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Ernestine Serret Tableau portrait de jeune homme Dandy et son chien école romantique 1848
Portrait romantique d’un jeune dandy avec son chien, signé E. Cabart et daté 1848
Huile sur toile d’origine, signée et datée à droite : E. Cabart 1848.
Beau portrait romantique représentant un jeune homme élégant, assis en intérieur, accompagné de son chien. Le modèle est représenté de trois quarts, le regard porté hors du tableau, dans une attitude à la fois retenue, rêveuse et distinguée. La main droite repose avec naturel, tandis que la main gauche tient une cravache ou un stick, détail qui renvoie au monde du loisir aristocratique, de la promenade et de la chasse.
Le costume est particulièrement intéressant pour la date de 1848. Le jeune homme porte une veste noire, une chemise blanche à col ouvert et un large foulard rouge noué au cou. Ce foulard, très présent dans la composition, apporte une note vive dans la gamme sombre du tableau et inscrit pleinement le modèle dans l’élégance romantique de la monarchie de Juillet finissante et de la Seconde République naissante. La coiffure ondulée, la moustache fine, le visage allongé et les grands yeux donnent au modèle une allure de jeune dandy, sensible et littéraire.
Le chien occupe une place importante dans la composition. Placé au premier plan, tourné vers son maître, la tête levée, il crée un dialogue très touchant avec le modèle. Sa robe blanche, brune et noire, ses oreilles tombantes, son museau allongé et son collier évoquent un chien de chasse de type épagneul ou chien d’arrêt / chien courant de compagnie. Sa présence n’est pas seulement décorative : elle souligne la fidélité, le statut social, le goût de la chasse et l’intimité du portrait.
La composition repose sur une belle diagonale : le visage du jeune homme, le foulard rouge, la main tenant le stick, puis la tête du chien. Cette construction donne du mouvement à un portrait très sobre. Le fond sombre, vert-noir, met en valeur la carnation du visage, la main claire, le col blanc et le rouge du foulard. L’ensemble appartient pleinement au courant du portrait romantique français des années 1830-1850, dans le sillage des portraits de la monarchie de Juillet, attentifs à la psychologie du modèle, à l’élégance du costume et à la mise en scène intime.
Le tableau est signé E. Cabart et daté 1848. Cette signature permet de rattacher l’œuvre à Marie-Ernestine Cabart, née Serret, artiste peintre française du XIXe siècle. Élève d’Hortense Haudebourt-Lescot, elle expose au Salon de Paris entre 1834 et 1849, d’abord sous le nom Serret puis sous le nom Cabart après son mariage. Elle est connue pour ses portraits, ses sujets religieux, ses études de figures et ses œuvres de facture sensible. La date de 1848 correspond à sa pleine période d’activité.
Marie-Ernestine Cabart appartient à cette génération de femmes peintres formées dans des ateliers privés et actives au Salon sous la monarchie de Juillet. Son rattachement à Hortense Haudebourt-Lescot, elle-même inscrite dans la tradition de la peinture de portrait héritée de la fin du XVIIIe siècle, donne à son œuvre une place intéressante dans l’histoire des femmes artistes françaises du XIXe siècle. Ce portrait témoigne d’un art attentif à la ressemblance, à la distinction sociale, à la finesse du visage et à la présence psychologique du modèle. Marchand de couleurs J . Berville
La maison Berville est un marchand de couleurs parisien actif au XIXe siècle, dont la marque est surtout connue au verso de dessins de l’École française. Un exemple attesté figure sur un dessin de Richard Parkes Bonington daté de 1825, aujourd’hui conservé à l’Amsterdam Museum. Comme ce dessin appartenait à une collection achetée lors d’une vente en 1856, on sait que ce cachet était déjà en usage avant cette date. Il est souvent accompagné d’un numéro manuscrit à la plume, ce qui laisse penser à une pratique commerciale ou d’inventaire. Ces cachets et étiquettes mentionnent différentes adresses de la rue de la Chaussée-d’Antin à Paris, notamment les numéros 25 et 29. Ils renvoient à plusieurs membres de la famille, en particulier Jules Berville puis Léon Berville, né en 1837, qui reprend l’entreprise familiale.
Technique : huile sur toile d’origine.
Signature : signée et datée à droite E. Cabart 1848.
Dimensions totale 140 cmx 100 cm Encadrement : cadre doré ancien à décor mouluré et frise de palmettes. Le tableau est légèrement plus grand que le cadre, ce qui est à signaler. Le cadre présente des usures, petits accidents et manques visibles.
État : toile d’origine. Tableau ancien présentant un réseau de craquelures, des usures de surface, un vernis ancien assombri et une restauration visible. Anciennes interventions au revers. Quelques frottements et traces d’usage. Le tableau reste très décoratif et conserve une belle lisibilité. Une restauration et un nettoyage professionnel permettraient de redonner de la profondeur au fond sombre et de raviver les carnations, le foulard rouge et les détails du chien.
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