Paul Duchein  Tableau vitrine objet art populaire brut singulier st. Cornell XX Oedipe
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Paul Duchein Tableau vitrine objet art populaire brut singulier st. Cornell XX Oedipe

Artiste : Paul Duchein

Paul Duchein, Le Jardin d’Eden ou Œdipe / La route de Thèbes, boîte-sculpture, avril 2005

Rare boîte-sculpture / diorama de Paul Duchein, signée au dos, titrée Le Jardin d’Eden ou Œdipe, avec mention manuscrite La route de Thèbes, datée avril 2005.

Technique mixte et assemblage d’objets divers sous boîte vitrée, réalisée comme un petit théâtre intérieur, à la frontière du surréalisme, de l’art brut, de l’art singulier, du cabinet de curiosités et du reliquaire profane.


L’œuvre appartient à la série Le Jardin d’Eden, mais Duchein y introduit ici un sujet mythologique très fort : Œdipe et la route de Thèbes. Le titre est essentiel, car il donne à cette boîte une lecture plus dramatique que décorative. Nous ne sommes pas seulement devant un assemblage d’objets : la scène devient une énigme visuelle, un théâtre du destin, du passage et de la connaissance.

La composition est construite sur un fond rouge incandescent, traversé de grandes éclaboussures noires, comme un ciel d’orage, de feu ou de catastrophe. Cette couleur rouge, très présente, donne immédiatement à la boîte une intensité rare dans les œuvres de Duchein. Le décor évoque moins un jardin paisible qu’un Eden bouleversé, traversé par la faute, l’épreuve et la révélation.

À gauche, une figure humaine se tient debout sur un socle. Son visage fixe, son vêtement de tissu bleu-gris, son aspect de poupée archaïque et fragile lui donnent une présence très singulière. Elle peut se lire comme Œdipe lui-même, figure du voyageur, de l’interrogation et du destin. Le petit “XI” visible sur le bas du vêtement ajoute une dimension cryptée, presque divinatoire, comme une carte, un numéro de scène ou un signe de tarot.

Au centre, un élément métallique en spirale, monté sur une base en laiton, agit comme un signe majeur. Il évoque à la fois une crosse, un crochet, un point d’interrogation, un bâton de route ou un symbole d’énigme. Dans le contexte d’Œdipe, cet objet prend une force particulière : il devient l’image même de la question posée, du détour, du chemin qui se referme sur lui-même. C’est l’objet du seuil, celui qui sépare l’homme du savoir.

À droite, le sphinx ailé domine la scène. C’est l’élément iconographique le plus lisible et le plus important. Dans le mythe, le sphinx garde l’entrée de Thèbes et soumet les voyageurs à son énigme. Duchein le place ici comme une créature hybride, dorée, blanche et bleutée, à la fois décorative, héraldique et menaçante. Son aspect d’objet récupéré, presque baroque, renforce le caractère de cabinet de curiosités. Il ne s’agit pas d’une illustration classique du mythe, mais d’une transposition en art singulier : le sphinx devient un objet-totem.

Le crâne d’oiseau posé au sol introduit une note de vanité. Il rappelle la mort, le présage, le sacrifice et la fragilité de toute connaissance. Dans cette scène d’Œdipe, il peut être lu comme le signe du destin déjà accompli. Il donne à l’œuvre une dimension plus grave, presque rituelle.

La boule facettée suspendue au centre joue un rôle très subtil. Elle peut être comprise comme un astre, une boule de cristal, un œil ou un oracle. Placée entre la figure humaine et le sphinx, elle suspend la scène dans un temps d’attente : l’instant de l’énigme, le moment où la lumière se fragmente avant la révélation.

Les petites roses roses, posées au premier plan, apportent une contradiction volontaire. Elles adoucissent la scène, mais elles la rendent aussi plus étrange. Dans un décor d’épreuve et de fatalité, elles apparaissent comme des offrandes minuscules, des signes d’innocence ou des restes d’un Eden perdu.

La boîte fonctionne donc comme une hagiographie mythologique et profane. Duchein prend le récit d’Œdipe, non pour l’illustrer, mais pour en extraire les signes : le voyageur, le sphinx, l’énigme, la route, le crâne, l’astre, le seuil. Chaque élément conserve son autonomie d’objet trouvé, mais l’ensemble compose une scène mentale très cohérente.

Ce qui rend cette œuvre intéressante dans le corpus de Paul Duchein, c’est l’association entre le titre biblique Le Jardin d’Eden et le mythe grec d’Œdipe. Eden renvoie à l’origine, à la faute, au savoir interdit ; Œdipe renvoie à l’énigme, à la connaissance de soi, à la route fatale vers Thèbes. Duchein croise ainsi deux récits fondateurs : celui de l’innocence perdue et celui de la vérité dangereuse. La boîte devient un petit théâtre du savoir, du regard et de la chute.

Cette œuvre s’inscrit pleinement dans l’art singulier français. Duchein ne recherche pas la finition académique : il préfère la force des fragments, les objets modestes, les matériaux récupérés, les associations inattendues. Dans cet esprit, son travail peut être rapproché de l’art brut tel que l’a défendu Jean Dubuffet : liberté d’invention, refus des hiérarchies artistiques, goût des formes marginales, des matériaux pauvres et des mythologies personnelles. Chez Duchein, l’objet trouvé n’est jamais anecdotique ; il devient signe, relique, personnage ou instrument de fiction.

Paul Duchein, né en 1930 à Rabastens, vécut et travailla à Montauban. Pharmacien de formation, collectionneur, critique, animateur culturel et artiste, il occupa une place singulière dans la vie artistique du Sud-Ouest. Très tôt, il s’intéresse aux images, aux objets, aux curiosités, aux créations marginales et aux univers non académiques. Il découvre le surréalisme durant ses études à Toulouse et développe peu à peu un langage personnel fait de boîtes, de collages, d’assemblages et de scènes miniatures.

À Montauban, Paul Duchein fut une figure importante du monde de l’art. Il anima les Rencontres d’art du musée Ingres à partir des années 1970, écrivit sur l’art contemporain et constitua avec son épouse Jacqueline une collection majeure mêlant surréalisme, art brut, art populaire, arts premiers, objets de curiosité et grandes signatures modernes. La dispersion de la collection Paul et Jacqueline Duchein chez Christie’s a confirmé l’importance de cet univers, où dialoguaient notamment Toyen, Max Ernst, Yves Tanguy, Wolfgang Paalen, André Breton, Salvador Dalí, Victor Brauner, Man Ray, Jean Dubuffet, Jean Fautrier, Henri Michaux, Serge Poliakoff, Maria Helena Vieira da Silva, Josef Šíma, Sam Francis et Wifredo Lam.

Son travail personnel, souvent désigné sous l’expression de Théâtre de l’imaginaire, rapproche la boîte d’artiste, le reliquaire laïque, la scène onirique, le cabinet de curiosités et le théâtre miniature. Ses assemblages dialoguent avec le surréalisme, mais aussi avec l’art brut et l’art singulier, par leur goût des objets déclassés, des matériaux ordinaires, des signes populaires, des mythologies privées et des mondes secrets.

Dimensions : hauteur 41,5 cm, largeur 49 cm, profondeur 11,5 cm.

État : bon état général d’usage. Petites traces, frottements, poussières et usures naturelles liées à la technique d’assemblage et aux matériaux employés. Les patines, usures, reprises de couleur et irrégularités participent de l’esthétique de l’œuvre. À nettoyer uniquement en surface extérieure avec précaution, sans intervention sur les éléments internes.

1 400 €
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Epoque : 20ème siècle

Style : Design Années 50-60

Etat : Bon état

Matière : Bois peint

Largeur : 49

Hauteur : 41

Profondeur : 11

Référence (ID) : 1789445

Disponibilité : En stock

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Toulouse
Toulouse 31500, France

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