Henri Cueco lithographie signée 1968 figuration narrative art abstrait la gréve Mourlot
Lithographie originale en couleurs d’Henri Cueco, intitulée « La Grève », datée de 1969 et signée au crayon en bas à droite.
« La Grève » est directement liée au grand tableau homonyme peint par Cueco en 1969 et aujourd’hui conservé au Musée d’Art moderne de Paris. Le musée date l’œuvre de 1969 et la rattache à l’exposition Cueco-Parré organisée à l’ARC en 1970.
La composition rassemble une foule compacte de figures masculines et féminines, ouvriers, manifestants, travailleurs, silhouettes assises ou debout, auxquelles s’ajoutent un chien, un cycliste et plusieurs corps nus ou stylisés. Les figures sont découpées en aplats de jaune vif, rouge orangé, bleu sombre, noir et blanc. Le dessin alterne contours épais, zones hachurées et silhouettes très graphiques.
Cueco transforme ici la foule en image politique. Il ne décrit pas une scène réaliste au sens documentaire, mais construit une sorte de théâtre collectif où la grève devient un état de tension sociale. Les corps se superposent, se répondent, lèvent le poing, s’asseyent, attendent ou occupent l’espace. La foule n’est pas anonyme : elle devient le sujet même de l’œuvre.
Cette sérigraphie s'inscrit dans l' immédiateté de Mai 1968, des mouvements ouvriers, étudiants et syndicaux, ainsi que du renouvellement de la peinture politique en France. Cueco appartient à cette génération qui refuse à la fois l’abstraction dominante et le retour à une simple peinture descriptive.
Son œuvre est généralement rattachée à la Figuration narrative, courant français développé dans les années 1960 autour d’artistes qui réintroduisent l’image, le récit, l’actualité, la politique, la publicité, la bande dessinée et les médias dans la peinture. À la différence du Pop Art américain, la Figuration narrative est souvent plus critique, plus engagée socialement et politiquement, et s’intéresse davantage aux rapports de pouvoir, aux conflits sociaux et aux représentations collectives.
Cueco fonde en 1969, avec Lucien Fleury, Jean-Claude Latil, Michel Parré et Gérard Tisserand, la Coopérative des Malassis. Ce collectif développe une peinture monumentale et politique, souvent conçue pour l’espace public, qui détourne l’histoire de l’art et les images populaires afin de critiquer la société de consommation et le pouvoir politique.
Dans « La Grève », Cueco emprunte aussi à l’histoire de la peinture. Certains auteurs ont relevé des échos à Delacroix et à La Liberté guidant le peuple, notamment dans certaines figures féminines et dans l’organisation dynamique de la foule. D’autres rapprochements ont été faits avec Fernand Léger dans la monumentalité des corps et la présence de la bicyclette.
La palette très réduite — jaune, rouge, bleu, noir et blanc — renforce l’impact visuel. Elle rapproche l’œuvre de l’affiche militante, de l’image imprimée et de la communication politi
Epoque : 20ème siècle
Style : Design Années 50-60
Etat : Bon état
Matière : Papier
Largeur : 65
Hauteur : 50
Référence (ID) : 1819338
Disponibilité : En stock































