Les quatre saisons, école française vers 1720
Les Quatre Saisons, école française vers 1720.
Huiles sur toile en très bon état, rentoilage pour les quatre et restaurations.
Présentées sans cadres.
Nous présentons à nouveau cette série de quatre toiles à la suite des précieuses informations que Monsieur François Marandet, spécialiste de la peinture de cette époque, a eu l’amabilité de nous communiquer. Son analyse et ses découvertes apportent un éclairage nouveau sur cet ensemble. Monsieur Marandet confirme en effet qu’il s’agit de peintures réalisées vers 1720, rajeunissant ainsi leur datation de près de quatre-vingts ans par rapport à ce que nous pensions jusqu’alors. Il en retrace également l’histoire et l'origine pour le moins curieuse.
Nous reproduisons ci-dessous in extenso son analyse:
"les quatre tableaux gardent la mémoire d’une série représentant Les Saisons de manière allégorique. Tout semble avoir commencé avec un tableau peint par Bon Boullogne (1649-1717) représentant L’Automne. Celui-ci est aujourd’hui perdu mais la date à laquelle il fut gravé par Nicolas Chasteau, en 1712 (fig. 7), suggère que la composition venait alors d’être peinte. Logiquement, le même artiste aurait dû compléter la série par lui-même, mais, curieusement, celle-ci fut poursuivie par Robert Levrac-Tournières (1668-1752), un élève de Bon Boullogne, lequel réalisa Le Printemps et L’Hiver. Là encore, les deux compositions furent gravées par Chasteau en 1712, (fig. 5 et fig. 8). Un troisième peintre, celui-ci néerlandais et totalement obscur, Pieter Van den Berge (1659-1737), réalisa L’Été (fig. 6). À l’instar du tableau de Bon Boullogne, cette composition ne nous est plus connue que par l’estampe portant là encore la date de 1712. À ce stade, on remarquera que Le Printemps, L’Été et L’Automne sont réunis par une forme de continuité. D’une composition à une autre, apparaît en effet une figure vêtue à l’antique au-delà d’une balustrade, avec le même jeu d’encadrement fourni par une sorte de treille. En revanche, dans L’Hiver, la personnification est vue cette fois dans un intérieur, et, contrairement aux autres Saisons du même ensemble, celle-ci porte des vêtements contemporains. Quelques années plus tard, Levrac-Tournières signa une nouvelle version du Printemps, comme en témoigne le tableau du Musée des Beaux-arts de Rouen (fig. 9). Étant donné la date inscrite (1717), il ne pouvait s’agir que d’une nouvelle version du tableau initialement gravé en 1712. Mais l’histoire de cette série prend une autre dimension lorsqu’on s’aperçoit que Levrac-Tournières recréa une allégorie de L’Automne presque entièrement fondée sur le modèle de son maître ; le tableau est là encore conservé au Musée des Beaux-arts de Rouen (fig. 10). La seule petite différence se limite au personnage dont le regard n’est plus dirigé vers le spectateur mais bien vers la grappe de raisin. L’étrange partage des Saisons, en 1712, suggère certaines rivalités que la nouvelle série par Levrac-Tournières vient confirmer. Que L’Automne soit daté de 1718 ne relève certainement pas d’une coïncidence. Bon Boullogne étant mort l’année précédente, il n’aurait pu contester la réappropriation de sa composition. On aimerait dorénavant découvrir ce à quoi ressemblait la nouvelle version de L’Hiver par Levrac-Tournières, L’Été, ayant sans doute été légèrement transformé".
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Longueur : 85
Largeur : 68
Référence (ID) : 1803822
Disponibilité : En stock






































