Paire d'anges florentins agenouillés en terre cuite du premier quart du XVIe siècle.
Ces œuvres inédites, que nous présentons ici, trouvent des correspondances précises et tangibles avec les créations d'Agnolo et illustrent parfaitement les qualités plastiques du maître. Celui-ci privilégiait une synthèse expressive aimable, caractérisée par des formes lisses et arrondies, tout en reprenant les compositions et modèles d'anges agenouillés issus de l'œuvre sculpté d'Andrea del Verrocchio — son maître — et repris par des artistes de ce même cercle, tel Sandro di Lorenzo, dit le « Maître des enfants turbulents » (1483–1554).
Il est donc possible que ces anges aient été conçus et produits, peut-être même en série, par l'artiste florentin ; ce dernier, surtout au cours des dernières décennies de sa carrière, s'est rapproché stylistiquement de Giovanni della Robbia et de Benedetto Buglioni, collaborant activement au sein de leurs ateliers de céramique. Ces ateliers produisaient et diffusaient des groupes sculptés et des éléments de dévotion en céramique vernissée dans tout le centre de l'Italie, bien qu'il existe des exceptions concernant la finition polychrome : certaines terres cuites sorties de leurs ateliers présentent en effet une peinture à froid plutôt qu'une glaçure, comme c'est le cas ici.
Nos sculptures sont dans un état plus que satisfaisant et ne présentent aucune trace de restauration, conservant la quasi-totalité de leur polychromie d'origine ; bien que les ailes aient été en grande partie perdues, les éléments subsistants permettent d'apprécier la qualité de leur exécution et de leur traitement pictural. Les bases des sculptures ont été comblées de plâtre par un ancien collectionneur afin d'en assurer la stabilité ; toutefois, nous avons pu constater, par une ouverture, que les pièces présentent la cavité interne caractéristique des sculptures de cette époque, confirmant ainsi leur nature d'originaux de la Renaissance.
Il est possible, si on le souhaite, de faire retirer le plâtre présent dans les bases.
Les dimensions de ces objets (hors socles en velours) sont de 33 cm de longueur sur 48 cm de hauteur.
Un certificat d'authenticité accompagne la vente.
Biographie : Agnolo, issu d’une famille d’artistes — son père réalisait des moules pour masques, son frère était graveur de pierres précieuses et médailleur, et son grand-père avait travaillé aux vitraux de la cathédrale, d’où le surnom « de vetri » — apparaît pour la première fois dans les documents à Pistoia. C’est là qu’il modela, en 1495, une statue de la *Madeleine* pour l’Ospedale della Morte (anciennement au Metropolitan Museum de New York, puis vendue chez Sotheby’s en février 2013) et, en 1498, un buste du *Rédempteur* pour la Sapienza, conservé aujourd’hui au musée civique local ; il excellait dans ce genre, comme en témoignent les nombreux bustes similaires qui lui sont attribués (Florence, musée Horne ; anciennement galerie Piero Corsini à New York, etc.). Auteur de divers groupes sculptés (les *Pleurants* à l’église du Spirito Santo de Pistoia, la *Mise au tombeau* à San Salvatore al Monte à Florence, la *Pietà* à Santa Maria de Terranuova Bracciolini, etc.) — ainsi que l’atteste une commande passée à Prato en 1514 pour une *Pietà* en terre cuite peinte aujourd’hui perdue —, il réalisa entre 1500 et 1516 plusieurs scènes très peuplées de la *Passion du Christ* pour le Sacro Monte de San Vivaldo à Montaione. Les documents, bien que se rapportant pour la plupart à des œuvres disparues (des *Apôtres* et autres figures pour San Lorenzo in Mugello, 1512-1514), confirment son activité soutenue dans le domaine de la statuaire en terre cuite, y compris pour des pièces de petite taille (sept statuettes pour le cuisinier de la Seigneurie florentine, 1525) ; cette production a trouvé son aboutissement, peu avant sa mort, dans l’autel monumental de la chapelle Spadari à l’église de la Santissima Annunziata d’Arezzo (1526-1528). Actif principalement pour une clientèle sensible aux aspirations de la dévotion populaire, à une époque marquée par la spiritualité rigoriste de Savonarole, Agnolo a efficacement diffusé un art de dévotion. Celui-ci s'exprimait à travers des œuvres en terre cuite peinte, frappantes par leur naturalisme simple et concis ainsi que par un langage fidèle aux valeurs traditionnelles ; ces créations s'apparentent tant à la peinture austère de Fra Bartolomeo et de l'« école de San Marco » qu'à la sculpture en terre cuite émaillée de Benedetto Buglioni et de Giovanni della Robbia, dont il fut le collaborateur avéré en 1517.
Epoque : 16ème siècle
Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII
Etat : Très bon état
Matière : Terre cuite
Longueur : 33
Hauteur : 48
Référence (ID) : 1818109
Disponibilité : En stock
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