Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-2
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-3
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-4
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-1
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-2
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-3
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-4
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-5
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-6
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-7
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)-photo-8

Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)

Miriam Franck (Zurich 1837 - Bordeaux 1919)
Portrait de Gaston de Galliffet
1866
Terre cuite
H. 78 cm
Signé : Miriam Franck

Gaston de Galliffet, représenté ici au grade de lieutenant-colonel, est un militaire important du 19e siècle. Né en 1830 dans une famille noble provençale, il grandit entre l'hôtel de Galliffet à Paris et le château du Tholonet, près d'Aix, résidence principale de la famille en Provence. En 1848, à l’âge de 18 ans, il rejoint la cavalerie et commence une brillante carrière en participant aux campagnes de Crimée, d’Algérie, d’Italie et du Mexique. Il est promu officier de la Légion d'honneur en 1863, lieutenant-colonel le 17 juin 1865, puis colonel le 14 août 1867. Ce portrait, réalisé par la sculptrice Miriam Franck en 1866, représente Galliffet au milieu de sa carrière, alors qu'il est déjà l'un des militaires les plus célèbres de France.

Galliffet a par la suite pris part à la guerre franco-prussienne où il a dirigé la brigade de chasseurs à cheval qui charge à Sedan ; il a également été impliqué dans la répression de la Commune (il était connu sous le nom de le Marquis aux Talons Rouges). Après une autre campagne en Algérie, il a été promu général en 1875. Il a été désigné gouverneur de Paris par Gambetta, et de 1881 à 1885, en tant que président du comité de cavalerie, il a restructuré et modernisé la cavalerie française. Malgré l'échec de ses ambitions politiques à la fin de sa carrière, il a été nommé à des postes de grande responsabilité par Gambetta et Waldeck-Rousseau. Ce dernier l'a même nommé ministre de la guerre. Effectivement, c'est Gallifet qui était l'architecte du système où le plus haut rang militaire aurait dû être nommé par les élus.

Un homme complexe : même si il est originaire de la noblesse, il est fidèle à la République. Dans sa vie privée, il est un dépensier et un coureur de jupons. En tant que militaire, il est un technocrate et moderniste. Il est à la fois cruel (les exécutions sommaires des communards) et juste - c'est lui qui a défendu Picquart, qui a exposé l'affaire Dreyfus, et c'est lui qui a obtenu le pardon du président Waldeck-Rousseau pour Dreyfus. À titre d'un des hommes les plus célèbres de l'époque, l'iconographie est assez étendue, avec de nombreux portraits de Nadar et de nombreuses caricatures. Cependant, les portraits en sculpture restent assez rares ; on peut citer le portrait par Gustave Crauk au musée de Valenciennes, qui date 20 ans plus tard de celui de Miriam Franck. Ce buste provient d'une maison de ventes aux enchères de Marseille ; on pense donc qu'il a probablement provient, à un moment donné, au château du Tholonet (qui abrite aujourd'hui le siège de la Société du Canal de Provence).

La sculptrice Miriam Franck n’est pas moins intéressante. Née Rosa Franck en 1837 à Zurich dans une famille juive, s'installe à Strasbourg puis à Paris, où elle devient l'élève du sculpteur Joseph Colona Cesari. À partir du milieu des années 1860, elle est une portraitiste recherchée par la société, comptant notamment la princesse Eugénie parmi ses modèles. En 1866, elle se convertit au christianisme et est baptisée sous le nom de Miriam (ce qui permet, en outre son grade de lieutenant-colonel, de dater précisément le buste de Galliffet de cette année-là). Elle s'engage alors dans des œuvres caritatives, fondant une institution à Paris en lien avec les Assomptionnistes, puis âpres la guerre franco-prussienne, une mission près de Bordeaux. Dans les années 1880, elle intègre les Oblates de l'Assomption (elle prononce ses vœux perpétuels en 1884), dont elle devient rapidement la mère supérieure même si sans titre officiel.

Tant que religieuse, elle encore poursuit son activité de sculptrice : elle réalise en 1891 un bronze du Père Emmanuel d’Alzon fondateur des Oblates, situé aujourd'hui à Nîmes, ainsi qu'une Vierge à Lourdes, sur le plateau situé au-dessus les piscines. En 1903, dans le contexte de l’anticléricalisme de l’époque, elle s'exile en Angleterre, où elle fonde un centre caritatif à Charlton, en banlieue londonienne. À la suite d'un différend avec le curé de la paroisse, elle rentre en France en 1910. Comme Galliffet, Franck joue un rôle dans l'affaire Dreyfus. En tant que membre influente de l'Église d'origine juive, elle est choquée par le fort sentiment antisémite présent dans la presse catholique, notamment dans le journal La Croix avec lequel elle avait travaillé et maintenu des liens. Elle adresse une lettre ouverte au Père Picard dans ce même journal pour exprimer son inquiétude. Pour revenir au portrait : en 1866, Miriam Franck avait de 29 ans et Gaston de Galliffet de 36 ans, tous deux encore jeunes, et peut-être ce buste révèle-t-il une certaine complicité entre sculptrice et militaire.
3 600 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Autre style

Etat : En l'etat

Matière : Terre cuite

Hauteur : 78 cm

Référence (ID) : 1828469

Disponibilité : En stock

Imprimer fiche

Recevez notre newsletter

facebook
instagram

Galerie Jamie Mulherron
Portrait de Gaston de Galliffet par Miriam Franck (1866)
1828469-main-6ab8ed8343053.jpg

0633275009



Un message de confirmation vous sera envoyé par info@proantic.com.
Vérifiez votre messagerie, y compris le "courrrier Indésirable".