École Coloniale (XIX) - La Mort du Pécheur
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École Coloniale (XIX) - La Mort du Pécheur

- Huile sur toile. Toile d'origine. 

-Cette œuvre magistrale, s'inscrivant dans la tradition iconographique coloniale de « La Mort du Pécheur » (La Muerte del Pecador), déploie une mise en scène d'une violence dramatique saisissante, conçue pour frapper l'imagination et instruire le fidèle sur les fins dernières de l'âme. Au centre de cette composition nocturne et étouffante, le moribond est représenté sur son lit d'agonie, le corps tordu par une terreur indicible. Ses yeux révulsés et sa bouche béante traduisent l'effroi de l'âme face au passage imminent. Un ecclésiastique tente désespérément de lui présenter un crucifix, mais le regard du pécheur est irrémédiablement détourné, incapable de trouver la paix ou la rédemption dans ses derniers instants terrestres.

Le chaos théologique s'organise autour du lit sous la forme d'un cortège démoniaque d'une noirceur absolue. À la tête du lit, des démons ricanants s'emparent de l'esprit du mourant ; l'un d'eux lui tend un miroir de courtoisie révélant le portrait d'une femme, ultime et dérisoire tentation de la Chair (Luxuria), tandis qu'au pied du lit, une bête monstrueuse aux ailes sombres — incarnation des gueules de l'Enfer — dévore voracement les linceuls blancs, scellant physiquement sa damnation. Au sol, les attributs de la vanité terrestre, tels que des bourses de pièces d'or (Avaritia) et une épée abandonnée, témoignent des péchés capitaux qui ont jalonné sa vie. Près du chevet, l'ange gardien assiste à la scène, impuissant et accablé de douleur, les mains jointes face au triomphe du mal.

En rupture totale avec cette obscurité terrestre et infernale, le registre supérieur gauche s'ouvre sur une trouée céleste baignée d'une lumière divine et dorée. Le Christ triomphant, drapé d'un manteau de pourpre et entouré d'anges portant la croix de la Passion, trône en juge suprême aux côtés de la Vierge Marie intercéderesse. Cependant, cette vision de salut reste inaccessible au pécheur, séparée de son lit de souffrance par d'épais nuages de soufre et de fumée noire. Par ce jeu de contrastes saisissants entre la lumière salvatrice et les ténèbres de l'abîme, l'œuvre capture avec une force plastique exceptionnelle l'essence didactique et moralisatrice de la peinture baroque hispano-américaine.

- 110 x 144 cm 
2 200 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Autre style

Etat : Très bon état

Matière : Huile sur toile

Référence (ID) : 1794266

Disponibilité : En stock

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