Mechelen 1744, saupoudroir et moutardier, argent massif, Malines, maître à l’ancre
Paire de saupoudroir et moutardier en argent massif
Malines, 1744 – Maître orfèvre poinçonnant d’une ancre
Remarquable paire de saupoudroir et d’un moutardier, exécutés à Malines en 1744. Conservés ensemble, les deux objets présentent exactement la même architecture et un très riche décor gravé.
De forme octogonale, ils reposent sur des pieds largement moulurés. Les corps, fortement architecturés, alternent pans droits et ressauts moulurés. Toute leur surface est animée d’un abondant décor gravé de rinceaux, feuillages stylisés, fleurons, entrelacs et motifs de ferronnerie, se détachant sur des fonds finement amatis ou pointillés. Les couvercles, également à pans, sont sommés d’un bouton en forme de petit vase. Celui du saupoudroir est ajouré de nombreux trous disposés au milieu du décor végétal, tandis que le moutardier possède un couvercle mobile articulé et une importante anse latérale à enroulement.
Cette combinaison d’une silhouette architecturée, de moulures puissantes et d’un décor gravé couvrant est particulièrement caractéristique de l’orfèvrerie des Pays-Bas méridionaux durant la première moitié du XVIIIe siècle, approximativement entre 1715 et 1750. Des variantes de ces hauts modèles à pans se rencontrent alors dans plusieurs villes des Pays-Bas autrichiens. Leur ornementation témoigne notamment de l’influence du style Régence français, dont les rinceaux, entrelacs et motifs symétriques furent largement diffusés dans les arts décoratifs de nos régions.
Sur la table du XVIIIe siècle, le saupoudroir permettait de présenter et de répandre des substances réduites en poudre, principalement du sucre, mais également, selon l’usage et le type d’ajourage, des épices ou condiments. Le moutardier, muni de son couvercle , contenait la moutarde qui accompagnait viandes et autres mets. Ces objets appartenaient ainsi à cette importante famille de pièces d’orfèvrerie destinées à présenter avec élégance les condiments directement sur la table.
Les deux pièces sont particulièrement intéressantes par la présence très nette de leurs poinçons malinois. On y distingue le poinçon aux armes de la ville de Malines, le R majuscule couronné, lettre-date correspondant à 1744, ainsi que le poinçon du maître représentant une ancre.
L’identité de ce maître à l’ancre demeure à ce jour inconnue. Georges van Doorslaer, dans son ouvrage de référence La corporation et les ouvrages des orfèvres malinois (1935), le répertorie simplement comme « Orfèvre marquant une ancre ». Il lui attribue notamment le remarquable reliquaire de saint Damien, daté de 1718 et conservé à l’église du Béguinage de Malines.
La question de son identité est d’autant plus intéressante que l’ancre réapparaît comme poinçon d’orfèvre à Malines dans la famille Maes au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle : Guillaume Maes et son fils utilisent à leur tour ce symbole. Par ailleurs, on recense environ une vingtaine d’objets malinois portant un poinçon à l’ancre entre 1694 et 1744. Une activité couvrant une période aussi longue rend plausible l’hypothèse que l’ancre ait été employée successivement par plusieurs générations d’une même famille d’orfèvres, éventuellement celle des Maes. En l’absence de la plaque d’insculpation malinoise correspondant à cette période et de preuve archivistique établissant la filiation, cette identification doit cependant rester une hypothèse et non une attribution définitive.
Enfin, les pièces conservent à plusieurs endroits les marques laissées par la prise d’argent destinée au contrôle du titre, traces caractéristiques de l’ancien système de vérification du métal que l’on désigne traditionnellement en Belgique sous le nom de « striche ».
Par leur remarquable état de conservation, l’abondance et la finesse de leur gravure, la présence complète des poinçons et surtout la rareté d’un saupoudroir et d’un moutardier du même modèle demeurés réunis, ces deux pièces constituent un très bel exemple de l’orfèvrerie civile malinoise sous les Pays-Bas autrichiens au milieu du XVIIIe siècle.
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Parfait état
Matière : Argent massif
Référence (ID) : 1811780
Disponibilité : En stock






































