Gian Domenico Valentino (actif vers 1661 - 1681) Nature morte aux ustensiles de cuisine (32X43)
Nature morte aux cuivres, céramiques et verrerie
Huile sur toile marouflée sur panneau
32 × 42,7 cm
Présentée dans son cadre d’époque Louis XIV en bois sculpté et doré vendu à part 1000 €
Au revers du panneau figure une ancienne inscription manuscrite : « Téniers – Vente Woeburg – Lyon 1874 », témoignage particulièrement intéressant de l’histoire de l’œuvre. Cette ancienne attribution à David Teniers est révélatrice de la qualité de la composition et de son évidente parenté avec les intérieurs flamands du XVIIᵉ siècle.
Cette nature morte s’inscrit parfaitement dans le corpus de Giovanni (ou Gian Domenico) Valentino, peintre romain actif entre Rome, Imola et Ravenne, dont les œuvres témoignent d’une remarquable synthèse entre la tradition italienne et les modèles flamands alors très recherchés par les collectionneurs romains. Spécialiste des intérieurs de cuisines, d’officines d’apothicaires et des assemblages d’ustensiles domestiques, Valentino développe un langage pictural immédiatement reconnaissable où les objets deviennent les véritables protagonistes de la scène.
La composition présente un élégant rassemblement d’objets usuels : un grand vase vernissé, un bassin de cuivre renversé, une aiguière, une bouteille de verre soufflé, un chaudron de cuivre et, au centre, un remarquable vase en faïence bleue posé sur un drapé clair. L’artiste organise ces éléments selon une construction très étudiée où les volumes se répondent avec une grande harmonie, tandis que la lumière vient révéler successivement les reflets métalliques du cuivre, les transparences du verre et les surfaces satinées des céramiques.
La sobriété de la palette participe pleinement à l’atmosphère de l’œuvre. Les bruns profonds, les noirs veloutés et les ocres chauds sont soudain animés par l’éclat du vase bleu, véritable point focal de la composition. Ce contraste chromatique est caractéristique de Valentino, qui affectionne ces accents lumineux destinés à rythmer ses intérieurs silencieux.
L’influence de la peinture flamande apparaît clairement dans le goût du peintre pour les objets du quotidien représentés avec une précision presque tactile. Toutefois, loin d’une simple accumulation décorative, chaque élément est soigneusement disposé afin de créer une architecture de formes et de lumières qui confère à l’ensemble une remarquable noblesse.
Le Cabinet Turquin a confirmé l’attribution à Giovanni Domenico Valentino, dont cette œuvre constitue un exemple particulièrement séduisant. Par son format intime, son excellent équilibre décoratif et son état de conservation, elle illustre parfaitement la production la plus recherchée du maître.
L’œuvre est en outre enrichie par son cadre en bois sculpté d’époque Louis XIV, d’une belle qualité d’exécution, dont le décor de feuillages et de fleurettes s’accorde parfaitement avec l’élégance discrète de la composition. Ce cadre ancien, conservé avec le tableau depuis de nombreuses générations, renforce encore son intérêt historique et décoratif.
A noter que nous retrouvons les mêmes ustensiles dans le tableau exposé au musée de Grenoble (cf Photo)
État : bon état de la couche picturale, deux légers soulèvements entre la toile et le panneau (env. 2cm chacun)
- Ancienne collection française.
- Inscription ancienne au revers : « Téniers – Vente Woeburg – Lyon 1874 ».
- Attribution confirmée par le Cabinet Turquin.
Peintre italien du Baroque tardif, Giovanni Domenico Valentino, également connu sous le nom de Gian Domenico Valentino ou par son monogramme G.D.V., est probablement né à Rome avant de poursuivre l’essentiel de sa carrière en Émilie-Romagne, notamment à Imola, où il est documenté entre 1661 et 1681. Il meurt vraisemblablement vers 1708.
Spécialiste des natures mortes d’intérieur, il développe un univers très personnel consacré aux cuisines, offices, apothicaireries et laboratoires d’alchimistes. Contrairement aux grands maîtres flamands qui privilégient souvent les fruits, le gibier ou les compositions fastueuses, Valentino s’attache avant tout aux ustensiles domestiques : chaudrons de cuivre, bassins, marmites, faïences, bouteilles de verre soufflé, amphores, mortiers ou vases vernissés.
Sa peinture se distingue par une palette volontairement sobre, dominée par les bruns, les ocres et les noirs profonds, dont émergent quelques accents lumineux – une faïence bleue, un reflet métallique ou une verrerie – qui structurent la composition. Cette esthétique silencieuse et intimiste lui vaut aujourd’hui une place singulière parmi les meilleurs peintres italiens de natures mortes de la seconde moitié du XVIIᵉ siècle.
Bien que longtemps resté relativement confidentiel, Valentino fait désormais l’objet d’une réévaluation par les historiens de l’art, plusieurs tableaux anciennement donnés à des peintres lombards ou flamands lui ayant été réattribués au cours des dernières décennies.
Musées et collections publiquesLes œuvres de Giovanni Domenico Valentino sont aujourd’hui conservées dans plusieurs institutions importantes :
- Musée Fesch – L’Alchimiste dans son laboratoire (également appelé La Botica), signé G.D.V.
- Musée des Beaux-Arts de Grenoble – Intérieur de cuisine, signé G.D.V.
- Musée des Beaux-Arts de Nancy – Intérieur de cuisine avec figure féminine.
- Musei Civici di Lecco – plusieurs Intérieurs de cuisine, dont une paire récemment réattribuée à Valentino.
- Museo Nazionale di Palazzo Reale – Utensili di cucina (Collection Ceci).
- CREDEM Collection – importante collection italienne possédant plusieurs œuvres de l’artiste.
Epoque : 17ème siècle
Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII
Etat : Bon état
Matière : Huile sur toile
Référence (ID) : 1799688
Disponibilité : En stock
































