Pichet de communauté religieuse chevrette jésuite IHS faïence Italie 17e Pharmacie Vénus
Pichet verseur de communauté jésuite ou chevrette d’apothicairerie – Majolique à décor IHS – Italie ou Languedoc – XVIIe-XVIIIe siècle
Rare pichet verseur ou récipient de pharmacie en faïence stannifère, à décor peint en camaïeu bleu sur fond blanc. La pièce présente une panse ovoïde montée sur un piédouche, une anse latérale, un bec verseur tubulaire et une ouverture supérieure La face principale porte l’inscription pharmaceutique :
« S. CAPILL. V. »
Cette formule latine abrégée peut être développée en « Syrupus Capillorum Veneris », c’est-à-dire sirop de capillaire de Vénus. Cette préparation médicinale, réalisée à partir de la fougère Adiantum capillus-veneris, était employée dans les anciennes pharmacopées comme remède adoucissant et pectoral, notamment pour les affections de la gorge et des voies respiratoires.
Au-dessus de l’inscription, un enfant modelé en relief présente un écu portant le monogramme IHS, accompagné d’une croix et de trois clous. Cet emblème christique, étroitement associé à la Compagnie de Jésus, permet d’envisager une commande destinée à une communauté jésuite, à une pharmacie de collège religieux ou à une importante apothicairerie conventuelle.
Le décor, particulièrement développé, associe figures féminines ou génies ailés, rinceaux feuillagés, mascarons, grotesques et motifs inspirés du répertoire maniériste. Deux figures couchées encadrent le cartouche central. Un mascaron barbu apparaît sous l’inscription, complété sur les côtés par des visages fantastiques intégrés aux ornements.
La présence conjointe d’une inscription pharmaceutique précise, d’un emblème religieux, d’une figure modelée en ronde-bosse et d’un décor figuré aussi abondant distingue cette pièce des récipients d’apothicairerie courants à simple décor floral.
Deux hypothèses d’origine peuvent être retenues.
La première conduit vers une production italienne réalisée pour une communauté jésuite. Les grandes maisons de la Compagnie de Jésus possédaient leurs propres « spezierie », notamment dans les collèges et noviciats. La pharmacie jésuite de Novellara, en Émilie-Romagne, ainsi que celle du Collegio Romano à Rome, conservaient d’importantes séries de vases en majolique destinés à la préparation et à la conservation des remèdes. Le vocabulaire de grotesques, les figures couchées, le camaïeu bleu et le monogramme IHS sont compatibles avec une commande italienne de caractère institutionnel.
La seconde hypothèse conduit vers une apothicairerie du Languedoc, dans l’aire de Montpellier , Toulouse ou Nîmes. Les ateliers méridionaux ont produit, à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, des chevrettes et pichets pharmaceutiques fortement marqués par l’influence de la majolique italienne. Montpellier constituait alors un centre médical et pharmaceutique majeur, entouré de communautés religieuses, d’hôpitaux et d’apothicaireries importantes.
Époque : fin du XVIIe ou début du XVIIIe siècle.
Dimensions : hauteur 27,5 cm ; largeur 20 cm ; profondeur 15 cm.
Conditions: le pied a été cassé en plusieurs fragments puis anciennement recollé. Présence de manques au pourtour du piédouche, de fêles partant du pied et remontant vers la panse, ainsi que d’égrenures, éclats et usures d’émail. Accidents visibles sur certaines parties saillantes et sur les bordures. L’ensemble demeure lisible et conserve son décor principal, son inscription pharmaceutique, son bec verseur, son anse et sa figure au monogramme IHS. Les photographies font partie intégrante de la description de l’état.
Epoque : 17ème siècle
Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII
Etat : En l'etat
Matière : Faïence
Hauteur : 27,5
Référence (ID) : 1797110
Disponibilité : En stock






































