Marcel Leprin (1891-1933) Nature morte aux poissons de La Bouillabaisse
Disposés sur des algues sombres en fond, sur une table recouverte d'une nappe blanche à motif de filet de pêche — un clin d'œil très appuyé au monde de la pêche marseillaise.
Travaillée dans une matière épaisse, au couteau et au pinceau avec des empâtements presque sculpturaux sur les écailles des poissons et la carapace de la langouste, tout s'entasse au centre, avec la cuiller et le couteau posés en diagonale au premier plan pour ancrer la profondeur, et le petit verre sombre qui ferme la scène à droite.
Cette matière granuleuse sert bien le sujet et rend parfaitement la texture visqueuse et charnue du poisson mieux qu'un rendu lisse ne le ferait.
Un petit clin d’œil à Soutine dans cette façon d'attaquer la matière avec violence, même si Leprin reste moins déformant, plus proche d'une observation directe et réaliste.
Les rouges et oranges vifs des rascasses et rougets contre le vert-noir profond des algues avec la nappe blanche qui fait exploser ces couleurs par contraste.
Efficacité et générosité pour cette huile sur toile qui reflète la formation marseillaise étincelante du Midi, chez cet artiste largement autodidacte, formé sur le tas sur le Vieux Port de Marseille que la période montmartroise plus sombre a ensuite tempéré.
L’œuvre imposante est proposée dans un cadre doré qui mesure 82 cm par 108,5 cm et 65 cm par 92 cm pour la toile seule.
Elle est signée en bas à gauche.
Orphelin, Leprin vit une jeunesse difficile à Marseille, il est livré àlui-mème et mène une vie de bohème.
Il est recueilli par les Pères salésiens deDon Bosco qui l’initient, remarquant ses dons, au dessin et à la lithographie.
Il commence à peindre sur le vieux port.
À 22 ans, il s'oriente vers une carrièredans la corrida à Barcelone, mais doitrenoncer pour partir au combat lors de la première guerre mondiale.
À trenteans, en 1921, il rejoint Paris et erre sur la butte Montmartre oùil sympathise avec les artistes rencontrés dans les bistros, il vit de la ventede dessins et pastels aux touristes.
En 1924, il signe un contrat d'exclusivitéavec Henri Bureau, encadreur à Montmartre, qui lui propose de l'aider et defavoriser sa carrière (c'est chez Henri Bureau qu'il se liera d'amitié avec lepeintre Frank-Will).
En1926, il entreprend un voyage à travers la campagne française et peint denombreux paysages ou vues de villes et villages. Malgré le succès remporté parles deux expositions à la galerie Druet qu'il fait à Paris en 1928 et 1931,Marcel Leprin reste un peintre solitaire et dépressif, il sombre dans laboisson et la drogue et meurt en 1933 à l'hôpital Tenon.
Œuvre
Mort prématurément à 42 ans, Marcel Leprin laisse environ 700 toiles, il peintsuivant les circonstances de sa vie, on peut distinguer trois périodes dont lesstyles différents expriment sa situation mentale et matérielle, la périodemarseillaise, constituées notamment de grande peintures murales décoratives, lapériode Montmartroise, assez sombre et commerciale, la période des voyages enprovince, plus chaleureuse et créative.
Il s'illustre aussi dans des tableaux de corridas, réalisedes portraits, des natures mortes, des paysages en maitre du trait et destechniques délicates comme le pastel.
Les toiles de Leprin sont principalement visibles aujourd'hui au Muséenational d'art moderne et au Muséed'art moderne de la ville de Paris, au Musée Carnavalet,au Musée deMontmartre et au musée du PetitPalais de Genève.
Œuvres dans les collections publiques
Calais, Musée des Beaux-Arts : Le Bassin d'Honfleur, 1930, huile sur toile, 65 × 93 cm
Chambéry, Musée des Beaux-Arts : : Maison dans la campagne, huile sur toile, 34,8 × 48 cm
Menton, musée des Beaux-Arts : Rue de village, huile sur toile, 54 × 46 cm Vase de fleurs, 1923, huile sur toile, 73 × 60 cm La Rue Lepic, huile sur toile, 33 × 53 cm Portrait de Charles Wakefield-Mori, huile sur toile, 65 × 54 cm
Paris: musée Carnavalet : Le Moulin de la Galette, vers 1920, huile sur toile, 38,5 × 57,5 cm L'église Saint-Germain-de-Charonne, la place Saint-Blaise et la rue de Bagnolet, 59,6 × 80,4 cm
Musée d'Art moderne : L'Abri Saint-Joseph, vers 1924, huile sur toile, 60 × 73`cm
Musée de Montmartre: La Belle Cabaretière, 1924, huile sur toile 116x90 cm
Expositions Rétrospective de ses œuvres au Salon d'Automne en 1933, dont il fut sociétaire en 1922.
Marcel Leprin et ses amis, Paris, musée Galliéra, décembre 1964 - janvier 1965.
Rétrospective Galerie Vestart, 1061 Madison, 628-0030 New-York; 25 œuvres. mars 1970
Rétrospective Marcel Leprin, Palais de la Méditerranée, Nice, mars, avril, mai 1972.
Paris vu par les peintres de Corot à Foujita, Musée Carnavalet, 1978
Uzès Exposition I’ Histoire de l'Art, XIXe et XXe siècles, Morceaux choisis, 1982
Epoque : 20ème siècle
Style : Autre style
Etat : Restauré par notre atelier
Matière : Huile sur toile
Longueur : 92 cm
Hauteur : 65 cm
Référence (ID) : 1808840
Disponibilité : En stock






































