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Boîte-vitrine de Paul Duchein, signée au dos, titrée Le Jardin d’Éden et sous-titrée « Par une nuit d’été ». L’œuvre est datée décembre 2003. Elle se présente comme un diorama fermé par une vitre, construit dans une caisse en bois peinte en bleu clair, à la fois objet mural, théâtre miniature et assemblage poétique.
La composition s’organise comme une scène nocturne. Le fond peint, très sombre, mêle noir, bleu profond, gris argenté et vert sombre. Cette matière brossée évoque un ciel d’été, une nuit marine ou un paysage mental plus qu’un décor réaliste. Les petites taches blanches, proches d’étoiles ou de poussières lumineuses, donnent à l’ensemble une profondeur cosmique. À droite, un anneau métallique accompagné d’un papillon rose introduit une note de mouvement, de désir ou de métamorphose.
Au premier plan, l’artiste dispose plusieurs objets de récupération et de fantaisie : une petite chaise bleue, un élément vertical à trois boutons bleus sur le côté gauche, un vase ou instrument métallique sur piédestal, une sphère de verre, un petit support courbe, une frise de feuilles dorées, ainsi que deux figurines féminines identiques, blondes, vêtues de bleu et de jaune. Ces deux figures, volontairement décalées par rapport au climat poétique de la boîte, apportent une dimension étrange, presque kitsch, qui renforce le caractère surréaliste de l’œuvre. Elles semblent posées comme des apparitions, des Èves populaires ou des danseuses sorties d’un rêve artificiel.
Le titre Le Jardin d’Éden donne une clé de lecture importante. Duchein ne représente pas un paradis naturel ou biblique au sens classique ; il fabrique plutôt un Éden recomposé avec des fragments pauvres, des objets trouvés, des jouets, des restes décoratifs et des signes célestes. Le jardin devient un espace mental, fermé, fragile, artificiel, où se croisent l’enfance, le désir, le décor de foire, la nuit, le théâtre et la mémoire. Le sous-titre « Par une nuit d’été » accentue cette impression de songe : la scène paraît suspendue dans un temps nocturne, entre attraction foraine, rêverie amoureuse et cabinet de curiosités.
L’œuvre appartient pleinement à l’esprit de l’assemblage poétique et de l’art singulier. On peut la rapprocher des boîtes d’artistes, des reliquaires profanes, des petits théâtres d’objets et, par l’esprit, de l’univers de Joseph Cornell ou des pratiques surréalistes autour de l’objet trouvé. La force de cette pièce vient du contraste entre la structure très simple de la boîte et la richesse symbolique des éléments qu’elle renferme. Chaque objet semble modeste pris séparément, mais l’ensemble crée une narration ouverte, énigmatique et très personnelle.
La couleur joue un rôle essentiel. Le bleu clair du cadre agit comme une frontière douce autour de l’espace nocturne. À l’intérieur, les bleus profonds et les verts sombres installent une atmosphère de nuit, tandis que les jaunes des figurines, le rose du papillon, les feuilles dorées et les reflets métalliques produisent de petites illuminations. Ce jeu entre ombre et éclats lumineux donne à la boîte son caractère à la fois mélancolique et merveilleux.
Le travail de profondeur est également remarquable. Avec ses 14 cm d’épaisseur, la boîte fonctionne réellement comme une petite scène. Le regard entre dans l’espace, circule entre la chaise, l’instrument vertical, les figurines, le papillon et le fond peint. La vitre ajoute une distance supplémentaire : elle transforme l’objet en reliquaire, en vitrine de rêve, en monde fermé que l’on observe sans pouvoir y pénétrer.
Paul Duchein : né en 1930 à Rabastens, Paul Duchein est initié à l’art par l'artiste et céramiste Italien Giovanni Leonardi, dont il fréquente l’atelier puis il découvre le surréalisme et croise André Breton dans les années 1950. En 1957, il reprend la pharmacie familiale à Montauban, qu’il dirige jusqu’en 1995, tout en développant une activité d’écrivain, de collectionneur et d’organisateur d’expositions. Il dirige pendant vingt ans la Revue nationale des pharmaciens. Ses premiers assemblages datent de 1966. Depuis 1972, il anime notamment les Rencontres d’art au musée Ingres. Sa première exposition personnelle a lieu en 1986 à la galerie Alphonse Chave, à Vence, suivie de nombreuses présentations en région et à Paris.
Signature et inscriptions : signé au revers « Duchein », titré Le Jardin d’Éden, sous-titré « Par une nuit d’été », daté décembre 2003. Une étiquette manuscrite sur le côté reprend également « Par une nuit d’été ».
État : bon état général de présentation. Voir photographies.
Dimensions : 41 x 53 x 14 cm.
Epoque : 20ème siècle
Style : Art moderne
Etat : Très bon état
Largeur : 53
Hauteur : 41
Référence (ID) : 1806553
Disponibilité : En stock



































