Portrait de dame à l’éventail par François Eisen (1695-1778), signé et daté 1748, cadre XVIIIe
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Portrait de dame à l’éventail par François Eisen (1695-1778), signé et daté 1748, cadre XVIIIe

Artiste : François Eisen (bruxelles, Vers 1695 – Paris, Après 1778)
François Eisen (Bruxelles, vers 1695 – Paris, après 1778)
Portrait de dame à l’éventail, 1748

Huile sur toile: h. 80 cm, l. 62,5 cm
Signé et daté sur le marbre de la table: « peint par f. Eisen / peintre du Roy. 1748 »

Cadre en bois doré et sculpté aux roseaux et coquilles d'époque XVIIIème siècle (redoré)
Encadré: h. 103 cm, l. 85 cm

Provenance :
- Vente Christie’s Paris, 22/06/2006, lot n° 50
- Vente Lempertz, Cologne, 15/05/2010, lot n° 1710

Notre tableau est enregistré sous le numéro 116135 dans la base de données RKD (Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie/ Institut néerlandais pour l'histoire de l'art)
https://rkd.nl/images/116135

Daté de 1748, notre portrait s’inscrit dans l’un des moments les plus brillants du règne de Louis XV, lorsque la cour, sous l’influence croissante de Madame de Pompadour, cultive un goût raffiné pour l’élégance, les arts et le luxe.

Élégamment installée dans un intérieur palatial, la jeune femme arbore une toilette particulièrement somptueuse, dont l’exubérance des étoffes et des ornements traduit le raffinement de la haute société du XVIIIème siècle. Elle tient délicatement un éventail d’ivoire, accessoire de mode autant que signe de distinction sociale. Au premier plan, deux livres et une lettre décachetée sont posés sur le marbre de sa table à écrire, évoquant les occupations intellectuelles et épistolaires d’une dame de haut rang.

Le peintre s’attache à rendre toute la richesse de sa toilette et la vivacité de ses couleurs, tout en modelant avec finesse les traits de son visage. Ses cheveux poudrés sont relevés sous une élégante coiffe de dentelle, piqués de fleurs qui lui confèrent une touche champêtre. La précision du dessin dans l’exécution des dentelles se conjugue à une touche plus libre dans le traitement des plis du satin rose et des jeux de lumière. Les rubans aux reflets moirés qui retiennent les manches ajoutent encore à la richesse de l’ensemble. Son expression, à la fois réservée et assurée, est mise en valeur par la douceur du modelé et la lumière qui effleure son visage. Un éclairage puissant venu de la gauche détache la figure du fond architectural et attire le regard vers le visage, la coiffe et le corsage lumineux, donnant à l’ensemble une présence presque théâtrale.

Peint en 1748, le tableau appartient à une période particulièrement importante de la carrière de François Eisen. Installé à Paris depuis 1745 après une formation dans les anciens Pays-Bas méridionaux et un séjour à Bruxelles, l’artiste, déjà âgé d’environ cinquante ans, s’impose progressivement sur le marché parisien du portrait. Trois ans seulement après son arrivée, il signe cette œuvre en se qualifiant de « peintre du Roy », témoignage remarquable de la position qu’il entend alors occuper dans le monde artistique parisien.

1748 est également une date emblématique du règne de Louis XV. Madame de Pompadour, devenue favorite du roi en 1745, joue alors un rôle croissant dans la vie artistique de la Cour et de Paris. Le lien avec François Eisen est particulièrement intéressant par l’intermédiaire de son fils, Charles Eisen, jeune artiste déjà actif dans les milieux parisiens et qui deviendra par la suite proche de Madame de Pompadour et son professeur de dessin. Dans ce contexte, la richesse de la toilette, le maintien du modèle et le décor palatial rendent plausible l’hypothèse d’une dame appartenant à l’entourage de la marquise, sans que son identité puisse aujourd’hui être établie. S’il est impossible d’affirmer que cette relation est à l’origine de la commande du présent portrait, elle témoigne du réseau artistique dans lequel la famille Eisen évoluait alors.

Cette période parisienne voit François Eisen pratiquer encore largement le portrait, avant que sa production ne s’oriente progressivement vers les petites scènes de genre, les sujets galants et mythologiques qui feront ensuite sa réputation. Son talent de portraitiste lui permet notamment d’accéder à une clientèle de haut rang : il représentera quelques années plus tard des personnages princiers et exécutera en 1757 les portraits équestres de Marie-Thérèse d’Autriche et de François-Étienne de Lorraine. Ces œuvres témoignent de la considération dont il bénéficiait dans le milieu aristocratique, sans pour autant constituer des commandes directement passées par la cour impériale.

Notre portrait constitue ainsi à la fois un témoignage précieux des débuts parisiens de François Eisen, mais aussi de la société parisienne sous le règne de Louis XV. Il témoigne du moment où Eisen affirme son statut de portraitiste auprès d’une clientèle raffinée, tout en s’adaptant progressivement à l’évolution du goût parisien pour les petites scènes de genre, les compositions galantes et les sujets anecdotiques auxquels son nom restera particulièrement associé.

Œuvres en rapport :
Portraits par François Eisen (1695-1778) :
 -Portrait équestre de Marie-Thérèse d'Autriche Habsbourg Lorraine (1717-1780), reine de Hongrie. signé et daté 1757, Musée lorrain, Nancy
 - Portrait équestre de François-Étienne de Lorraine, signé et daté 1757
 - Portrait de François-Hugues-Emmanuel-Ignace, prince de Nassau-Siegen, huile sur toile 229 x 124 cm, signé, vente Tajan Paris, 28/01/2014, lot n° 59


15 800 €

Epoque : 18ème siècle

Style : Louis XV - Transition

Etat : Très bon état

Matière : Huile sur toile

Largeur : l. 85 cm

Hauteur : h. 103 cm

Référence (ID) : 1820368

Disponibilité : En stock

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2, rue des Saints-Pères
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