Adolphe BALFOURIER (1816-1898) Souvenir du parc Chigi à Ariccia (45 × 51 cm avec cadre)
Huile sur papier marouflé sur toile, à vue ovale
Signée en bas à droite « Adolphe Balfourier »
Dimensions de l’œuvre : 30 × 35 cm
Dimensions avec cadre : 45 × 51 cm
Une oeuvre majeure du peintre Balfourier résentée dans un important cadre ancien en bois sculpté et doré.
Expertise : Cabinet Turquin
Très beau paysage romantique d’Adolphe Balfourier représentant le parc Chigi à Ariccia, dans les monts Albains, au sud-est de Rome, site dont l’artiste a peint plusieurs vues au cours de son séjour en Italie.
Dans la profondeur d’un sous-bois presque sauvage, deux jeunes femmes apparaissent au bord d’une eau calme. L’une, assise, semble sortir du bain tandis que sa compagne se tient debout auprès d’elle ; à leurs pieds, des étoffes rouges et jaunes introduisent quelques notes éclatantes au milieu des verts et des bruns profonds de la végétation.
Mais la véritable protagoniste de la composition demeure la nature. Balfourier organise son paysage autour d’un spectaculaire tronc d’arbre clair et sinueux, qui traverse la composition en une grande arabesque. Fortement éclairé, presque blanc par endroits, il se détache avec vigueur sur la profondeur obscure du sous-bois et conduit le regard vers l’eau puis vers le lointain.
Le premier plan est traité avec une remarquable richesse de matière. Fougères, herbes, plantes grimpantes et petites fleurs rouges, jaunes et blanches sont suggérées par une multitude de touches libres et colorées. Le peintre accorde également une attention particulière aux reflets : la silhouette lumineuse du grand tronc se prolonge dans l’eau sombre, tandis que les végétaux des berges s’y dissolvent en vibrations verticales.
À l’arrière-plan, au-delà de la masse profonde des arbres, une architecture fortifiée dominant le relief apparaît dans une lumière plus claire. Cette ouverture vers le lointain donne toute sa profondeur à la composition et oppose à l’intimité mystérieuse du sous-bois la lumière du paysage italien.
Le parc Chigi à Ariccia : un sujet documenté dans l’œuvre de BalfourierL’identification du site est confortée par une comparaison particulièrement convaincante avec une importante œuvre de Balfourier également intitulée Souvenir du parc Chigi à Ariccia, huile sur toile de 89 × 116 cm, présentée au Salon de Paris de 1848 sous le n° 162. Cette grande composition (estimée 5 à 7000 €) a été vendue par Rouillac le 27 mai 2024 pour 5 000 € au marteau.
La confrontation des deux œuvres (voir photo) est particulièrement éclairante. On y retrouve la même conception d’une nature italienne dense et enveloppante, les mêmes sous-bois profondément ombragés, l’ouverture du paysage vers un relief portant une architecture dans le lointain et, surtout, l’utilisation spectaculaire de grands troncs clairs et tourmentés se détachant sur les masses sombres de la végétation.
Dans les deux compositions, Balfourier introduit également de minuscules figures féminines accompagnées d’une draperie rouge, presque absorbées par la nature environnante. Elles donnent l’échelle du paysage davantage qu’elles n’en constituent le véritable sujet.
Le grand tableau exposé au Salon de 1848 constitue ainsi un précieux point de comparaison pour notre œuvre et permet de replacer celle-ci dans la période italienne particulièrement féconde de Balfourier. Une datation vers la fin des années 1840, probablement autour de 1847-1848, peut ainsi être proposée.
Balfourier et les paysages méditerranéens du Salon de 1848Ce rapprochement est d’autant plus intéressant qu’au Salon de 1848 Balfourier présentait simultanément plusieurs paysages inspirés de ses voyages méditerranéens.
À côté du Souvenir du parc Chigi à Ariccia (n° 162) figurait notamment Environs de Valldemusa (Majorque) (n° 163), grande composition aujourd’hui conservée au musée d’Arts de Nantes.
Cette œuvre retrouve plusieurs caractéristiques visibles dans notre tableau : une végétation abondante occupant une large partie de la composition, de grands arbres utilisés comme véritables architectures naturelles, l’alternance de zones profondément ombragées et d’échappées lumineuses ainsi qu’une construction en plans successifs conduisant vers le lointain.
Notre Souvenir du parc Chigi à Ariccia appartient pleinement à cette recherche menée par Balfourier autour du paysage méditerranéen romantique, dans lequel l’homme devient presque anecdotique face à une nature monumentale, pittoresque et mystérieuse.
Adolphe Balfourier dans les collections publiquesPaysagiste reconnu de son vivant et régulièrement présent aux Salons parisiens, Adolphe Balfourier est aujourd’hui représenté dans plusieurs collections publiques françaises et étrangères.
Le musée d’Arts de Nantes conserve notamment son important Environs de Valldemusa (Majorque), huile sur toile de 131 × 195 cm, œuvre majeure pour comprendre ses recherches sur le paysage méditerranéen.
Le musée Fabre de Montpellier conserve également une grande composition de l’artiste, L’Abreuvoir, paysage, entrée dans les collections au XIXe siècle.
Son œuvre gravé est par ailleurs représenté au Musée d’art et d’histoire de Genève, qui conserve plusieurs paysages et souvenirs de voyages de Balfourier, parmi lesquels des vues de Majorque, de Murcie, d’Elche, de la Crau et d’Hyères.
Le Metropolitan Museum of Art de New York conserve également une eau-forte de paysage de l’artiste, tandis que plusieurs de ses estampes figurent dans les collections du British Museum à Londres.
Cette présence dans les collections publiques témoigne de la place occupée par Balfourier parmi les paysagistes voyageurs français du milieu du XIXe siècle, même si son œuvre peint apparaît aujourd’hui relativement rarement sur le marché.
Un très beau cadre ancienL’œuvre est présentée dans un très beau et important cadre ancien en bois sculpté et doré, particulièrement bien proportionné à la composition.
Sa large mouluration, enrichie d’un décor en relief et de motifs feuillagés aux angles et aux milieux, entoure une ouverture intérieure aux angles arrondis qui accompagne harmonieusement la présentation à vue ovale de la peinture.
La richesse de la sculpture et la belle patine légèrement assourdie de la dorure créent un contraste particulièrement heureux avec les tonalités profondes du sous-bois. Plus qu’un simple encadrement, ce cadre participe pleinement à la présence décorative de l’œuvre et forme avec elle un ensemble particulièrement séduisant.
Epoque : 19ème siècle
Style : Louis Philippe-Restauration-Charles X
Etat : Bon état
Matière : Huile sur papier
Référence (ID) : 1809689
Disponibilité : En stock




































