CELSO LAGAR ARROYO (1891-1966) / NU FÉMININ ALLONGÉ À LA FIGURE CHUTANTE / encre de chine
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CELSO LAGAR ARROYO (1891-1966) / NU FÉMININ ALLONGÉ À LA FIGURE CHUTANTE / encre de chine

Artiste : Celso Lagar Arroyo (1891-1966)
CELSO LAGAR ARROYO (1891-1966)
Nu féminin allongé à la figure chutante
Encre de Chine sur papier kraft
Signé Lagar au milieu à gauche
15 x 15 à vue
34,5 x 34,6 avec cadre

Oeuvre d'une grande intensité qui condense en une seule feuille toutes les obsessions de Lagar.
Au premier plan, son obsession première : le nu féminin, le corps maternel et terrestre, immense, allongé, cuisses repliées, seins lourds cernés d'un trait noir sculptural. C'est sa maja goyesque, sa femme méditerranéenne à la chevelure noire massive striée de hachures, à l'oeil en amande très ouvert et à la bouche lippue et charnue.
Elle n'est pas à proprement parler orientale, mais elle porte ce type ibérique idéalisé que Lagar cherche depuis ses Desnudo acostado de 1919, entre Andalouse, gitane et odalisque picassienne, un mélange de sensualité et de masque primitif hérité de ses débuts planistes.
En haut à droite, minuscule au-dessus d'une skyline de ville griffonnée d'immeubles en peigne, sa seconde obsession : la chute. Une petite silhouette humaine chute tête la première, jambes écartées dans le vide. On retrouve ici le fil rouge de toute son oeuvre : l'acrobate de cirque qui tombe, Icare, la mort qui survole la ville moderne.
C'est la dualité fondamentale de Lagar, apprise auprès de son ami Modigliani à Montparnasse et nourrie par Goya et Picasso : en bas la chair, la vie, la volupté ancrée, en haut le drame existentiel, la guerre, l'exode.
Le trait est celui de sa maturité tardive parisienne circa 1945-1955, cette période où après l'École de Paris, Berthe Weill, Zborowski et Drouet, il abandonne le cubisme et le fauvisme pour un expressionnisme brut, nerveux, presque violent, fait de larges lavis noirs et de hachures rapides. La grande forme courbe rayée à gauche, chapiteau de cirque ou grande roue, fait le lien entre les deux mondes et rappelle ses célèbres scènes de cirque.

CELSO LAGAR ARROYO - (1891-1966)
Né le 4 février 1891 à Ciudad Rodrigo, Salamanque, fils aîné de l'ébéniste Gumersindo Lagar Iglesias. Il apprend la sculpture avec son père dès 12 ans, puis entre à l'atelier de Miquel Blay aux Beaux-Arts de Madrid en 1907, un des meilleurs sculpteurs de l'époque, puis à l'école de la Llotja à Barcelone en 1910-1911.
1911-1914 - Paris, la sculpture. Sur les conseils de Blay, il part pour Paris en 1911. Il y rencontre Joseph Bernard, Max Jacob, André Derain, Blaise Cendrars, son ami Amedeo Modigliani - qui fera son célèbre portrait en 1915 - et sa future femme, la sculptrice française Hortense Bégué
1890-1957. Il expose deux sculptures au Salon d'Automne 1912, Adolescencia et Rosa de Thébas, la seule sculpture qui subsiste aujourd'hui.
1913-1919 - Passage à la peinture, le planisme. Première expo personnelle Galerie Ashnur à Paris en 1913, il abandonne ensuite la sculpture pour la peinture. La Première Guerre mondiale le ramène à Barcelone en 1915 où il expose aux Galeries Dalmau et invente ce qu'il appelle le planisme : une peinture plus simplifiée que le cubisme, géométrie austère et primitivisme, nourrie de Picasso et Modigliani.
1919-1939 - La maturité, l'École de Paris. Il s'installe définitivement en France en 1919. C'est sa grande période. Artiste de la première génération de l'École de Paris, il est exposé dans les meilleures galeries : Berthe Weill
1919-1922, Zborowski 1928 avec Hortense, Barreiro, Druet. Influencé par le cubisme, le fauvisme, le vibracionisme, il trouve ensuite sa voie propre, marquée fondamentalement par l'inspiration goyesque et picassienne. Ses thèmes : natures mortes, souvenirs espagnols, paysages de Normandie, ports de Honfleur, et ses célèbres scènes de cirque, arlequins, écuyères, toreros.
1939-1957 - Guerre et déclin. Le début de la Seconde Guerre mondiale brise son élan. Le couple se réfugie dans les Pyrénées françaises et vit très difficilement. Après la Libération, le succès ne revient pas. Il continue avec les mêmes thèmes mais l'argent manque. Son épouse entre à l'hôpital Broca et meurt en 1957.
1957-1966 - Sainte-Anne et l'oubli. Il fait une grave dépression, est admis à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne et cesse de peindre. Pour payer son séjour chiffré à 7,5 millions d'anciens francs, une vente aux enchères de son atelier est organisée le 7 juin 1962, puis une seconde de 68 tableaux le 18 février 1965. Il rentre en Espagne en octobre 1964 et vit à Séville chez sa soeur jusqu'à sa mort le 6 septembre 1966. Aujourd'hui ses oeuvres sont au Reina Sofia à Madrid, au Musée national d'art moderne à Paris, au Petit Palais à Genève, au MoMA à New York. Depuis 2017, le Comité Archivo Celso Lagar dirigé par Iván García Langa établit le catalogue raisonné pour protéger son oeuvre.




550 €

Epoque : 20ème siècle

Style : Art moderne

Etat : Parfait état

Matière : Papier

Référence (ID) : 1825007

Disponibilité : En stock

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