XIXe siècle, Vénus de Milo
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XIXe siècle, Vénus de Milo

XIXe siècle

Vénus de Milo

Marbre, cm alt. 98

La sculpture en question constitue une subtile reprise en marbre blanc du XIXe siècle de la célèbre Vénus de Milo, l’un des chefs-d’œuvre les plus emblématiques de la statuaire grecque, aujourd’hui conservé au musée du Louvre à Paris. L’original, daté vers 130 av. J.-C. et retrouvé en 1820 sur l’île de Milo par un paysan et des officiers français, est conventionnellement attribué au sculpteur Alexandre d’Antioche. L’œuvre se situe dans la période hellénistique, tout en fusionnant habilement des éléments de la tradition classique des Ve et IVe siècles av. J.-C., comme la compote expressive du visage prassitelique et la posture sinueuse à chiasme de dérivation lysippéenne. La déesse, à l’origine identifiée comme Aphrodite ou peut-être comme Amphitrite, est représentée debout avec son torse nu et un riche panneggio qui enroule ses hanches, glissant vers le bas en plis profonds qui soulignent le dynamisme rotatoire du corps. Le manque de bras, déjà perdus au moment de la découverte ou pendant les phases agitées de son transport vers la France, est paradoxalement devenu le trait distinctif de l’œuvre, en la transformant en un symbole absolu de beauté idéale et de fragmentation classique suggestive. Au cours du XIXe siècle, l’acquisition de Vénus par la couronne française a déclenché une véritable opération de propagande culturelle dirigée par le directeur du Louvre, qui visait à glorifier l’œuvre pour occulter la perte des sculptures du Parthénon rendues à l’Angleterre et les chefs-d’œuvre volés par Napoléon et rendus à l’Italie. Cette ferveur institutionnelle s’est rapidement traduite par une extraordinaire diffusion de l’iconographie au niveau mondial. La Vénus de Milo est devenue le modèle pédagogique et académique par excellence, reproduit sans cesse pour les académies d’art, les musées et les collections privées de toute l’Europe. Si les ateliers de formage du Louvre produisaient des calques officiels en plâtre, les ateliers artistiques spécialisés répondaient à la demande massive de la haute bourgeoisie en réalisant des traductions en marbre de différentes tailles, souvent destinées à enrichir les salons d’honneur et les jardins d’hiver des demeures privées. La version en objet, avec ses 98 centimètres de hauteur, s’inscrit parfaitement dans ce phénomène collectionneur du Grand Tour et du revival néoclassique du XIXe siècle, se configurant comme une réduction à l’échelle d’une exceptionnelle expertise technique. Le sculpteur du XIXe siècle a reproduit avec une fidélité philologique non seulement la caractéristique de mutilation des bras, désormais partie intégrante du mythe visuel de la déesse, mais il a su restituer la douceur de l’épiderme marbré en contraste avec le clair-obscur du pannégion, témoignant comment le culte de l’antique continuait à façonner le goût esthétique et la décoration intérieure de l’époque.
9 000 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Autre style

Etat : Bon état

Matière : Marbre

Hauteur : 98

Référence (ID) : 1799574

Disponibilité : En stock

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