires et portent la mention essentielle : « extraites en 1661 ». Elles citent notamment les cimetières romains de Priscille et de Cyriaque, ainsi que Sainte-Agnès-hors-les-Murs et Saint-Laurent-hors-les-Murs.
Ces indications donnent à l’ensemble une dimension documentaire particulièrement intéressante.
Rome, 1661 : le temps des « corps saints »
La date inscrite sur les deux reliquaires replace ces matières dans un épisode majeur de l’histoire religieuse européenne.
À partir de la redécouverte des catacombes romaines à la fin du XVIe siècle, les cimetières souterrains des premiers chrétiens devinrent d’importants lieux de recherche et d’extraction de reliques.
Des restes considérés comme appartenant aux premiers martyrs furent prélevés sous contrôle ecclésiastique, authentifiés puis distribués à des églises, communautés religieuses et bénéficiaires à travers le monde catholique.
Ces reliques sont aujourd’hui étudiées sous l’appellation de « corpi santi », ou « corps saints des catacombes ».
La date de 1661 portée par les deux notices est particulièrement remarquable : elle correspond pleinement à cette période d’extractions romaines.
Des documents d’époque attestent précisément des prélèvements de reliques effectués au cimetière de Priscille cette même année, sous le pontificat du pape Alexandre VII.
Le cimetière de Cyriaque connut lui aussi au XVIIe siècle d’importantes translations de reliques ; il est historiquement associé au complexe de Saint-Laurent-hors-les-Murs, sur la voie Tiburtine.
Ces rapprochements ne permettent naturellement pas d’identifier individuellement les saintes martyres dont proviendraient les matières conservées ici, mais ils replacent avec une remarquable cohérence les inscriptions de la paire dans les pratiques romaines du XVIIe siècle.
Une présentation monumentale postérieure
Les matières reliquaires et leurs anciennes inscriptions ont vraisemblablement été remontées et solennellement présentées à une époque postérieure dans les deux grands vases que nous voyons aujourd’hui.
Par leurs caractéristiques de fabrication, ceux-ci peuvent être situés avec prudence entre la fin du XVIIIe et la première moitié du XIXe siècle.
Réalisés en verre épais, ils reposent sur un large pied circulaire et sont coiffés d’un imposant couvercle campaniforme.
Chaque couvercle est couronné d’un élégant bouton facetté en verre ou cristal taillé.
Un ruban de soie rouge marque la jonction entre le vase et son couvercle.
Cette présentation postérieure ne diminue nullement l’intérêt des matières anciennes : elle témoigne au contraire de la volonté de préserver, monumentaliser et rendre visibles des reliques considérées comme particulièrement précieuses, plusieurs générations après leur extraction.
Une paire exceptionnellement conservée et provenant d'une très importante collection belge.
La parfaite correspondance des deux vases, de leurs couvercles, de leurs montages intérieurs, de leurs croix rayonnantes et surtout de leurs deux notices concordantes mentionnant l’extraction en 1661 permet de considérer l’ensemble comme une véritable paire.
Le maintien des deux reliquaires ensemble est essentiel à leur compréhension : leur caractère symétrique et leur documentation commune leur confèrent une force historique et visuelle qu’un exemplaire isolé perdrait en grande partie.
Ils constituent ainsi non seulement des objets de dévotion, mais également de véritables documents matériels de la circulation des reliques issues des catacombes romaines dans l’Europe catholique, entre extraction, conservation et mise en scène.
Par leurs dimensions, l’abondance exceptionnelle des matières conservées, leur présentation sous verre et surtout la présence de leurs anciennes inscriptions donnant une date d’extraction précise – 1661 –, ces deux reliquaires forment un ensemble particulièrement rare.
Rome – matières reliquaires données par les inscriptions comme extraites en 1661.
Vases et présentation : probablement fin XVIIIe – première moitié du XIXe siècle.
Dimension - Hauteur 34 cm
Etat
Très bel état général des deux verreries. Les papiers, inscriptions présentent naturellement usures, déchirures et lacunes liées à leur ancienneté. Ensemble conservé dans son état ancien.
Conformément au droit canonique (can. 1190 §1), cette vente concerne uniquement le reliquaire en tant qu’objet d’art sacré. Les reliques qu’il contient ne sont pas l’objet de la transaction, mais sont incluses à titre gracieux pour leur valeur historique et culturelle.
N’hésitez pas à me contacter pour toute information complémentaire ou demande de photos supplémentaires concernant ces reliques exceptionnelles
Epoque : 17ème siècle
Style : Autre style
Etat : Bon état
Hauteur : 34 cm
Référence (ID) : 1829858
Disponibilité : En stock





































