Portrait de Charlotte CORDAY (1768-1793) à l'âge de 15 ans - Huile sur cuivre - XVIII siècle
Huile sur cuivre - XVIII siècle
Dimension du cadre : 12,5 cm x 9,2 cm
Dimension de l'oeuvre : 9,6 cm x 6,2 cm
Ce portait a subit quelques repeints, mais néanmoins de belle qualité.
Marie Anne Charlotte de Corday d’Armont naît le 27 juillet 1768 à Saint-Saturnin-des-Ligneries dans la province de Normandie. Elle est la troisième des cinq enfants de François de Corday d’Armont, gentilhomme normand, ancien lieutenant aux armées du roi puis fermier, et de Charlotte Marie Jacqueline de Gautier des Authieux.
Sa famille appartient à la noblesse d’extraction, que les légendes familiales font remonter aux temps mythiques du duché de Normandie, mais que les généalogistes du roi limitent au XVIe siècle[2]. Parmi ses ancêtres, elle compte le dramaturge Pierre Corneille, figure au prestige indépassable et écrasant.
Veuf en 1782, le père de Charlotte Corday cherche à faire placer ses filles. Refusée quelques années plus tôt dans la prestigieuse maison de Saint-Cyr en raison du manque de prestige militaire de son père, Charlotte, alors âgée de treize ans, est admise avec sa sœur cadette à l'abbaye aux Dames à Caen, qui, en tant qu'abbaye royale, devait accueillir les jeunes filles pauvres issues de la noblesse de la province de Normandie.
L'instruction dans le couvent est soignée. Ses lectures sont alors sérieuses — notamment les auteurs classiques — traduisant une curiosité intellectuelle. Son père lui prête quelques volumes de Montesquieu, Voltaire et de Rousseau, elle acquiert une certaine culture philosophique et donc politique. Elle admire les philosophes, s'ouvre aux idées nouvelles, tout en conservant sa foi religieuse. Elle s'intéresse aux droits naturels, le contrat social et la séparation des pouvoirs.
Pourtant, solitaire, elle est aussi marquée par une piété en voie de transformation, à la fois plus intérieure et spectaculaire : elle cultive le goût du sacrifice, de la mort jeune et de la foi intérieure. C'est au nom de cette foi qu'elle vivra notamment son exécution comme un don de soi, et refusera la confession ultime en prison.
Elle reste pensionnaire à l'abbaye aux Dames jusqu'en février 1791, moment où la congrégation est dissoute à la suite de la nationalisation des biens du clergé et de la suppression des ordres religieux[9]. « Rendue au siècle », la jeune femme retourne vivre chez son père, qui a vendu la ferme « du Ronceray », où elle a grandi, pour en acheter une autre, avec de nouveaux fermages, dite « la ferme des Bois », au Mesnil-Imbert.
Début juin 1791, à l'âge de vingt-trois ans, Marie Anne Charlotte de Corday quitte la campagne pour aller vivre à Caen, chez sa tante, Madame de Bretteville-Gouville, rue des Carmes. Son soutien à la Révolution la met en porte-à-faux avec sa famille qui compte beaucoup de royalistes, ses deux frères soutenant ouvertement l'armée des émigrés. La nuit du départ de son jeune frère pour cette armée, sa famille organise un dîner d'adieu au cours duquel un toast est porté au roi Louis XVI. Charlotte est la seule à ne pas se lever pour le toast. Selon elle, « les rois sont faits pour les nations, mais les nations ne sont pas faites pour les rois ». Quand on lui demande carrément si elle est républicaine, elle répond : « Je le serais, si les Français étaient dignes d'une République »[10].
Un de ses parents, Frédéric de Corday, racontera plus tard :
« Charlotte avait le feu sacré de l’indépendance, ses idées étaient arrêtées et absolues. Elle ne faisait que ce qu’elle voulait. On ne pouvait pas la contrarier, ceci était inutile, elle n’avait jamais de doutes, jamais d’incertitudes. Son parti une fois pris, elle n’admettait plus de contradiction. Son oncle, le pauvre abbé de Corday m’en a parlé dans les mêmes termes, comme d’une personne qui avait un caractère d’homme. Elle avait, en outre un esprit assez railleur, assez moqueur… Elle était susceptible de sentiments nobles et élevés, de beaux mouvements. Avec l’énergie dont elle était douée, elle s’imposait et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Quoique dans la famille les femmes soient toutes énergiques, il n’y en avait pas qui eussent un caractère aussi décidé, aussi capable. Si elle eût commandé un régiment, elle l’eût bien mené, cela se devine. »
Après la fuite et l'arrestation du roi à Varennes en 1791, la Révolution devient de plus en plus extrême et divisée. D'un côté les Girondins, qui ont dominé la politique révolutionnaire depuis octobre 1791, refusent désormais que les foules parisiennes dictent la politique au détriment du reste de la France, et préconisent de freiner la Révolution. En revanche, les Jacobins défendent les désirs des classes populaires parisiennes et souhaitent étendre la Révolution dans une direction sociale.
Début juin 1791, à l'âge de vingt-trois ans, Marie Anne Charlotte de Corday quitte la campagne pour aller vivre à Caen, chez sa tante, Madame de Bretteville-Gouville, rue des Carmes. Son soutien à la Révolution la met en porte-à-faux avec sa famille qui compte beaucoup de royalistes, ses deux frères soutenant ouvertement l'armée des émigrés. La nuit du départ de son jeune frère pour cette armée, sa famille organise un dîner d'adieu au cours duquel un toast est porté au roi Louis XVI. Charlotte est la seule à ne pas se lever pour le toast. Selon elle, « les rois sont faits pour les nations, mais les nations ne sont pas faites pour les rois ». Quand on lui demande carrément si elle est républicaine, elle répond : « Je le serais, si les Français étaient dignes d'une République »[10].
Un de ses parents, Frédéric de Corday, racontera plus tard :
« Charlotte avait le feu sacré de l’indépendance, ses idées étaient arrêtées et absolues. Elle ne faisait que ce qu’elle voulait. On ne pouvait pas la contrarier, ceci était inutile, elle n’avait jamais de doutes, jamais d’incertitudes. Son parti une fois pris, elle n’admettait plus de contradiction. Son oncle, le pauvre abbé de Corday m’en a parlé dans les mêmes termes, comme d’une personne qui avait un caractère d’homme. Elle avait, en outre un esprit assez railleur, assez moqueur… Elle était susceptible de sentiments nobles et élevés, de beaux mouvements. Avec l’énergie dont elle était douée, elle s’imposait et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Quoique dans la famille les femmes soient toutes énergiques, il n’y en avait pas qui eussent un caractère aussi décidé, aussi capable. Si elle eût commandé un régiment, elle l’eût bien mené, cela se devine[11]. »
Après la fuite et l'arrestation du roi à Varennes en 1791, la Révolution devient de plus en plus extrême et divisée. D'un côté les Girondins, qui ont dominé la politique révolutionnaire depuis octobre 1791, refusent désormais que les foules parisiennes dictent la politique au détriment du reste de la France, et préconisent de freiner la Révolution. En revanche, les Jacobins défendent les désirs des classes populaires parisiennes et souhaitent étendre la Révolution dans une direction sociale[6].
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XVI - Directoire
Etat : Bon état
Matière : Cuivre
Longueur : 9,6 cm
Largeur : 6,2 cm
Référence (ID) : 1805698
Disponibilité : En stock






























